Éclosion t. 2 : Infestation, Ezekiel Boone

Quatrième de couverture

Il y a d’abord eu la nuée noire qui a englouti un homme, les irrégularités sismiques qui ont intrigué les scienti­fiques en Inde, la bombe atomique que la Chine a, de façon incompréhensible, lancée sur son propre territoire. Puis le laboratoire de la zoologue Melanie Guyer a reçu un colis contenant un mystérieux sac d’oeufs. Personne ne se doutait encore que, du jour au lendemain, la Terre serait consumée par des araignées tueuses en sommeil depuis des millénaires.
Très vite, Los Angeles n’est plus qu’un champ de ruines. New Delhi, une rumeur. Quant à Paris… Ravalée au rang de simple maillon dans une chaîne alimentaire dominée par le plus puissant prédateur que la nature ait connu, l’humanité semble avoir rejoint le contingent des espèces en voie de disparition.
Malgré l’ampleur des dégâts, politiques, scientifiques, survivalistes, bons pères de famille, tous tentent de s’or­ganiser pour lutter contre la menace. Quand, soudain, contre toute attente, les araignées semblent se retirer et mourir. L’humanité serait-elle sauvée ? N’y aurait-il plus qu’à panser les plaies du plus grand fléau de l’histoire ?

Mon avis

SPOILER ALERT : cette chronique concerne le second tome de la trilogie Éclosion. Elle contient donc des spoilers du premier volume. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous conseille de revenir lire la critique après votre lecture (mais sachez que le tome 2 est aussi bon que le 1 ! :))

Après un premier tome terrifiant à souhaits, Ezekiel Boone poursuit sa trilogie arachnéenne avec Infestation. L’humanité se remet difficilement de la première vague d’attaque des araignées – pour rappel, une espèce atavique est sortie d’un sommeil millénaire, espèce qui a la particularité de se déplacer par groupes de milliers d’individus et dont les habitudes alimentaires se réduisent strictement au sang et à la chair d’êtres vivants.

Le tome 1 s’était achevé sur la constatation horrifiée par Melanie que ce n’est que la première vague d’une invasion. Le tome 2 va prendre le temps avant de nous donner un aperçu d’à quoi ressemblera cette fameuse seconde vague. Les personnages survivants se trouvent là dans l’oeil du cyclone, ils le savent confusément, le lecteur le sait, et la tension reste donc de mise.

Tous se préparent, comme ils le peuvent, au monstrueux visage que prendra la suite de l’invasion de ces araignées mangeuses d’hommes. Comme dans le premier tome, l’auteur se plaît à alterner entre différents personnages, laissant planer l’incertitude quant à leur devenir – plusieurs ne verront d’ailleurs pas la fin du tome 2, ou bien seront dans une posture telle que leur sort est scellé.

Cependant, quelques progrès sont réalisés dans la connaissance de cette nouvelle espèce d’araignée et dans les moyens de lutte. L’espoir reste donc à l’horizon malgré les mesures parfois radicales prises par des gouvernements pour endiguer l’invasion. Au passage, ce second tome peut rentrer dans la catégorie post-apo en raison du bouleversement complet de la civilisation humaine face à ce prédateur aussi redoutable qu’inattendu.

C’est donc un second volume sans temps mort, que j’ai dévoré avec autant d’avidité que le premier. Les frissons, s’ils sont un peu moins intenses du fait que la majorité de l’intrigue se déploie dans l’oeil du cyclone, restent présents. L’auteur dose bien la dissémination d’indices pour la menace suivante (qui devrait se dévoiler complètement dans le tome 3), laissant ainsi le lecteur comme ses personnages aux aguets.

Avant une partie finale qui vous laisse complètement transi d’horreur, avec un chapitre en particulier… j’en tremble encore ! Le tome 3 s’annonce encore plus terrifiant que le premier et je ne saurai que trop vous recommander cette trilogie si vous êtes en mal de littérature horrifique. Arachnophobes, cela va sans dire, passez votre chemin ! ^^ »

Éditions Actes Sud, 383 pages, 2018

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Point Plume – Mai

Photo CC0 by Clark Young via Unsplash

Nous voilà déjà en juin ! Le mois de mai est passé trop rapidement à mon goût mais il est temps à présent de faire le bilan pour ce mois d’écriture. Ce sera assez court, car en mai, avec les jours fériés, j’ai eu pas mal d’occupations qui m’ont tenue éloignée de mon clavier 🙂

Écriture

J’ai avancé sur le 1er jet de TCDF, à petits pas certes mais avancé quand même. J’ai également préparé LSDC en vue des corrections, auxquelles je compte m’attaquer bientôt. Fraise sur le gâteau (je n’aime pas les cerises :p), j’ai également entamé la rédaction d’une nouvelle pour l’AT Sport et loisirs de Rivière Blanche ! ça n’était pas prévu au programme mais retourner au format court entre deux séances de travail sur le format long m’a fait un bien fou ! 🙂

Prévisions pour juin

Le programme sera volontairement léger, mon planning en juin (hors écriture, s’entend) étant bien rempli. Il sera identique à celui de mai, ou presque, à savoir : outre la poursuite de la rédaction du 1er jet de TCDF, entamer les corrections de LSDC.

Objectif final : boucler le 1er jet en juillet (car en juillet c’est Camp NaNo ! :)) et boucler les corrections (pas de TCDF, celles de LSDC) avant septembre !

La sirène et la licorne, Erin Mosta

Quatrième de couverture

La Licorne, c’est Lili, passionnée de cinéma et d’effets spéciaux. La Sirène, c’est Cris, prête à tout risquer pour naviguer. Toutes les deux cachent une blessure… Elles ont un été pour se reconstruire, se découvrir et s’aimer.

Mon avis

La Sirène et la licorne se déroule le temps d’un été et c’est justement une lecture idéale pour cette période même si, à mon sens, il peut se lire n’importe quand ! Ce petit roman pour adolescents et jeunes adultes fut pour moi une véritable petite douceur, une histoire aussi plaisante à lire que réchauffant le coeur.

Mais je commence ma chronique à l’envers. Lili a 17 ans, des cheveux multicolores et la passion des effets spéciaux. C’est elle qui nous raconte l’histoire. On comprend très vite que si elle passe l’été chez sa tante, au bord de la mer, c’est avant tout pour fuir le harcèlement de ses pairs. Harcèlement dont elle a été particulièrement victime sur les réseaux sociaux. Pourquoi ce déchaînement, on le saura plus tard, mais déjà cela m’a plu que le roman aborde ce sujet.

Au cours de cet été, Lili rencontre Cris, passionnée de voile mais qui a du renoncer à son sport favori à la suite d’une blessure. Entre ces deux jeunes filles en reconstruction va se nouer une relation qui les aidera, l’une comme l’autre, à aller de l’avant.

Sous sa couverture rose bonbon et sa jolie illustration, La Sirène et la licorne aborde avec beaucoup de tendresse, de douceur mais aussi de justesse, certains affres de l’adolescence tels que le harcèlement ou la pression familiale, mais avant tout la naissance d’un amour. La plume est délicate, le personnage de Lili très attachant par ses goûts hors normes (j’ai adoré les passages où elle fabrique son faux sang ou maquille Cris) comme son enthousiasme maladroit.

La Sirène et la licorne, c’est livre bienveillant, une lecture doudou que j’ai parcourue avec délice et que je vous recommande plus que chaudement !

Éditions Rageot, 268 pages, 2018

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres t. 1, Emil Ferris

Quatrième de couverture

Chicago, fin des année 1960. Karen Reves, dix ans, admire les fantômes, les vampires et les morts-vivants. Elle s’imagine même être un loup-garou : plus facile, ici, d’être un monstre que d’être une femme. Le jour de la Saint Valentin, sa séduisante voisine, Anka Silverberg, se suicide d’une balle dans le cœur. Mais Karen n’y croit pas et décide d’élucider cette mort suspecte. Elle va vite découvrir qu’entre le passé d’Anka dans l’Allemagne nazie, son propre quartier prêt à s’embraser et les drames tapis dans l’ombre de son quotidien, les monstres, bons ou mauvais, sont des êtres comme les autres, ambigus, torturés et fascinants.

Mon avis

J’aurais mis des mois à rédiger cette chronique. Non pas parce que je n’ai pas aimé (je ne chronique pas les livres que je n’ai pas aimé), bien au contraire, encore moins parce que je ne savais pas quoi raconter. Non, si j’ai mis autant de temps, c’est parce que Moi, ce que j’aime, c’est les monstres a été un tel coup de coeur, contient une telle richesse – tant sur le fond que sur la forme – que je ne savais pas par quel bout commencer ma chronique. Sans compter la désagréable sensation de me dire que quoi que j’écrive, ma chronique ne suffirait pas à souligner toutes ces richesses contenues dans ce roman graphique. Mais je ne veux pas laisser cette chronique traîner plus longtemps, il faut donc se lancer !

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres a fait partie de mes coups de coeur de la fin de l’année 2018. C’est un roman graphique dense (le premier volume fait plus de 400 pages !). Très dense. Mais il m’a tellement envoûtée que je l’ai lu en une après-midi, ne le lâchant qu’à grand-peine pour me sustenter. C’est dire si je me suis laissée prendre au récit ! Parlons du fond de l’histoire, justement. Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, c’est en fait le journal dessiné de Karen, une fillette de dix ans passionnée par les films d’horreur et leur macabre mythologie. Le jour où sa voisine meurt, soi-disant d’un suicide, Karen décide de mener l’enquête. Dès lors, nous suivons deux histoires parallèles : celle de Karen, la petite fille qui se sent différente au point de se représenter en loup-garou et celle d’Anka, survivante de la Shoah et de monstres bien humains, ceux-là. Car au fil du récit, on découvre que les camps de la mort ne sont pas les seuls enfers qu’a connu Anka. Le personnage de Karen, à travers lequel nous découvrons toute l’histoire, est attachant par sa conscience d’être à part sans vraiment encore avoir une idée précise du pourquoi. De la même manière que, lorsqu’elle fouille dans le passé d’Anka, elle retrace dans son journal la vision qu’elle a des épreuves traversées par sa voisine. Mais nous, adultes, percevons avec netteté l’horrible réalité qui se cache derrière ce regard d’enfant. Un regard d’enfant pas si innocent que cela, à vrai dire. Karen, malgré son attrait pour l’horreur, ne sait déjà que trop bien que derrière ses pairs peuvent se cacher ses plus pires peurs.

Karen évolue également dans une situation familiale particulière. Un père absent, une mère aimante mais superstitieuse et un frère artiste, séducteur, aux activités louches. Un frère adulé par Karen et pour cause, il aide sa soeur à développer son regard artistique. Vous l’aurez compris, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres fourmille de thèmes. Que ce soit la famille, le Chicago des années 60, l’émergence d’une véritable artiste, la différence, la Shoah, la prostitution enfantine, la délinquance, de nombreux thèmes sont abordés. L’autrice ne cherche jamais à atténuer son propos lorsqu’elle aborde les sujets les plus graves, les plus noirs. Mais elle reste fidèle à ce regard d’enfant. Ainsi, lors des passages où Anka raconte son passage dans un établissement qui prostitue des enfants, l’horreur transparaît à travers les récits mythologiques que lui conte une autre enfant – avec au passage une vision originale de Méduse. Malgré ces enjolivements, le propos reste glaçant car la vérité saute aux yeux, à peine cachée.

On pourrait croire que Moi, ce que j’aime, c’est les monstres est une oeuvre sombre, difficile à lire. Mais si les thèmes abordés ne sont pas faciles, le fait que tout soit vu par le regard de Karen apporte une bouffée d’air bienvenue. Karen a beau être une fillette consciente de ce qu’elle est, du « monstre » que peuvent voir en elle d’autres personnes fermées d’esprit, elle dessine dans son journal sa façon de voir les choses. Une façon qui montre l’artiste déjà présente en elle. Une façon imprégnée par son amour pour les films et revues d’horreur, par son imagination débordante, par ses visites de musées. Les pages où elle reproduit des tableaux vus avant d’en recréer une version bien à elle sont particulièrement saisissantes !

Bien sûr, ce journal dessiné ne serait pas aussi plaisant si l’autrice n’était pas dotée d’un tel talent. Moi, ce que j’aime, c’est les monstres a été entièrement réalisé à l’aide de stylos bille de couleur. Le rendu est superbe, mêlant un réalisme et un détail bluffants !

Par ailleurs, je ne peux séparer l’oeuvre de sa genèse. Car ce roman graphique fait partie de ces oeuvres dont l’histoire mouvementée participe à ses qualités. Emil Ferris, l’autrice, travaillait comme illustratice et avait en tête le personnage de Karen depuis des années. Un jour, elle contracta le virus du Nil occidental suite à une piqûre de moustique. Elle se retrouve hospitalisée, frôle le pire, se réveille en partie paralysée. Les médecins sont dubitatifs quant à ses chances de retrouver ses mouvements. En guise de thérapie, Emil Ferris s’inscrit dans une école de dessin. C’est là, toujours dans le cadre de sa reconquête de sa mobilité, qu’elle dessinera Moi, ce que j’aime, c’est les monstres.

Pour terminer, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres est un pur chef-d’oeuvre. Le genre de récit dense mais accessible, pétri d’horreur comme de mythologie et d’art, un récit plein de tendresse pour son personnage principal, un récit qui rappelle que les véritables monstres, loin d’être ces créatures fantastiques si présentes dans les histoires d’horreur, se cachent le plus souvent sous un masque bien humain.

J’attends avec une vive impatience la suite de ce bijou et ne peux que vous en recommander la lecture ! Vous pouvez lire les premières pages ici si vous souhaitez avoir un premier aperçu de l’histoire avant de vous lancer plus avant.

Éditions Monsieur Toussaint Louverture, 416 pages, 2018

Point Plume – Avril

Photo CC0 by Clark Young via Unsplash

Je sais, le Point Plume du mois d’avril arrive en retard ! Mais ainsi il reflète bien l’avancée de mes écrits, car là aussi j’ai pris du retard ^^ » Il faut dire qu’avril fut marqué par une surcharge de travail côté casquette de bibliothécaire avec le lot de fatigue et de stress qui va avec (créér un service, ce n’est pas de tout repos !) ainsi que par des soucis de santé. Du coup, je n’ai pas pu suivre aussi bien le planning d’écriture que je m’étais fixé.

Écriture

J’ai terminé le Camp NaNo avec 8087 mots au compteur au lieu des 15 000 annoncés, soit un peu plus de la moitié de l’objectif atteint. Sur ces 8087 mots, plus de 2000 sont la rédaction de la nouvelle que je comptais soumettre à l’AT Halloween de la revue Gandahar. Je ne l’aurais finalement pas terminée à temps, mais je la garde sous le coude car je sais où la soumettre ensuite. Le 1er jet de TCDF a progressé un peu lui aussi, mais pas autant que je l’avais prévu. Quant à la nouvelle pour l’AT Time Travel, mon idée n’a pas voulu se développer alors j’ai laissé tomber.
Bref, un bilan en demi-teinte pour ce mois d’avril.

Prévisions pour mai

Outre mettre le paquet sur le 1er jet de TCDF, je compte préparer les corrections de LSDC. Et ce sera déjà pas mal car malgré les jours fériés qui émaillent le mois de mai, j’ai plusieurs autres activités qui me prendront du temps 😉