Publié dans Lecture

Le Gardien de la Source, Vanessa Terral

gardien-source-terralQuatrième de couverture

En cet été 1814, Marie-Constance de Varages, marquise du bourg d’Allemagne, et son héritière, Anne-Hélène, sont conviées au bal du comte de Forcalquier. Si une telle invitation ne se refuse pas, la marquise est inquiète. Quelques mois auparavant, sa fille a souffert d’un mal funeste et été sauvée in extremis. Depuis, elle n’est plus tout à fait la même…
Quelle est donc cette ombre qui plane sur Anne-Hélène ? Et pourquoi le mystérieux Lazare, baron d’Oppedette, semble-t-il soudain subjugué par la jeune débutante ?

Mon avis

Lorsque j’ai commencé ma lecture de ce livre, je n’avais qu’une vague idée de l’histoire qu’il contiendrait. La quatrième de couverture se montrait bien mystérieuse et ce qui m’a poussée à me lancer dans la lecture fut à la fois ma connaissance de la plume de l’auteur – que j’apprécie – et cette mention discrète qui indiquait que l’ouvrage revisitait le mythe d’Hadès et de Perséphone. Mais si, au final, le mythe en question n’apparaît réellement qu’au deux tiers du livre, je ne m’en plaindrai pas puisque c’est grâce à cette mention que je me suis laissée tenter et que je me suis laissée emporter par l’histoire 🙂

Le Gardien de la Source est un roman qui se situe à la croisée de trois genres : le fantastique, le roman historique et la romance. C’est ce dernier qui prédomine : malgré une entrée en matière sous le signe du fantastique, le corps du récit suit Anne-Hélène et Lazare dans leurs évolutions respectives comme dans la naissance puis le développement de leurs sentiments. Comme dans toute bonne romance qui se respecte, les deux tourtereaux ne connaîtront pas de répit avant la fin et ne s’aimeront pas forcément au premier regard ! ^^ Mais leur psychologie est très travaillée, l’un comme l’autre ne sont pas des personnages creux, sans âme. Par ailleurs, ils possèdent fougue et sombres secrets, tumultes de l’âme et caractère bien trempé, autant dire qu’avec eux, on ne se situe pas dans une romance plan-plan ! ^^ »

Le fait que le roman se déroule dans le milieu de la noblesse d’après la Révolution (plus exactement durant les Cents-Jours) offre d’ailleurs un singulier contraste avec les tourments intérieurs qui agitent les deux personnages principaux : étiquette dans les attitudes lors des parutions en société, dialogues empruntés comme le voulait l’usage, tout cela donne un côté précieux à l’histoire – pour ma part, cela m’a rappelé les contes fantastiques de Maupassant et Théophile Gautier.

Le fantastique, puisqu’on en parle, est donc présent par petites touches. Il devient un peu plus prégnant vers la fin mais cette touche discrète comme l’exploration des sombres replis de l’âme de nos deux héros vont de pair. Qu’il soit si discret ne m’a pas gênée, comme je le disais plus haut, à mes yeux, cela restait dans les traces des auteurs fantastiques du XIXe siècle.

C’est là que j’en profite pour évoquer le côté historique. Si vous ne connaissez pas la période des Cents-Jours (c’était mon cas), pas d’inquiétude, Vanessa Terral nous plonge facilement dans cette époque via les détails du quotidien et des rappels de la situation politique. Par ailleurs, elle nous promène dans la région de très belle manière (ça donne envie d’aller se balader dans le coin ! ^^).

En bref, si vous cherchez un roman fantastique plein d’action, passez votre chemin. Dans Le Gardien de la Source, le fantastique avance à pas feutrés, les personnages valsent lentement avec leurs tourments puis entre eux avant que l’histoire ne s’accélère et ne connaisse plusieurs basculements. Le tout servi par une plume très travaillée, au style volontiers désuet mais qui n’apporte que davantage de dimension à cette romance tant historique que gothique, et concernant ce dernier point, dans la plus pure tradition du genre.

Éditions Pygmalion, 394 pages, 2016

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Je suis éclectique du forum Mort-Sûre (catégorie Romance).

challenge_jesuiseclectique2016

Publicités
Publié dans Lecture

Par ton regard, Vanessa Terral

par_ton_regard_terralQuatrième de couverture

Sandra est reporter free-lance. Son sujet actuel la conduit à voyager à la frontière de l’Inde et de la Birmanie, en compagnie de quelques écologistes. Cependant, l’un d’entre eux fait tache, autant par son physique — du genre à ne pas s’y frotter — que par sa vigilance : Joachim. Sandra le soupçonne d’être un agent secret. Lorsqu’une fusillade éclate, elle n’a plus de doute. Et, désormais, elle lui doit la vie…
Mortellement blessé, Joachim ne peut plus dissimuler la vérité à Sandra. Elle seule est en mesure de le sauver, à une condition : qu’elle unisse son existence à la sienne.

Mon avis

Tout d’abord, je remercie Vanessa Terral pour m’avoir proposé gracieusement cette nouvelle. Vanessa, si tu me lis, merci beaucoup ! ❤ Car ce fut une lecture des plus agréables, une lecture qui m’a fait du bien à un moment où, je l’avoue, j’avais le moral dans les chaussettes.

Par ton regard est une nouvelle appartenant au genre de la romance. C’est donc sans surprise que l’on verra se nouer une idylle entre les deux personnages principaux… mais celle-ci ne se nouera pas forcément comme on pourrait le croire ! Déjà, l’auteur a soigné ses personnages. Sandra et Joachim ne sont pas des clichés sur pattes, ils sont crédibles, ont chacun leur personnalité, leurs passions, et même leurs failles. C’est ce qui a fait que je me suis immédiatement prise de sympathie pour eux et que mon petit coeur a littéralement fondu quand les sentiments sont venus se mêler de l’intrigue.

L’autre chose qui m’a plu c’est que, comme toujours avec la plume de Vanessa Terral, le folklore et la mythologie ne sont jamais bien loin. Je ne dévoilerai pas quelles créatures sont évoquées – il faut vous garder un peu de surprise, quand même ! – mais je ne spoilerai personne en annonçant que des métamorphes sont de la partie (l’éditeur l’a glissé comme mot-clé. Il sait qu’il y a des amateurs et, d’ailleurs, le procédé fonctionne car j’ai d’ores et déjà noté d’autres oeuvres à acquérir dans le futur chez ce même éditeur, où métamorphes ou loups-garous ont la part belle ! ;)). Revenons-en à Par ton regard. On pourrait penser que j’étais conquise d’office par la présence de métamorphes et par le fait que j’apprécie beaucoup la plume de l’auteur. Eh bien, certes, c’est vrai, mais d’autres éléments sont venus s’ajouter pour faire peser la balance vers le coup de coeur : le traitement de l’histoire d’amour, qui sort un peu des sentiers battus tout en restant dans les codes du genre et une réflexion de fond.

En effet, romance ne signifie pas nécessairement niaiserie ! Par ton regard le prouve puisque l’action nous emmène entre l’Inde et la Birmanie, que les personnages ont des motivations écologistes (et vu la déforestation et autres trafics de peaux de bêtes qui règnent là-bas, on comprends la raison de leur présence). Ce souci de l’environnement demeurera d’ailleurs tout au long de l’histoire, en toile de fond, juste assez en retrait pour ne pas devenir un récit moralisateur – et là je salue le talent d’équilibriste de l’auteur ! On peut même, dans un certain passage, flairer un plaidoyer pour l’anti-spécisme mais j’extrapole peut-être. En tout cas, je l’ai ressenti comme tel et ma sensibilité écologique en a été ravie 🙂 Mais rassurez-vous, comme je le disais, ce sujet ne vient pas piétiner tout le charme de la romance, au contraire, il l’enrichit.

En résumé, j’ai dévoré cette nouvelle avec un plaisir évident, d’autant plus que, malgré le sujet de fond plutôt sérieux, nos deux tourtereaux sont des plus croquignolets (pour ne pas dire séduisant, concernant un certain Joachim… ;)), surtout quand on voit leur idylle se construire. Une romance qui réchauffe le coeur, qui se dévore hélas trop vite (je crois que si je devais trouver un reproche, ce serait celui-là ^^).

Coup de coeur sans équivoque, donc, pour cette jolie histoire de coeur avec métamorphe et écologie au menu ! 🙂

À noter que la nouvelle n’est pour l’instant disponible que pour les abonnés aux éditions Láska, elle sera mise en vente pour tous le 1er décembre. Vous pouvez cependant, si vous n’êtes pas abonnés, avoir un avant-goût de Par ton regard en en découvrant les premières pages.

Éditions Láska, 41 pages, 2014

challenge_SFFF_au_feminin

Publié dans Lecture

Ainsi commence la nuit, Vanessa Terral

ainsi_commence_la_nuit_terralQuatrième de couverture

On les appelle parfois les « habitants de la Nuit ». Ils errent dans ces heures incertaines où l’humain n’est plus très sûr de ce qu’il voit. À la lisière de notre monde et de nos perceptions, leurs pas claquent sur le bitume en écho aux légendes urbaines et aux puissances oubliées.

Mon avis

Ce recueil de Vanessa Terral regroupe des nouvelles parues en fanzines dont les numéros sont épuisés, ainsi qu’un texte et un poème inédits. L’occasion, donc, pour les amateurs de la prose de l’auteur de découvrir ses oeuvres de jeunesse ! 🙂 Ainsi commence la nuit a pour fil rouge la thématique du vampire – même si d’autres créatures nocturnes se sont glissés entre les pages 😉 Et, s’il s’agit effectivement « d’oeuvres de jeunesse », avec quelques tournures maladroites ici et là, la plume talentueuse de Vanessa Terral est déjà là, bien visible, avec son univers bien à elle et ses histoires prenantes, qui mêlent cadre moderne et fantastique puisant aux racines du folklore. Le recueil se lit donc avec grand plaisir. Mais penchons-nous dessus d’un peu plus près…

Mystères :une première nouvelle qui nous emmène au sein d’un asile, où est retenue une étrange malade… première incursion dans le monde de la nuit, une bonne mise en bouche qui s’amuse à brouiller nos repères.

Cet homme dans l’ombre du cyprès… : Mélissa passe des vacances en Grèce avec des amis. Lorsque soudain, dans l’ombre du cyprès, alors que le soleil vient de se coucher, elle aperçoit un homme mystérieux…En lisant ce texte, j’avais au départ une impression de déjà-vu, avec en tête le souvenir d’un texte plus ancien, d’un autre auteur, dont les éléments étaient les mêmes. Mais à mesure que j’ai avancé, j’ai petit à petit oublié cet autre texte qui lui ressemble, car le dénouement de l’histoire n’a clairement rien à voir à ce à quoi je m’attendais ! Une bonne surprise 🙂

La Fontaine des Innocents : une jeune femme aime à lire la nuit, près de la Fontaines des Innocents… un texte frais, pétri de magie urbaine, une pépite de lumière obscure au milieu des ténèbres. À savourer ! L’action a pour cadre un lieu réel, je pense qu’une lecture du texte dans le lieu dit apportera un cachet indéniable à la nouvelle, mais même sans cela, la lecture reste une belle expérience 🙂

Red Cloud : un homme entre dans un bar avec une mission : celle de tuer. Une histoire de tueur à gages. Un tueur un peu spécial, engagé par quelqu’un d’aussi spécial, mais même comme ça, je pensais au début de la nouvelle avoir à faire ce genre d’histoires que l’on voit au cinéma d’action. Comme d’habitude, Vanessa Terral en profite pour mieux nous tromper par la suite ! Red Cloud, c’est plus qu’une banale histoire de tueur à gages en mission, c’est un aperçu de l’univers vampirique de l’auteur, des personnages plus profonds qu’il n’y paraît au premier abord, et, au final, une histoire qui nous emmène complètement ailleurs, éberlués de voir nos préjugés s’envoler en fumée.

Et si un chat… : une chasse étrange qui mêle des créatures de la nuit. Je n’en dis pas plus, si ce n’est pour dire que cette traque, cette chasse tient en haleine et laisse de délicieux frissons. Les amoureux des chats regarderont les matous aux balades nocturnes d’un autre oeil…

Manu Sarmans, chroniques vampiriques est en fait le titre d’un ensemble de cinq nouvelles mettant en scène une même héroïne, Manu Sarmans. Je préfère ne pas évoquer ces différents textes un à un car chacun apporte sa pierre à l’édifice constitué par Manu, montre son évolution. Cette vampire a bien du mal à accepter sa condition et pourtant nous la verrons mûrir et gagner en confiance au fil des nouvelles, jusqu’au dernier texte qui prend des airs d’Indiana Jones ! 🙂 Ce récit final est d’ailleurs mon préféré du recueil, pas seulement à cause du mélange de mystère, d’aventure et de fantastique, mais parce que Manu y apparaît en pleine maîtrise d’elle-même, après des doutes et des épreuves. Un point final aux quatre récits précédents, sans qui ce dernier texte n’aurait pas tant de saveur.

La Morsure froide est un poème qui clôt le recueil et qui laisse un goût de glace, d’obscurité sur la langue.

Au total, toutes ces nouvelles laissent apercevoir différents pan d’un même monde vampirique et nocturne, comme autant de fragments d’une même image qui, une fois tous lus, parcourus, laissent enfin se dévoiler le tableau final. Un recueil placé sous le signe des ténèbres et des créatures qui y vivent, qui dévoile déjà le talent de la plume de Vanessa Terral. Pour ne rien gâcher, les textes comportent des illustrations en noir et blanc.

Un recueil pour tous les amateurs de fantastique, de vampires, ou de la nuit, tout simplement.

TheBookEdition, 2012, 162 pages.

Cette lecture s’inscrit dans le challenge SFFF au féminin du Dragon Galactique.

challenge_SFFF_au_feminin

logo_orange_dimanche_jlnn

 

Publié dans Lecture

Les Vagues de Clamatlice suivi de Saison de pluie sur Clamatlice, Vanessa Terral

Les vagues de Clamatlice, Vanessa TerralQuatrième de couverture

Clamatlice, un monde bien loin de notre Terre, surprend les voyageurs par ses plages de sable vert, ses deux lunes, sa végétation singulière et son surnom : la Planète aux Mille Pensées. Les premiers colons évoquent parfois, à mi-voix, des créatures gigantesques et une nature guidée par une forme de conscience. Bien entendu, les nouveaux arrivés – tel Noota, un jeune surfeur – ne croient pas à ces superstitions…
Jusqu’à ce que Clamatlice murmure à leur esprit.

Mon avis

J’avais entendu beaucoup de bien de ces deux nouvelles avant de les acquérir. Par ailleurs, connaissant la plume de Vanessa Terral, je savais que j’allais passer un bon moment. C’est donc avec l’expectative d’une lecture des plus agréables que j’ai ouvert l’ebook. Et une fois celui-ci virtuellement refermé, je dois dire que le résultat dépasse, et de loin, mes espérances ! 🙂

Car rarement des textes m’auront laissée avec une telle sensation de sérénité, de luminosité. Dans la première nouvelle, Les Vagues de Clamatlice, nous suivons Noota, jeune surfeur qui vient d’emménager avec sa famille sur la planète. Mais alors qu’il était doué sur la Terre, il s’aperçoit qu’il ne parvient plus à surfer correctement sur les vagues de cette nouvelle planète. Dans Saison de pluie sur Clamatlice, Luccine est une petite fille, passionnée d’escargots, qui se fait régulièrement bousculer par ses camarades de classe. Solitaire et blessée, elle trouve refuge dans une maison envahie par la verdure. Deux histoires d’enfants, deux histoires qui m’ont laissé un profond sentiment de paix, d’acceptation.

Car le monde de Clamatlice a ceci de séduisant, d’apaisant, que chacun y trouve sa place. Que ce soit Noota ou Luccine, chacun, malgré ses blessures ou sa perte de confiance, se voit accueilli à bras ouverts par la Planète aux Mille Pensées. Planète vivante qui s’exprime via des animaux-totems, une idée qui rappelle les principes animistes de certaines populations de notre monde à nous. Une idée qui, dans ces deux récits, appuie le récit initiatique de ces deux héros. Chacun trouve en ce totem un guide pour se dépasser, aller de l’avant, trouver une sorte de bonheur.

Il ne faudrait pourtant pas s’imaginer qu’il s’agit là de récits pour enfants ou empreints de cette naïveté que portent parfois certains textes du genre. Non, nous ne sommes pas du tout dans ces cas-là ! Vanessa Terral distille avec justesse cette lumière qui atteint ses personnages, elle construit l’ambiance de cette planète sans aucune once de mièvrerie – les animaux totems n’y sont pas tous de doux Bisounours, loin de là ! C’est ce qui fait que ces deux récits touchent vraiment le lecteur, parce qu’ils ne sont ni tous blancs, ni tous noirs, qu’ils portent en eux un message sur l’acceptation de soi sans se vouloir moralisateurs, et l’émerveillement d’un monde qui s’exprime via sa faune sans tomber dans la naïveté écologique.

Un équilibre fort bien dosé pour une lecture qui laisse des traces ! Pour ma part, ces deux nouvelles m’ont énormément plu. J’ai refermé les pages virtuelles avec un léger sourire au lèvres, l’âme réchauffée à la lueur de ces histoires. Histoires que je garderai bien précieusement pour m’y replonger de temps à autre, goûter à nouveau à l’âme de cette Planète aux Milles Pensées.

À noter que l’auteur, dans un billet où elle relate le making-of de ces deux textes, évoque notamment les films d’animations des studios Ghibli comme sources d’inspirations. Et j’ai effectivement retrouvé, outre l’importance accordé à l’environnement, cette luminosité propre aux films de ce studios japonais, où malgré les drames, il reste de l’espoir, de la joie de vivre.

Je vous recommande donc chaudement ces deux nouvelles et vous souhaite un beau voyage sur Clamatlice 🙂

Cette lecture s’inscrit dans le challenge SFFF au féminin du Dragon Galactique.
challenge_SFFF_au_feminin
Éditions Voy’el, 31 pages, 2013

Publié dans Lecture

Attraction solaire, Vanessa Terral

Cinq pas sous terre, Vanessa TerralQuatrième de couverture

Début de l’été, près de Toulouse.
Jabirah se réveille dans une cave, malade et incapable de faire un geste. Une femme ne tarde pas à la rejoindre. Elle dit s’appeler Muriel et être une engeôleuse d’esprits, une sorte de médium dont le but est de protéger l’harmonie entre les ombres et les humains. Cette illuminée propose à sa prisonnière un marché qui ressemble plutôt à un chantage : la servir, en échange de quoi elle lui rendra son suaire. Paraît-il que Jabirah est une mâchonneuse de linceul, un vampire nouveau-né dont le corps va pourrir si elle n’ingère pas régulièrement des bouts de son drap mortuaire, et cela jusqu’au dernier fil. Quant à ce que Muriel demande en retour… Bah, il s’agit de trois fois rien !
Simplement tuer un engeôleur fou qui veut réveiller le passé de la Ville rose.

Mon avis

Souvenez-vous, je vous avais parlé du feuilleton numérique Cinq pas sous terre et de sa version papier, à paraître avec un épisode bonus. Cette version papier est parue et, comme j’avais aimé le feuilleton, j’ai mis la main dessus.

Comme je vous ai déjà parlé de Cinq pas sous terre et de ce que j’en pensais (voir mes chroniques ici, ici, ici, ici et ici – une pour chaque épisode), je n’en reparlerai pas, si ce n’est pour dire que j’ai trouvé agréable de relire en intégralité la novella et de partager à nouveau le récit de Jabirah, son bouleversement face à son statut de non-morte nouvelle-née, de retrouver Muriel et sa personnalité antipathique mais nuancée, et le monde des esprits toulousains.

La version papier s’enrichit d’un épisode bonus, intitulé Attraction solaire. Il s’agit d’une romance – l’auteur avait organisé un vote pour que les lecteurs choisissent le genre de cet épisode – et, même si ce n’est pas l’option pour laquelle j’avais votée, je dois dire qu’Attraction solaire s’inscrit parfaitement à la suite de Cinq pas sous terre !

Si vous relisez mon avis de l’épisode 5, j’étais restée frustrée, j’avais envie d’en savoir plus, de creuser plus avant l’univers développé par l’auteur. Attraction solaire remédie à cette frustration et clôt parfaitement la novella. On retrouve Jabirah et Muriel deux ans plus tard. Chacune a progressé dans leur cheminement personnel, et leur relation peut enfin s’approfondir, s’épanouir – rien de surprenant, cela dit, on sentait déjà par les étincelles de leurs prises de bec dans Cinq pas sous terre que leurs deux personnalités trouvaient l’une en l’autre un petit quelque chose.

Par ailleurs, j’ai trouvé que ce récit bonus apportait une touche lumineuse qui contrebalançait le côté assez sombre du feuilleton. Bon, l’aventure et le danger sont là aussi – les deux jeunes femmes auront notamment affaire à un ectoplasme dangereux, encore issu du passé de la Ville Rose – mais globalement, l’atmosphère est plus sereine, plus lumineuse que dans Cinq pas sous terre. Ce qui, à mes yeux, offre un joli final.

La boucle est bouclée, donc, avec Attraction solaire ! Si le feuilleton vous a plu, je vous recommande donc cet épisode bonus (disponible depuis peu seul et en numérique). Si ces deux récits (Cinq pas sous terre et Attraction solaire) vous tente mais que le numérique vous rebute, les deux sont disponibles en version papier (et ensemble).

Un récit vampirique ancré dans le folklore et le monde des esprits, sis à Toulouse, avec des personnages nuancés – et une héroïne qui change des héroïnes habituelles du genre – entre lesquels se noue une romance bien amenée et crédible, voilà comment je pourrais résumer cette histoire qui m’a bien plu. Pour quelqu’un qui constitue un public difficile au niveau des romances comme de la bit-lit, c’est dire si le récit vaut le détour ! 🙂 (et le feuilleton aussi ;))

Éditions du Petit Caveau, 2013, 188 pages.

Notez que cette chronique s’inscrit dans la nouvelle catégorie « Le dimanche, je lis des nouvelles et des novellas », catégorie comme logo étant pris sur le blog d’Un papillon dans la Lune qui en a proposé l’idée pour prolonger le challenge Je Lis des Nouvelles et des Novellas, auquel j’ai participé. Et comme j’aime le format court, vous retrouverez donc régulièrement, le dimanche (mais pas forcément *tous* les dimanches) un avis de lecture concernant le format court (nouvelle, novella, anthologie, recueil) 😉

logo_orange_dimanche_jlnn