Ma Pile à Lire pour le Cold Winter Challenge – #PALduCWC

Après les lectures automnales, fleurant bon la pluie et les feuilles mortes et épicées d’une pointe de citrouille et de magie, voici venir l’hiver. L’hiver, le froid mordant, le givre, les fêtes de fin d’année, et le bon chocolat chaud (ou le thé) (les thés d’hiver, hmmmm !), pour lire emmitouflée dans un plaid.

L’an dernier, je participais pour la première fois au Cold Winter Challenge. Une expérience que j’ai adoré, et que je renouvelle donc cette année ! 🙂

Organisé par Enluminée, le challenge consiste à lire des livres selon différentes catégories imaginées par l’organisatrice. L’objectif étant de se faire plaisir, des mots-clé permettent de rendre souples ces catégories, et si on vise l’objectif Une vie de lutin, une seule lecture suffit à valider le challenge !

Pour ma part, je tente l’objectif Flocon de neige, soit valider 2 sous-catégories dans 2 menus au choix – 4 lectures minimum, donc, mais le challenge s’étalant sur 3 mois, j’en lirai sûrement plus !

Ayant pris goût aux lectures de saison, j’ai sélectionné des titres m’évoquant l’hiver ou les fêtes (voire les deux), parfois de façon un peu lâche, c’est vrai, mais je tenais à garder cette ambiance de fin d’année si particulière, où j’aime rester au chaud chez moi avec un bon livre !

Menu Magie de Noël

Coupe de champagne

L’an dernier, j’avais lu ma première romance de Noël avec 12 cadeaux de Noël pour un soldat d’Elisabeth Jouvin. Une lecture légère, et qui évitait pourtant certains clichés, qui m’a donné goût aux romances de Noël. Je compte donc cette année me lancer avec la romance de Noël de Myrtille Bastard, Un chat, deux sapins et beaucoup de complications !, d’autant que j’avais adoré sa romance paranormale Loba, qui abordait des sujets forts tout en présentant une romance sortant des sentiers battus.

Un chant de Noël

Je crois bien que c’est la catégorie où je vois gros, avec 3 lectures prévisionnelles 😅

Il y a La fille dans la tour et L’hiver de la sorcière de Katherine Arden, qui forment les 2 derniers tomes de la trilogie amorcée par L’ours et le rossignol. Un livre que j’avais adoré, et lu l’hiver dernier.

Un papillon en hiver est une réécriture de conte que j’ai glissé là à cause de son titre – je ne suis pas sûre que l’intrigue en elle-même soit hivernale. Mais j’avais envie de tenter de le lire cet hiver, si j’en trouve le temps. Cela semble être un roman fort, de part ses thématiques.

Calendrier de l’Avent

Je pensais le lire durant le Pumpkin Autumn Challenge, peut-être y parviendrai-je pendant le Cold Winter Challenge ? Ceci dit, vu sa couverture tout en tons bleus et enneigés, ça me semble préférable de lire cet hiver Anne de Windy Willows ! 🙂 Et non, je n’ai pas lu le résumé, puisque je suis avec joie les aventures de Anne Shirley sans me soucier de la 4e de couverture.

Menu Yule

Au coin du feu

Avant même d’apprendre qu’il y aurait une catégorie dédiée à la relecture d’un livre qu’on aimait enfant, j’avais déjà prévu de relire Les 4 filles du docteur March cet hiver. Chaque hiver, je revisionne les films tirés de ce livre. Et si, chaque hiver, je relis un livre doudou, cette année, c’était celui-là que je voulais relire. Alors quand j’ai vu cette catégorie, le choix fut vite fait ! 🙂 Je profiterai de la belle réédition illustrée chez Tibert pour cette relecture.

Danse de la fée dragée

C’est amusant, car l’an dernier, cette catégorie existait déjà et j’y avais glissé Érèbe de Rozenn Illiano, que j’avais beaucoup aimé. Or, cette année, c’est un autre roman de la même autrice que je prévois de lire dans la même catégorie ! Il s’agit de D’hiver et d’ombres.

Autre roman que je compte lire dans cette catégorie, La chasse fantôme de Hermine Lefebvre. J’avais beaucoup aimé son livre Sous le sceau de l’hiver, et j’ai hâte de retrouver un autre univers de son cru, ancré dans le folklore féerique et mythologique ! (il aurait d’ailleurs pu rentrer aussi dans la catégorie Un chant de Noël, mais ça aurait fait beaucoup de livres pour cette seule catégorie. Comme c’est de la fantasy, ça rentre très bien aussi dans la catégorie Danse de la fée dragée !)

Reine des neiges

Vu le titre de la catégorie, ça me semblait l’endroit parfait pour y glisser La reine des neiges de Hans Christian Andersen, que j’ai déjà lu enfant. Une édition illustrée par Aliocha Gouverneur, qui s’annonce superbe, sortira bientôt, et j’espère relire ce conte dans ce bel écrin (oui, j’en profite pour faire ma liste au Père Noël !)

Menu Hiver sombre

Fantôme des Noëls passés

Vu le titre, le choix fut évident : Cantique de Noël de Charles Dickens, qui traîne dans ma PAL numérique depuis longtemps. La couverture n’est pas hyper alléchante, mais il s’agit d’une édition gratuite (les classiques tombés dans le domaine public sont disponibles gratuitement au format numérique, et c’est tout à fait légal). Un classique que je lirai pour parfaire ma culture générale !

Nuit du solstice

Un autre titre qui traînait dans ma PAL, physique celle-là, ce sont les Épisodes de Noël de la collection Les saisons de l’étrange. Un recueil de nouvelles où l’on retrouve les héros et héroïnes de séries fantastiques publiées par ailleurs, sur le thème de Noël, ça me paraît le bon moment pour le sortir de la PAL !

Menu Marcher dans la neige

Pomme de pin

C’est là où j’ai le plus profité de la souplesse des mots-clés ! Cannelle et gingembre d’Agathe Roméo est le premier titre de la collection Beyond des éditions Magic Mirror, qui allie réécriture de conte et science-fiction. Un mélange des genres qui me botte complètement (d’ailleurs, j’ai un projet de ce type en tête, que je pensais écrire et soumettre à l’époque de l’ouverture de l’AT, mais vous savez ce que sont les plannings… J’ai repoussé le projet à une date ultérieure, mais je compte bien l’écrire !)

Bref, revenons à Cannelle et Gingembre ! À part le blanc de la couverture qui donne un effet un peu neigeux et le fait qu’il s’agit d’une réécriture de Blanche-Neige et Rose-Rouge, le rapport avec l’hiver est très lointain. La catégorie Pomme de pin me semblait toutefois idéale, pour les thématiques Animaux et Écologie : d’après le résumé, l’ouvrage évoque en effet le rapport à l’animal, avec une scission dans un peuple entre ceux qui sont végétariens et ceux qui, suite à des modifications génétiques pour les adapter à un environnement hostile, ont développé un appétit vorace pour la viande.

Comme j’avais envie de le lire très vite, je voulais à tout prix le glisser dans ma PAL pour le Cold Winter Challenge, c’est donc chose faite ! 🙂

Voilà pour ma PAL prévisionnelle, bien entendu susceptible de bouger ! Il se peut que je ne lise pas tout, ou que d’autres titres s’ajoutent, d’autant que je compte tenter pour la première fois cette année le Défi Un hiver au chalet.

Et ailleurs…

Si vous participez au Challenge et êtes en quête d’idées, allez faire un tour du côté des PAL de Light and Smell, de Steven et de Moonlight Symphony !

Bon challenge à vous si vous le faites, et bonnes lectures dans tous les cas 🙂

Atalante, Marie Tétart

Quatrième de couverture

Atalante a juré de conserver sa virginité. Pour mettre un terme à la volonté de son père qui entend la contraindre au mariage, elle déclare qu’elle épousera celui qui la vaincra à la course. Subterfuge ! Jamais personne n’a réussi à triompher de la chasseresse aux pieds agiles !
Mais voilà qu’Hippomène, son ami d’enfance, décide de participer à l’épreuve. Il implore la déesse Aphrodite de l’aider. Face à l’alliance des dieux et des hommes, Atalante parviendra-t-elle à sauvegarder sa liberté ?

Mon avis

Après avoir adoré les deux premiers romans de Marie Tétart, situés dans un univers de son cru, je me suis jetée sur son nouveau titre : une novella mythologique centrée sur la légendaire Atalante !

Sous une superbe couverture de Amaryan (alias Anouck Faure), Marie Tétart nous entraîne en Grèce Antique, dans les pas de la farouche Atalante. Sa plume, à la fois fluide et poétique, nous immerge sans peine : je sentais, humais, goûtais la Grèce. Une plume qui se fait plus dure, quand la colère éclate, et plus sensuelle, quand le désir s’en mêle.

On perçoit un travail de recherche minutieux à la précision des descriptions, sans que ce soit lourd ou pompeux : non, cela ne fait que nous plonger davantage dans la légende. Un petit glossaire, à la fin, nous éclaire sur le sens de mots spécifiques à cette époque.

Comme toujours avec cette autrice, une réflexion féministe subtile, mais forte, sourd en filigrane. Atalante interroge sur le consentement, et le fait de façon fort maligne. J’ai d’ailleurs trouvé intéressant le parti pris de naviguer du point de vue d’Atalante à celui d’Hippomène.

Avec cette novella, Marie Tétart se pose clairement comme le pendant francophone de Madeline Miller. Oui, oui, rien que ça, mais vraiment, si vous êtes passionnés de mythologie, je vous invite à plonger dans cette novella ! Marie propose aussi à ses mécènes des nouvelles inspirées de la mythologie (la dernière en date porte sur Hadès), nouvelles qui seront réunies en un recueil commercialisé uniquement en salons.

Une chose est sûre, Marie Tétart fait partie de mes autrices favorites et je lirai sans hésiter sa prochaine parution !

Lecture réalisée dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge, menu Automne douceur de vivre, catégorie Chante-moi une chanson Sassenach !

Auto-édition, 193 pages, 2022

Hors Caste, Marge Nantel

Quatrième de couverture

Suèhl est tellement dépourvu de magie qu’il n’appartient à aucune caste à Hemurn, où seul le Don confère une situation sociale. Repoussé, délaissé, il ne s’attend pas à attirer l’attention de cet étranger à la puissance hors norme. Pourtant, la complicité entre eux est immédiate. Et quand un drame fait vaciller les lois rigides d’Hemurn, l’alliance de ces hommes hors caste, dégagés des obligations qui les régissent, pourrait bien s’avérer la seule planche de salut.

Mon avis

J’attendais ce titre avec impatience ! C’est la dernière parution de Fleur d’Absinthe, la collection de Noir d’Absinthe dédiée à la romance. Marge Nantel ne m’est pas inconnue et j’étais sûre d’apprécier sa plume !

Déjà, parlons de la magnifique couverture de Amaryan (alias Anouck Faure) ! Elle reflète bien l’histoire comprise entre les pages. Alors, oui, c’est un joli pavé (560 pages tout de même !), mais je dois dire que la lecture s’est faite avec aisance. Les pages défilaient, à mesure que je suivais les aventures et mésaventures de Suèhl et Ténèbres.

La richesse de l’univers imaginé par Marge Nantel mérite d’être soulignée. Tout est cohérent, millimétré, jusqu’aux noms propres qui ont un sens, notamment ceux des différentes espèces. On ne croise aucun humain, dans ce roman, mais beaucoup d’humanoïdes aux caractéristiques animales plus ou moins marquées. On voyage dans différentes contrées, aux règles et lois précises. Et pourtant, l’immersion se fait avec fluidité, je n’ai eu aucun mal à me glisser dans les pas de Suèhl et Ténèbres !

Les personnages sont l’autre point fort du roman. Suèhl, décasté parce que sans magie, aux caractéristiques félines trop marquées. Ténèbres, venu des montagnes kenanes, au passé brisé par le sang et le fer comme une éducation aussi rigide que violente. Chacun porte une vie marquée, traumatisée, et si leur rencontre fait des étincelles dès le début, le chemin sera long, entre eux, pour abaisser les barrières.

Hors Caste se déroule dans un univers dark fantasy – un univers âpre, violent, mais si des scènes difficiles ponctuent le récit, Marge Nantel ne se laisse pas aller à la débauche d’une violence gratuite, à outrance. En contrepoint, nous avons la romance qui se tisse entre Suèhl et Ténèbres, qui équilibre la dureté de l’univers dans lequel ils évoluent. Là encore, c’est bien dosé.

Un équilibre parfait, pour une excellente lecture ! Vous l’aurez compris, c’est un coup de coeur pour cette romance dark fantasy qui, en plus d’offrir un univers riche et travaillé, des personnages fouillés, propose aussi, en filigrane, des thèmes forts.

TW : (cliquez pour dérouler les éléments mis en spoiler): sexe explicite, violence physique, torture, meurtres, viol

Lecture réalisée dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge, menu Automne douceur de vivre, catégorie Chante-moi une chanson Sassenach !

Retrouvez l’avis de Zoé prend la plume, qui a également adoré ce roman.

Éditions Noir d’Absinthe, 560 pages, 2022

Crimes surnaturels : Chaudron de bruyère, Pauline Sidre

Quatrième de couverture

Les sorciers et sorcières d’hier ont cédé leur place aux sortilégeants, une communauté de personnes aux traditions anciennes et aux capacités hors-normes, qui vit en marge de la société humaine.

Lorsque des crimes impliquent les deux mondes, la D.C.C.S. est la seule division capable d’intervenir.

Givre, plumes noires et sang sorcier. Voilà de quoi sont peuplées les nuits de Bénédicte, depuis son arrivée dans un village lorrain troublé par un meurtre. Ces visions qui le tourmentent depuis son enfance, il en a l’habitude : il s’appuie sur elles pour mener ses enquêtes. Mais cette fois-ci, les rêves prennent prise sur la réalité. Un conte ancien renaît au creux des bois. Bénédicte doit rapidement identifier la menace, s’il ne veut pas sombrer dans la folie.

Il pourra compter sur le soutien de Sésanne, sa bonne humeur inaltérable et le savoir immense qu’elle détient malgré elle. Et celui de sa nouvelle recrue, Lycaon, un jeune limier. Le seul limier plutôt, une fonction sortilégeante qui voue au déshonneur. Alors pourquoi accepterait-on de l’occuper ?

Entre passé et présent, le trio d’enquêteurs n’est vraiment pas prêt à affronter ce qui se cache au fond du chaudron de bruyère.

Mon avis

Novembre, le mois parfait pour lire Crimes surnaturels : Chaudron de bruyère de Pauline Sidre, publié aux éditions du Chat Noir sous une couverture de Nicolas Jamonneau ! Bon, il m’a manqué la pluie, qui arrose copieusement les personnages, pour parfaire ma lecture, ce mois ayant été plutôt ensoleillé.

C’est le premier roman que je lis de Pauline Sidre, fraîchement primée par le prix Aventuriales pour son autre roman, Rocaille. J’ai sauté le pas, poussée par l’enthousiasme de Zoé. Et dire que j’ai savouré ma lecture est un euphémisme ! Déjà, commençons par la plume – Pauline Sidre a un style absolument savoureux, à la fois fluide, poétique et piquant. Elle parvient à solliciter tous nos sens, à glisser ici, une pointe d’humour, et là, une phrase qui sonne si bien qu’on la fait rouler sous nos doigts comme un galet, qu’on la déguste comme un bonbon. Le tout forme un mélange mélodieux, immersif et plaisant à lire !

C’est simple, il pleut beaucoup, dans ce roman, et malgré le soleil extérieur, je percevais sans peine cette humidité prégnante. En plus de cela, Pauline campe des personnages aussi hauts en couleur qu’attachant. Si j’avoue une préférence pour ce ronchon de Bénédicte, j’ai aimé tout le trio formé par Bénédicte, Sésanne et Lycaon. Chacun a sa personnalité, ses failles, son passé, et la dynamique fonctionne très bien entre tout ce petit monde. On adore les découvrir, les connaître, les suivre dans leur enquête mouvementée.

Qui dit enquête, dit suspense. Et après trois lectures où je devinais bien trop tôt l’identité de l’antagoniste, j’avoue que je commençais à m’inquiéter. Allais-je enfin un jour être à nouveau surprise par une intrigue ? Et la réponse est oui ! Pauline Sidre a réussi à m’avoir, il y a bien un antagoniste que je n’avais pas vu venir, et j’en ai été ravie ! Le policier, ce n’est pas ma tasse de thé d’habitude, mais là, on a affaire à des crimes surnaturels (d’où le titre), et la façon dont l’intrigue est menée m’a bien accrochée, jusqu’à la dernière page !

L’univers imaginé par Pauline Sidre – une France où les descendants des sorciers et sorcières, désormais nommés sortilégeants, font partie intégrante de la société, même s’ils suscitent encore une certaine curiosité mêlée d’inquiétude – est solide, cohérent, et passionnant quand on apprécie la thématique de la sorcellerie. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé le fait que le roman soit ancré dans une région française, cela m’a rappelé les histoires fantastiques de George Sand, souvent sises dans le Berry.

Un sans faute, donc, pour ce roman, qui a un petit parfum de terroir avec son intrigue en vase clos dans une ville lorraine. Il paraît que l’autrice réfléchit à un nouvel opus, inutile de dire que j’en trépigne d’impatience !

Un grand merci à Zoé, donc, qui m’a donné envie de lire ce roman. Grâce à elle, j’ai passé un excellent moment de lecture et je compte bien lire d’autres textes de la même plume !

Lecture réalisée dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge, menu Automne frissonnant, catégorie Ghost Hung.

Retrouvez les avis de Zoé prend la plume (bien entendu !), de Maude Elyther, qui ont toutes deux adoré, et de Sometimes a book qui n’a pas été convaincue.

Éditions du Chat Noir, 304 pages, 2022

Cemetery Boys, Aiden Thomas

Quatrième de couverture

Yadriel est un brujo. Pas une bruja. Si les femmes peuvent guérir, les hommes, eux, savent rappeler les esprits. Parce qu’il tient à prouver à sa famille qu’il possède bien les pouvoirs de son genre, il se rend dans l’église du cimetière afin d’invoquer un fantôme. Arme magique au poing et meilleure amie pour l’aider, il fait alors de son mieux pour convoquer l’âme de son cousin décédé, afin de comprendre les raisons de sa mort.

Alors qu’il pense avoir réussi, il découvre que le fantôme qu’il vient de ramener au milieu de l’église familiale n’est pas tout à fait le bon…

Mon avis

Je poursuis mes lectures automnales avec Cemetery Boys de Aiden Thomas, un roman édité chez Naos (ActuSF) et parfait pour une lecture en ce début novembre ! (oui, ma chronique arrive bien plus tard…). C’était une lecture que j’attendais avec impatience, ayant repéré le roman en VO. J’ai été ravie qu’il soit traduit, et encore plus que la superbe couverture de Mars Lauderbaugh soit conservée. En attendais-je trop ? Toujours est-il que je referme l’ouvrage quelque peu déçue.

On va commencer par ce que j’ai adoré : les personnages ! Yadriel est un garçon trans qui aimerait trouver sa place de brujo au sein de sa communauté ; Julian, un spectre bouillonnant d’énergie, aussi insupportable qu’attachant. La relation entre eux, électrique, va peu à peu se tisser en une romance aussi forte qu’adorable. J’ai ainsi adoré suivre leurs échanges, la façon dont ils apprennent chacun à découvrir l’autre. À travers ses deux héros, Aiden Thomas transmets de beaux messages sur la construction de soi et l’affirmation de son identité de genre, en dépit d’un entourage pas toujours conciliant. Pourtant, Yadriel comme Julian ont leurs alliés – des amis proches, un membre de la famille… Une bonne dose d’humanité, qui rend ses personnages encore plus vrais, et qui fait qu’on suit leurs péripéties avec émotion comme intérêt.

L’univers, ensuite : l’auteur plante son intrigue au sein d’une communauté latinx. Le système de magie est fortement ancré dans la mythologie sud-américaine, la fête du Dia de Muertos très présente (à noter qu’il s’agit d’un roman ownvoice). J’ai souvent pensé au film Coco – mais c’est à peu près la seule référence que j’ai en terme d’oeuvres artistiques sur le sujet. On retrouve toute l’ambiance de fête autour du Dia de Muertos, l’importance de célébrer les disparus, la présence d’une grande famille, d’une communauté – que ce soit sous ses aspects positifs (solidarité, soutien) ou négatifs (pression sociale, traditions étouffantes). Les références mythologiques entrelacées forment un tout cohérent, solide, et que j’ai adoré.

Où le bat blesse, alors, me demanderez-vous ? Au niveau du rythme – l’intrigue est assez inégale. Il y a des longueurs et des scènes qui se répètent, apportant une sorte d’ennui. Ensuite, je ne sais pas si cela vient du fait que c’est du YA, mais ça fait tout de même le 3e roman YA d’affilée où je devine qui est l’antagoniste quasi dès son entrée en scène. Ou alors serait-ce le revers de la médaille, lorsqu’on est soi-même autrice ? À force de glisser des petits cailloux dans mes propres histoires pour donner quelques indices, je repère tout de suite ceux des autres ? Je ne sais pas, toujours est-il que ça commence à m’ennuyer, cette absence de suspense.

Dernier point noir : les coquilles ! On parle là de mots qui changent le sens de la phrase, d’erreur de prénom, bref, des grosses coquilles, et en nombre. Pour une ME de cette taille, je trouve que c’est limite. C’en était parfois où je devais relire la phrase plusieurs fois pour remettre en place le bon mot, comme si je trébuchais de tout mon long alors que je profitais du paysage, sur un joli sentier.

Au final, c’est donc une bonne lecture dans l’ensemble, mais sans plus. Je garderai en mémoire Yadriel, Julian, et leur entourage ainsi que l’univers, qui sont vraiment je pense de bonnes raisons pour lire ce livre – en revanche ne vous attendez pas à un suspense échevelé, ni à un rythme prenant. Mais rien que pour Yadriel et Julian, comme les thèmes abordés, ça vaut d’y jeter un oeil ! Pourquoi pas pour le prochain Dia de Muertos ?

Lecture réalisée dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge, menu Automne rayonnant, catégorie « We »re all born naked and the rest is drag »

Retrouvez également les avis de L’imaginaerum de Symphonie, Les fantaisies d’Amanda, Sometimes a Book et Temps de mots

Éditions Naos (ActuSF), 487 pages, 2022