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Pline t. 1 et 2, Mari Yamazaki, Tori Miki


Mon avis

Pas de 4e de couverture pour cette série de mangas vu qu’elle n’en possède pas mais son titre résume bien son propos : Pline nous emmène en effet dans les pas de Pline l’Ancien, célèbre naturaliste romain dont L’Histoire naturelle (une encyclopédie en 37 volumes) est parvenue jusqu’à nous et qui, au Moyen-Âge, était considérée comme une référence.

Le premier volume, intitulé L’appel de Néron, plante le décor comme les personnages principaux. Après une entrée en matière où Pline fait face à la colère du Vésuve, à Pompéi, nous revenons plusieurs années en arrière lorsque Pline, plus jeune, prend sous son aile un jeune grammairien dont le village sicilien a été décimé par l’éruption de l’Etna. Le second volume, nommé Les rues de Rome, voit notre trio parvenir enfin à Rome. Le trio s’éclate alors : Pline se soumet enfin à l’appel de son empereur, Félix retrouve sa famille et Euclès découvre la vie de la capitale, même ses aspects les moins reluisants.

Le manga est co-signé par deux dessinatrices : Tori Miki et, surtout, Mari Yamazaki, qui en est aussi la scénariste et qui avait déjà évoqué la Rome antique dans la série Thermae Romae. Mais alors que Thermae Romae contenait un fort élément science-fictif avec ses voyages dans le temps ainsi qu’une dimension comique, il n’en est rien dans Pline dont le récit présente bel et bien la vie de cet homme qui a réellement existé.

Comme j’avais adoré Thermae Romae, j’ai ouvert le premier volume de Pline avec un a priori positif. Mari Yamazaki a en effet longtemps vécu en Italie et n’a jamais caché sa passion pour ce pays d’adoption – en particulier la période de l’Antiquité romaine. Cette passion exsude littéralement des deux premiers volumes de Pline, notamment à travers le personnage principal qui s’intéresse à toutes les choses naturelles. Historiquement, Pline s’intéressait en effet à la botanique, à la zoologie, à l’astronomie et à bien d’autres sujets encore. Mais je vous rassure, le manga n’a pas vocation à retracer toute l’encyclopédie de Pline ! 🙂

Le manga nous plonge réellement dans la vie quotidienne de l’époque, non seulement à travers Pline mais aussi via les personnes qui l’accompagnent : Euclès et Félix. Euclès est un jeune homme que Pline a pris sous son aile. Comme Euclès possède une formation de grammairien, Pline décide d’en faire son assistant chargé de noter tout ce qu’il énonce. Quant à Félix, il s’agit d’un soldat attaché à l’escorte de Pline. Le tome 2 nous permet de faire connaissance avec sa famille et, par extension, de découvrir des préoccupations quotidiennes somme toute pas si loin de celles des familles d’aujourd’hui ! Nous avons également un bel aperçu de la vie de l’empereur Néron, visiblement très perturbé, et des manigances de sa concubine Poppée.

Le dessin est superbe, avec une première page disposant d’un portrait en couleurs fragmenté à la manière d’une mosaïque. Le récit, centré autour d’une poignée de personnages et en particulier d’Euclès attaché aux pas de Pline, nous permet de nous glisser facilement dans la peau d’un spectateur au plus près de cet homme qui a marqué l’Histoire. Mari Yamazaki nous le dépeint comme un homme passionné par les sciences, tellement qu’il semble un peu déconnecté de la réalité parfois. Les passages où il partage un peu de son savoir ou ceux où il découvre de nouvelles choses montrent fort bien cette passion qui l’anime et s’avèrent, pour nous lecteurs, très intéressants. Certes, certains propos feraient tiquer les scientifiques d’aujourd’hui mais pour l’époque, une telle science n’était pas si commune (sinon, L’Histoire naturelle n’aurait pas tant marqué les esprits pendant si longtemps !).

Euclès découvre la bibliothèque de Pline

On sent une documentation aussi solide que soignée tant concernant Pline que les différents aspects de l’époque mis en avant – vie domestique, intrigues de palais, vie intellectuelle, les bas-fonds de la ville, l’aspect parfois ésotérique de certaines sciences à notre regard du XXIe siècle, etc. Ainsi, j’ai été ravie de découvrir la bibliothèque de Pline qui déborde de volumen – ce qui n’a rien d’étonnant, étant donné l’attrait de cet homme pour les sciences !

Ces deux premiers volumes m’ont donc complètement convaincue, ils sont à la fois distrayants et instructifs tout en étant servis par un dessin soigné. Autant de bons points qui me font attendre la suite avec impatience ! 🙂

Éditions Casterman, 190 pages (vol. 1) et 184 pages (vol. 2), 2017.

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[Le mardi c’est permis !] Dirk Gently, détective holistique

À la base, Dirk Gently est le héros d’une série de romans éponymes de Douglas Adams (également auteur du fameux Guide du voyageur galactique – et non, je n’ai lu ni les uns, ni l’autre mais un jour, peut-être, je comblerai cette lacune !). Les livres avaient déjà connu une première adaptation sous le format télévisé. Fin 2016 a débarqué sur les petits écrans une nouvelle adaptation qui, si elle reprend bien le personnage éponyme, a fait le choix de situer son action à la suite de la première série (même si l’équipe n’a rien à voir). Un choix qui explique donc les libertés prises avec l’intrigue, la série imaginant de nouvelles aventures au détective.

Personnellement, comme je ne connaissait pas le-dit détective, c’est la bande-annonce et la présence d’Elijah Wood au casting qui ont attisé ma curiosité. J’ai donc entamé le visionnage sans d’attentes particulières. Que dire de mes impressions après le premier épisode ? L’expression What the fuck ?! les résume assez bien ! ^^ Dès le début, on est catapulté dans un mystère de taille (qui a commis le crime ?) et on nous présente des personnages très différents : Todd qui semble mener une vie plutôt morose mais qui prend soin de sa soeur ; Amanda (la soeur, donc) qui souffre d’une maladie l’obligeant à rester cloîtrée chez elle car elle lui provoque des crises hallucinatoires très douloureuses (pararibulitis – ne cherchez pas dans un dictionnaire médical, ce mal est fictif ^^) et Dirk Gently, détective aussi barré que ses tenues sont vitaminées.

« Barré » » et « vitaminée » sont deux mots qui décrivent fort bien cette première saison ! Dès le début, on n’a pas la moindre idée de la destination où l’histoire va nous mener. D’ailleurs, il vaut mieux ne pas trop chercher à comprendre dès le premier épisode – croyez-moi, tout s’expliquera plus tard. Au début, ça ne sert à rien, profitez juste du spectacle ! ^^ (J’avoue cependant que, habituée à certains ressorts de la SF, une des scènes mystérieuses du premier épisode ne l’était pas trop pour moi. Mais à part ça, j’étais complètement paumée – et ravie de l’être !). Dirk Gently part tellement dans tous les sens (mais plus on avance dans la saison et plus les pièces du puzzle se mettent en place) que même les scènes violentes n’ont pas fait pousser les hauts cris à ma petite âme sensible.

J’ai vraiment adoré cette saison menée tambour battant, j’ai adoré me demander (dans le désordre) pourquoi tout le monde faisait-il donc tout un foin pour un corgi, qui était cette folle meurtrière peut-être pas si folle, comment diable pareille scène de crime pouvait exister, que signifiait ces filatures et pourquoi y avait-il un chaton dans cette histoire ?

Le casting en lui-même est super : Samuel Barnett campe fort bien un Dirk Gently qui donne l’impression à la fois de savoir où il va et à la fois de n’en avoir aucune idée ; Elijah Wood reprend, après Frodo, un rôle de « héros malgré lui ». Ce qui donne un beau duo ! 🙂 On retrouvera aussi Aaron Douglas (le Chief de Battlestar Galactica), méconnaissable.

Bref, les 8 épisodes ont été vus (et revus !) avec un plaisir renouvelé et j’attends donc avec impatience la saison 2 – prévue pour cet automne, avec quelques ajouts au casting qui avivent mon impatience (Alan Tudyk, notamment, alias Wash dans Firefly).

Si vous cherchez une série qui mêle science-fiction, policier et humour absurde, le tout dans un tourbillon jubilatoire, Dirk Gently fera votre bonheur ! 🙂

Dirk Gently’s Holistic Detective Agency
Réalisée par Paco Cabezas, Michael Patrick Jann et Dean Parisot, créée par Max Landis d’après les romans de Douglas Adams, 2016 – ? (en cours)

Bande-annonce de la saison 1

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Nous sommes les Gardiens de la Galaxie, présenté par Stan Lee

Quatrième de couverture

De leur création en 1969 à l’explosion de leur popularité au XXIe siècle, notamment grâce aux deux films qui leur sont consacrés, les Gardiens de la Galaxie connaissent plusieurs formations. Ce volume présente les récits fondateurs du groupe, ses aventures emblématiques ainsi que de nombreux articles vous révélant tout ce qu’il faut savoir sur l’équipe la plus cosmique de l’univers Marvel.

Mon avis

Avant d’aller voir les films qui les mettent en scène, je ne connaissais pas ces super-héros devenus aujourd’hui très célèbres. Vous vous en doutez, j’ai adoré les longs-métrages de James Gunn ! 🙂 Du coup, j’avais envie d’en savoir un peu plus sur les héros des films sans pour autant devoir me farcir l’intégralité de leurs aventures – celles-ci remontant à 1969, autant dire que j’en avais pour un moment…

Fort heureusement, les éditions Panini Comics et Marvel proposent une collection d’anthologies qui réunissent plusieurs aventures centrées autour d’un personnage emblématique. Les Gardiens de la Galaxie n’ont pas échappé à cette rétrospective. Avec Nous sommes les Gardiens de la Galaxie, c’est tout un historique de ce groupe si éclectique qui nous est offert.

L’anthologie alterne les aventures dessinées avec des articles, ces derniers permettant d’en savoir plus sur les évolutions qu’ont connu ces super-héros et ainsi d’approfondir sa connaissance du sujet tout en reliant les points entre deux aventures – certaines étant séparées de plusieurs années, on pourrait y perdre le fil sans ces explications complémentaires ! Il faut dire qu’entre leurs débuts et leurs aventures actuelles, les Gardiens de la Galaxie ont connu des compositions très différentes. Ainsi, leur toute première aventure ouvre le bal du volume. On y découvre quatre personnages très différents : Vance Astro, un Terrien du XXe siècle qui a hiberné pendant mille ans pour effectuer un voyage spatial ; Charlie-27, un être génétiquement modifié pour être adapté au climat de Jupiter et qui s’avérera être le costaud de la bande ; Martinex, lui aussi modifié pour être adapté à Pluton et qui a l’apparence d’un être cristallin et enfin Yondu, un alien à la peau bleue et à la crête rouge qui maîtrise des flèches réagissant au son. Ces quatre personnages hétéroclites vont unir leurs forces pour lutter contre les Badoons, des extraterrestres à l’apparence reptilienne qui tiennent l’empire humain (et bien d’autres) sous leur joug.

Comme on peut le voir, de ces quatre membres de base des Gardiens, seul Yondu est encore connu aujourd’hui mais dans un autre rôle ! Au fil de la lecture, j’ai également pu découvrir que, lors de sa première apparition, Groot était loin d’être aussi adorable que dans les films – c’était même un vilain au sens « comics » du terme – mais aussi que Rocket a officié sur un monde où des industriels du jouet se livraient une guerre sans merci (et que Rocket avait une petite copine aussi mignonne que lui puisqu’il s’agit… d’une loutre ! ^^). Le groupe des Gardiens va connaître de nouveaux membres, d’autres vont partir, entre-temps, il y aura eu de nombreux cross-over avec d’autres personnages issus du vaste monde des super-héros. Mais ce n’est qu’arrivée aux dernières aventures contenues dans cette anthologie que l’on découvre enfin Star-Lord et les autres Gardiens actuels. La boucle est bouclée ! 🙂

Nous sommes les Gardiens de la Galaxie est donc, à mon sens, une excellente lecture pour tout fan des films qui n’aurait pas forcément la passion du comics au point de se plonger dans toutes les aventures dessinées de ces super-héros. L’anthologie, en alliant sélection avisée d’aventures dessinées et articles complémentaires, permet de balayer toute l’histoire des Gardiens – de leur création à nos jours, en passant par leurs tribulations éditoriales. De fait, je recommande aussi la lecture de cette anthologie à tout curieux du sujet. Les passionnées de comics tout court pourraient éventuellement être intéressés, eux aussi – peut-être y a-t-il dans la sélection des aventures désormais introuvables sur le marché.

En tout cas, pour ma part, j’ai été ravie de pouvoir découvrir les Gardiens de la Galaxie avec un seul volume – certes conséquent, mais bien plaisant ! 🙂 Seul bémol, s’il faut en donner un, l’anthologie ne permet pas de donner l’intégralité de certaines aventures qui se suivent, donnant ainsi une certaine frustration pour quelques arcs narratifs restés inachevés dans ce volume. Mais, dans le même temps, il fallait bien que l’épaisseur de ce livre conserve des proportions raisonnables donc ce bémol est, au final, aisément pardonné ! 🙂

En bref : I’m hooked on a feeling… 😉

Éditions Panini Comis, éditions Marvel, 2017.

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Summer Star Wars : Rogue One du blog RSF Blog.

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[TAG] Quel personnage de roman choisiriez-vous ?

Ayant aperçu ce Tag sur le blog d’Audrey, j’en ai trouvé l’idée fort sympathique (et les réponses d’Audrey tout autant ! ^^). Du coup, je me suis piquée à y répondre aussi ! 🙂

1. Quel est le personnage qui vous aiderait à survivre à l’Apocalypse? 

If the Apocalypse comes, beep me (S01E05)

Sans surprise, je rejoins Audrey et cite Buffy Summers ! 🙂 Certes, le personnage provient d’une série télévisée, à la base, mais outre le fait que la série poursuit son cours sous forme de comics, Buffy Contre les Vampires (Buffy The Vampire Slayer en V.O.) connaît aussi des aventures sous forme de romans ! Autant dire qu’elle est non seulement qualifiée pour m’aider à survivre à l’Apocalypse, mais aussi comme personnage de roman 😉

2. Quel est le personnage avec qui vous aimeriez vous retrouver sur une île déserte? 

Quitte à se retrouver coincée sur une île déserte, autant que ce soit avec The Girl in the Sultan’s Gardens, l’un des (nombreux) personnages du diptyque The Orphan’s Tales de Catherynne Valente. Comme cette jeune fille porte d’étranges tatouages autour des yeux qui sont en fait de très nombreuses histoires, on aurait de quoi passer le temps 🙂

3. Quel est le personnage qui serait votre meilleur ami au lycée? 

Jo March. Je sais, j’ai déjà indiqué sa famille en réponse à la question Quelle est la famille qui serait votre famille d’adoption ? Mais qui a dit qu’on ne pouvait pas avoir sa soeur comme meilleure amie, même d’adoption ? 😉 Franchement, Jo est le personnage avec lequel j’ai toujours pensé que, si elle avait existé dans le monde réel, on se serait très bien entendues ! Alors je garde ce choix : Jo March, nom d’un p’tit bonhomme !

4. Quel est le personnage qui serait votre pire ennemi au lycée? 

Lavinia – l’une des ennemies de Sara dans Petite princesse de Frances Hodgson Burnett. Le genre de petite peste qui me prenait systématiquement en grippe, à l’école. Inutile de dire que j’avais tôt fait de grincer des dents quand je lisais les passages du livre où Lavinia sévissait (et elle est encore pire dans le célèbre dessin animé tiré de l’ouvrage !).

5. Quel est le personnage qui serait votre allié dans Hunger Games (mais à la fin, il n’y a bien qu’un seul vainqueur… vous savez)? 

Katniss Everdeen, voyons. Qui d’autre ?

6. Quels sont les trois personnages avec qui vous partiriez en vacances (tous ensemble)? 

Question difficile… mais à laquelle je vais tâcher de répondre ! 😉 Si je pouvais partir en vacances avec trois personnages (tous ensemble), ce serait :

  • Samwise Gamegie – parce que parmi tous les Hobbits, c’est lui qui me semble le plus sympathique (sans compter sa délicieuse recette de lapin aux pommes de terre ! ^^)
  • la Belle – histoire d’échanger autour de nos lectures pendant le voyage, voire même de se prêter des bouquins 😉
  • Eusèbe – parce qu’il est trop mignon ! 🙂 Non, en vrai, parce que c’est un ami indéfectible et débrouillard malgré sa confondante naïveté. Et parce qu’il est trop mignon ^^

7. Quelle est la famille qui serait votre famille d’adoption? 

Alors là, la réponse fuse sans une once d’hésitation : la famille March des Quatre filles du docteur March de Louisa May Alcott ! Ce roman est mon préféré depuis mon enfance. J’adore ces quatre filles dans lesquelles je nous retrouvais, moi et mes soeurs ; j’aime la façon dont, malgré leurs différences de caractères et les inévitables disputes qui peuvent en découler, elles restent profondément unies. Et puis Jo partage mon goût pour l’écriture comme les livres, on pourrait donc disserter pendant des heures sur ces sujets 🙂

8. Quel est le personnage avec qui vous feriez du shopping? 

Je ne suis pas une férue de shopping – sauf si c’est pour une virée en librairie. Mais si je devais effectuer des achats, ce serait avec Pyanfar Chanur. Capitaine aguerrie, elle a l’habitude de voyager dans l’espace pour commercer avec les différentes espèces. Ainsi, je profiterai autant de ses conseils que de la balade 😉 Et si la balade s’avère mouvementée, au moins serai-je entre de bonnes mains.

Chanur’s Homecoming II © Michael Whelan

9. Quel est le personnage à qui vous laisseriez choisir la musique dans la voiture? 

Jay, bien sûr. Qui d’autre pour dénicher le meilleur morceau à écouter, sur la route vers Frontier ?

10. Quel serait le personnage qui vous prêterait ses livres? 

Isaac Vainio, bibliomancien de son état et passionné de SFFF, dispose d’une bibliothèque fournie en la matière. Si un personnage devait me prêter ses livres, ce serait lui ! ^^

11. Quel est le personnage qui vous initierait au combat? 

Yoko Tsuno ! 🙂 Pratiquante de divers arts martiaux (karaté, judo, kyudo et aïkido), on ne peut rêver meilleur professeur.

Extrait de l’album n°4 Aventures électroniques

12. Quel est le personnage qui vous cuisinerait de bons petits plats? 

Aimant les plaisirs de la bonne chair chère, Nounou Ogg serait le personnage qui me préparerait des bons petits plats – ou plutôt, qui m’apprendrait à en concocter ^^ » Après tout, elle est l’auteur d’un livre de recettes ! 😉

13. Quel est le personnage avec lequel vous échangeriez votre vie pendant 24 heures? 

Thursday Next, pour avoir un aperçu de ce monde où les livres sont si précieux qu’ils ont une brigade dédiée et où les personnages de fiction mènent une vie propre. Mais juste pour 24 heures, car ce monde-là n’est pas de tout repos avec son actualité internationale (et nationale) très tendue !

14. Quel est le personnage avec qui vous accepteriez un rendez-vous galant? 

Bigby ❤ de la série Fables – autrement dit le Grand Méchant Loup. À ceci près que, dans la série, il officie comme shérif et se trouve la plupart du temps sous forme humaine. Il ne retrouve son apparence de loup (parfois de taille fort respectable) que lorsque les circonstances l’exigent ou que son tempérament lui joue des tours. Le choix de ce personnage est logique, puisque après tout, je suis amatrice de loups-garous ! 😉 Et puis, si même Blanche-Neige a fini par succomber à ses charmes – certes sauvages – c’est qu’il n’est pas si mauvais, au fond, ce loup 😉

Capture d’écran du jeu vidéo The Wolf Among Us

15. Quel est le personnage qui vous aiderait à réviser vos cours pour un examen? 

Le Bibliothécaire de l’Université de l’Invisible. Peut-être pas le meilleur comparse d’étude, mais au moins un collègue bibliothécaire (et qui aime les bananes !) 😉

Quiet please © Paul Kidby

Et vous ? Quels personnages de roman choisiriez-vous ?

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Des vampires dans la citronneraie, Karen Russell

Quatrième de couverture

Finaliste du Prix Pulitzer pour son formidable roman Swamplandia, la jeune Karen Russell, à l’imaginaire débridé, excelle dans tous les registres et s’impose une fois encore, avec ce recueil, comme un maître du réalisme magique.

Des fillettes retenues prisonnières dans une manufacture japonaise sont lentement métamorphosées en vers à soie… Une masseuse se découvre dotée d’étranges pouvoirs en manipulant les tatouages d’un jeune soldat revenu d’Irak… Deux vampires prisonniers d’une citronneraie brûlée par le soleil tentent désespérément d’étancher leur soif de sang, au risque de mettre un terme à leur relation immortelle… 

Autant de mondes parallèles fascinants, entre mythe et réalité, qui confirment la subtile extravagance et l’inventivité hors pair d’un des meilleurs écrivains de sa génération.

Mon avis

C’est la quatrième de couverture de ce recueil qui a attiré mon attention. Et je n’ai pas été déçue ! Des vampires dans la citronneraie est un superbe recueil où chaque nouvelle se situe sur cette frontière mouvante qui sépare le réalisme du fantastique. Difficile, donc, de coller une quelconque étiquette de genre sur ces textes, aussi nous contenterons-nous de celle de « réalisme magique« .

De quoi parlent ces textes ? La nouvelle d’ouverture, Des vampires dans la citronneraie, nous présente des vampires qui cherchent à étancher leur soif inextinguible à l’aide de citrons. On trouve d’emblée le cadre réaliste (l’Italie contemporaine) et la touche fantastique (les vampires), bien que les créatures aux dents longues en question n’aient que peu de rapport avec celles du folklore. L’histoire est à l’image des citrons : acidulée, tirant même sur l’amer. Karen Russell a su bien rendre la quête de ces êtres pour apaiser leur soif.

Vient ensuite un texte plus dérangeant. De la soie pour l’Empire met en effet en scène des jeunes filles japonaises qui se métamorphosent lentement en vers à soie. Métaphore de l’exploitation des ouvriers par l’industrie (qu’il s’agisse de celle des animaux ou de celle des hommes), ce très beau mais très perturbant texte témoigne d’une capacité à brosser de subtils mais forts portraits de femmes. De fait, le dérangement finit par disparaître pour laisser place à un final superbe.

Alors que la nouvelle précédente laisse quand même une impression positive, Une armée de mouettes à Strong Beach, 1979 va nous entraîner sur la pente inverse. Le langage de l’auteur se fait ici plus proche de la voix interne du narrateur, Nal, un jeune ado qui a vu sa seule porte de sortie vers un avenir meilleur lui être claquée au nez. Il découvre par hasard un nid formé par les mouettes qui envahissent la plage lors de cet été morne. Nid fabriqué à partir de tickets, coupons, et autres menus objets qui sont pourtant autant de facteurs d’influence majeurs sur la destinée des habitants. Une armée de mouettes à Strong Beach, 1979 nous glisse habilement dans la peau de ce garçon affligé par un avenir aussi obscur que morose.

La Fenêtre de la Hox River nous emmène cette fois au temps de la colonisation des Etats-Unis. On y suit la quête acharnée de colons pour obtenir un titre de propriété sur une terre plus que rétive à leur permettre de subvenir à leurs besoins. Très peu de surnaturel dans ce texte, cette fois, voire même pas du tout, malgré certains passages oniriques. Mais cela n’empêche pas la nouvelle de transmettre l’espoir qui confine à la folie de ces personnages qui cherchent à devenir propriétaires de leur terrain, aussi aride soit-il.

La Grange à la fin de notre mandat offre une petite pause bienvenue après ces textes qui exploraient le renoncement désespéré et l’acharnement fou. D’anciens présidents américains se réincarnent en chevaux, dans une mystérieuse Grange. Une nouvelle douce-amère dans laquelle on se laisse emmener tranquillement, en souriant parfois face à ces équidés autrefois hommes les plus puissants du pays.

On continue dans le léger, mais cette fois sous le signe de l’absurde avec Règles à respecter pour soutenir son équipe dans l’Antarctique qui évoque toute une série de conseils pour les supporters des Krills – équipe qui perd systématiquement ses matches contre les Baleines. Absurde, mais aussi un peu triste.

Retour à une nouvelle très forte avec Les Nouveaux Vétérans. Je vous défie de ne pas avoir les tripes nouées en lisant ce récit d’une masseuse qui se découvre un étrange pouvoir alors qu’elle s’occupe d’un vétéran, traumatisé par la perte d’un camarade et qui porte un tatouage à sa mémoire. Le texte évoque avec brio le syndrome du stress post-traumatique mais aussi, à travers le personnage de la masseuse, le poids de certaines épreuves qui finissent par engluer dans une routine malheureuse. Les deux personnages sont construits très finement et le pouvoir de Beverly, la masseuse, va peut-être pouvoir aider ces deux êtres à retrouver une sérénité d’esprit. Peut-être.

On poursuit dans l’émotion avec La Marionnette sans sépulture d’Eric Mutis qui a pour personnage principal et narrateur un adolescent bagarreur. Habitué à harceler d’autres élèves, Larry et ses amis vont un jour faire une étrange découverte : quelqu’un a attaché à un arbre une marionnette grandeur nature à l’effigie de l’une de leurs anciennes victimes, qui a quitté la ville depuis. Dans ce texte final, l’auteur donne de la voix à ces terreurs de cour d’école. Et, au final, confronté à cette imitation sans vie d’Eric Mutis, Larry va réaliser à quel point il cherche une rédemption – en vain.

Huit textes, huit parcours de personnages aux vies désespérées lancés dans une quête du bonheur qui n’aboutira pas forcément. Huit nouvelles qui se trouvent à mi-chemin entre l’émerveillement et l’effroi et qui, servies par une plume maîtrisée, offrent au regard du lecteur l’exploration de ces failles qui hantent l’humain.

Un bijou acide, adouci par une pointe de sucre.

Éditions Albin Michel, 303 pages, 2017