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Fairest : Les Belles et la Bête, Bill Willingham

fairest_belles_beteQuatrième de couverture

Parmi la galerie de personnages féériques que compte la communauté des Fables, il en est un des plus énigmatiques : le Miroir Magique. Sa grande discrétion n’a d’égale que son omniscience, car bien qu’isolé dans l’un des bureaux de Fableville, le Miroir Magique voit tout, sait tout mais ne révèle ses secrets qu’à de très rares occasions. Aujourd’hui, il consent à nous raconter l’une de ses histoires, celle de Cendrillon et de l’incroyable enquête qui la mena sur les traces du plus dangereux assassin que les Royaumes aient connu.

Mon avis

Avant de commencer la chronique de ce volume de Fairest, la série spin-off de Fables, je rappelle que si vous n’êtes pas à jour de la série-mère, la chronique contient des spoilers. En effet, Les Belles et la Bête se situe chronologiquement après le volume 22 de Fables. Vous êtes donc prévenus !

Bien que non numéroté, ce volume du spin-off Fairest se situe entre les tomes 4 et 5. En tout cas, il est préférable de lire avant le tome 5, ce dernier évoquant les événements qui ont lieu dans Les Belles et la Bête.

Deux intrigues parallèles – mais qui finissent par se rejoindre – ont cours dans ce volume qui a ceci de particulier que chaque chapitre est dessiné par un artiste différent. L’effet est plutôt sympa et rappelle 1001 nuits de neige, la préquelle de la série-mère. La première intrigue, racontée sous la forme d’un texte illustré, suit le Miroir Magique. C’est lui qui raconte l’intrigue principale, depuis les Bureaux qui ont été perdus suite au combat contre Mister Dark.

La seconde intrigue, la principale donc, nous voit suivre une fois de plus Cendrillon. Celle-ci est chargée d’enquêter sur un tragique double meurtre : celui de Morgane (la fameuse fée du mythe arthurien) et de Mme Ford (une femme qui avait le don de prédire la mort imminente de son interlocteur). Or, Cendrillon est bien plus douée comme espionne que comme détective et le mystère s’épaissit lorsque les corps de Mlle Lune et de Rose-Rouge sont retrouvés et que l’unique témoin, le Renart, affirme que c’est Blanche Neige la coupable. Celle-ci aurait-elle succombé à la folie après la perte de son mari et de deux de ses enfants ? Débrouiller les fils de ces meurtres, les premiers d’une longue série qui ne touchent quasiment que les plus jolies filles des Royaumes, va être une tâche complexe pour Cendrillon !

Sous la forme d’une enquête à rebondissements, entrelacée du récit du Miroir, Les Belles et la Bête est un excellent cru de Fairest. Il permet en effet de faire revenir un antagoniste que l’on avait laissé pour mort dans la série-mère – mais les Fables étant, comme on le sait, potentiellement immortels selon leur popularité chez les communs, le doute restait permis ! Cendrillon, malgré ses difficultés, fait face avec son entrain habituel à la tâche. Et, pour couronner le tout, on a droit à quelques révélations sur la vie passée d’Églantine (la Belle au Bois Dormant) ainsi qu’à la découverte de l’épée Regret. Le tout, entrecoupé du récit du Miroir dont la voix nous manquait !

Les Belles et la Bête est donc une nouvelle et passionnante aventure de Cendrillon que je ne peux que vous recommander, surtout si vous aimez le personnage ! 🙂 Et cette fois, le spin-off n’aura jamais aussi bien porté son nom puisqu’il sera question de ces célèbres personnages de conte célébrés pour leur beauté 😉

Éditions Urban Comics, 160 pages, 2015

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Publié dans Bibliothèques, Monde du livre

La bibliothèque, la nuit : une visite virtuelle de bibliothèques

Photographie Stéphane Bourgeois (courtoisie Ex Machina)

Du 16 mai au 13 août 2017 à Paris, puis du 20 septembre 2017 au 7 janvier 2018 à Nantes, s’est tenue l’exposition La Bibliothèque, la nuit. Une exposition qui avait ceci de particulier qu’elle se présentait sous la forme d’une visite virtuelle. Chaque visiteur pénétrait dans une pièce meublée à la manière d’une ancienne salle d’étude et se voyait remettre un casque de réalité virtuelle. Une fois celui-ci enfilé démarrait une visite virtuelle de dix bibliothèques – réelles ou fictionnelles.

L’exposition, créée par Robert Lepage et sa compagnie Ex Machina, porte le même titre qu’un ouvrage d’Alberto Manguel et, de fait, elle a été inspirée par celui-ci. L’auteur accompagne d’ailleurs les visiteurs puisqu’il narre les explications qui illustrent chaque bibliothèque. J’ai eu l’occasion de visiter l’exposition et j’ai beaucoup apprécié cette promenade virtuelle, d’autant plus que certaines des bibliothèques visitées avaient été évoquées sur mon blog, dans ma série de billets sur les bibliothèques du monde (série qui, bien qu’en dormance, sera réactivée cette année).

Le livre à l’origine de l’exposition

Dix bibliothèques, disais-je donc. Petit tour d’horizon. Une fois le casque en place, l’exposition démarre. On se retrouve projeté dans une forêt et, en tournant la tête, on
constate que l’on est non seulement entouré d’arbres, mais aussi de symboles. Chaque symbole équivaut à une bibliothèque.

L’avantage de la réalité virtuelle permet de se déplacer tant dans l’espace que dans le temps, et même dans l’imaginaire ! Ainsi, les visites des bibliothèques de Sainte-Geneviève (Paris), de José Vasconcelos (Mexico, Mexique), de l’abbaye d’Admont (Autriche) et du temple Hase-dera (Kamakura, Japon) offrent une balade très réaliste. J’ai particulièrement aimé celle au temple, qui offrait un espace relaxant avec ses ouvertures sur des zones de verdure et son atmosphère sereine. J’ai aussi beaucoup apprécié de découvrir, comme en vrai, la bibliothèque de l’abbaye d’Admont, avec quelques ecclésiastiques qui allaient et venaient pour consulter des ouvrages, sans prendre ombrage de mon invisible présence. Pour chacune, la narration d’Alberto Manguel offrait un éclairage sur son histoire et son architecture passionnant.

La visite de la bibliothèque du Congrès de Washington DC (États-Unis) se présentait sous une forme qui permettait de bien voir les peintures qui illustrent le plafond de celle-ci, ainsi que leur symbolique, fortement liée au lieu. À la manière d’une plate-forme descendante, je me voyais démarrer tout contre le plafond avant de descendre petit à petit vers le sol, d’où le détail des peintures n’étaient plus aussi facilement visible.

La bibliothèque du parlement d’Ottawa (Canada) présentait, quant à elle, un ouvrage en particulier, de très grande taille, consacré aux oiseaux. À chaque page tournée par la bibliothécaire, un oiseau de l’espèce décrite se mettait à voleter sous le haut plafond, jusqu’à ce que l’espace soit saturé de cris d’oiseaux, avant qu’un gardien de nuit ne vienne mettre un terme à ce vacarme. Une façon fort plaisante de mettre en avant un des trésors conservés dans cette bibliothèque, sans avoir à faire le déplacement ! 🙂

Extrait du film sur la bibliothèque du parlement d’Ottawa (Canada) Photographie BnF

En revanche, deux visites permettaient au visiteur de se déplacer tant géographiquement que chronologiquement. Deux visites liées par un point commun : la destruction. Il s’agit des bibliothèque de Sarajevo (Bosnie) et celle d’Alexandrie (Égypte). Concernant Sarajevo, la visite nous emmène au temps de la guerre, lorsque la bibliothèque fut détruite par un incendie. La visite, qui offre une vue de l’intérieur de la bibliothèque disparue (reconstruite depuis) présente également, à travers les vitres, le passage de tanks, d’ambulance et d’une population terrifiée. Par-dessus tout cela s’égrènent les notes d’un violoncelle, joué par un homme qui n’a cessé d’utiliser son instrument durant tout le siège de la ville. L’étrange déséquilibre entre cette musique classique et le chaos, en son comme en images, qui règne au dehors et finit par gagner le bâtiment devenue la proie des flammes, crée un certain malaise. Le même malaise revient lorsque, plongée avec bonheur dans les rayonnages couverts de volumen de la célèbre et mythique bibliothèque d’Alexandrie, je me suis soudainement retrouvée environnée de flammes.

Heureusement, mêler l’espace au temps n’est pas forcément synonyme de guerre ou d’incendie. Ainsi, la visite de la bibliothèque de Copenhague (Danemark) offre une juxtaposition des visiteurs passés, sous la forme de figures fantomatiques, à ceux, fort rares, du temps présent. Une illustration de la différence de fréquentation des lieux, en reflet avec les différences de pratiques de lecture d’autrefois et d’aujourd’hui.

Enfin, il est une visite virtuelle qui nous entraîne au coeur d’une bibliothèque fictionnelle : celle du Nautilus, le fameux sous-marin du capitaine Nemo dans Vingt-mille lieues sous les mers de Jules Verne. Toute en noir et blanc, avec des personnages aussi vivants que s’ils avaient été de chair et de sang, la visite de cette bibliothèque m’a donné la sensation grisante d’avoir plongé dans l’une des gravures illustrant le livre ! 🙂

Pour les passionnés de livres et de bibliothèques, La Bibliothèque, la nuit était donc une exposition permettant de réaliser un rêve, grâce au casque de réalité virtuelle. J’ignore si l’exposition sera de nouveau proposée et, si c’est le cas, dans quelle ville, mais si cela devait arriver, je ne peux que vous la recommander !

Bande-annonce

Publié dans Pêle-mêle

[Le mardi c’est permis !] Challenge Séries : bilan 2017

En 2017, je me suis essayée pour la première fois au challenge Séries. Le principe ? Regarder un certain nombre de séries télévisées, toutes saisons confondues, sur une année (pour les règles précises, je vous invite à jeter un oeil par ici).

Je n’ai pas réussi ce challenge et je ne pense pas réitérer l’expérience cette année, mais cette première participation m’a cependant permis de découvrir quelques pépites tout en me mettant un peu à jour sur d’autres séries que je voulais voir depuis un moment. C’est donc une bonne expérience que, je pense, je renouvellerai à l’occasion ! 🙂

Voici donc mon bilan pour le challenge Séries 2017 !

The OA

Prairie réapparaît après 7 ans de disparition. Et, miracle, elle n’est plus aveugle ! Mais elle refuse de raconter ce qui lui est arrivé. Sauf à cinq personnes, quatre adolescents et une professeur.
Située au carrefour de différents genres, se plaisant à brouiller les pistes comme les cartes et les codes, The OA aura été LE coup de coeur 2017 pour moi côté série (avec Dirk Gently). Sa première saison avait d’ailleurs fait l’objet d’un billet sur le blog. La seconde saison a entamé son tournage ce mois-ci, inutile de dire que j’ai hâte de la découvrir ! 🙂

Travelers : Les Voyageurs du temps

Cinq personnes remontent le temps, d’un futur lointain et misérable à notre trépidant XXIe siècle. Mais seule leur conscience effectue le voyage et est transférée dans le corps d’une personne peu de temps avant que celle-ci ne décède.
Voilà le pitch de cette série passée plus ou moins inaperçue. J’ai avalé sa première saison en 2017, visionné sa seconde il y a peu et j’ai apprécié cette façon originale de traiter le voyage dans le temps. J’ai d’ailleurs chroniqué la première saison sur Futurs Présents, si vous souhaitez en savoir plus.

3%

Dans un futur plus ou moins proche. Seuls 3% de la population bénéficient d’une bonne qualité de vie (confort de vie, soins médicaux, technologie de pointe), sur une île artificielle. Le reste survit dans un gigantesque bidonville. Mais, chaque année, les jeunes ayant fêté leur 20 ans peuvent prétendre au Processus de sélection. Seulement 3% d’entre eux parviendront à en franchir toutes les épreuves et obtiendront le précieux ticket d’entrée sur l’île.
Là encore, j’ai chroniqué la première saison sur Futurs présents. Même si j’ai trouvé que cette dystopie brésilienne traitait d’un sujet plutôt convenu, sa façon d’aborder le sujet est rafraîchissante et son casting la hisse aussi vers le haut. Bref, je serai curieuse de connaître la suite !

Crazyhead

Amy souffre d’un trouble psychiatrique : elle voit certaines personnes comme des êtres démoniaques. Sa rencontre avec Raquel va complètement chambouler sa vie. Car Raquel possède le même « pouvoir » qu’elle et elle, elle sait de quoi il s’agit. Auto-proclamée chasseuse de démons, Raquel entraîne Amy dans une série d’aventures aussi dangereuses qu’ébouriffantes.
Mélange de Buffy contre les vampires et Misfits, Crazyhead m’a plu par ses personnages féminins hauts en couleur mais m’a perdue par ses dialogues vulgaires et parfois même au ras des pâquerettes. La série n’aura malheureusement pas d’autres saisons mais si vous êtes nostalgique de Buffy, elle peut valoir le coup d’oeil sans pour autant se hisser à la finesse des dialogues de celle-ci.

Freaks and Geeks

Année scolaire 1980-1981. Lindsey entame sa dernière année de lycée tandis que son frère Sam intègre la première année (équivalent de la 3e en France, aux États-Unis, le lycée dure 4 ans). Lindsey s’intègre au groupe des Freaks, des rebelles que l’on peut aussi qualifier plus ou moins de losers, tandis que Sam appartient au clan des Geeks, ces fans de SF et de technologie nuls en sport. Une année où chacun va évoluer.
J’avais depuis longtemps envie de découvrir cette série et le challenge m’en a donné l’occasion ! Elle n’a malheureusement qu’une seule saison mais elle vaut vraiment le coup d’oeil. C’est, je pense, l’une des meilleures séries à traiter des années lycées. Les personnages sont tous justes, les situations sentent le vécu et, cerise sur le gâteau, c’est un des rares (très rares) cas où les acteurs ont quasi le même âge que les personnages qu’ils interprètent. Le casting est d’ailleurs une petite merveille, puisqu’il est composé d’une brochette de jeunes acteurs qui faisaient alors leurs premiers pas devant la caméra et ont, depuis, fait bien du chemin ! On aura ainsi le plaisir de découvrir les bouilles juvéniles de James Franco, Linda Cardellini, Jason Segel et même, dans une courte apparition, Shia Labeouf ! Ajoutez à tout cela de la bonne musique, la nostalgie 80s et vous aurez une série qui réalise un sans-faute !

Dirk Gently, détective holistique

Une scène de crime inexplicable, une jeune fille disparue, un chien en vadrouille, un chat que tout le monde cherche. Todd, dont la vie était bien morne jusque là, se retrouve embrigadé dans une enquête complètement barrée à la suite de Dirk Gently, détective holistique.
Mon second coup de coeur de l’année 2017 ! 🙂 J’ai adoré cette série aussi loufoque que vitaminée, qui manie le suspense et le sens du WTF? avec célérité ! J’avais d’ailleurs réalisé un billet sur la saison 1. Quant à la saison 2, je l’ai dévorée récemment et elle aura droit elle aussi à son petit billet sur le blog ! 🙂

Doctor Who Firefly

(Switch/Rewatch)
J’ai entamé le challenge en comptant visionner l’intégralité de Doctor Who (nouvelle version, s’entend, sinon ç’aurait été un très, très gros morceau ! ^^ »). Mais comme je partais du milieu de la saison 1, que ce n’était pas la seule série très en retard que j’avais dans ma liste et que, de surcroît, je me suis piquée d’un énième revisionnage de Firefly, j’ai fini par profité de l’option Switch/Rewatch pour remplacer Doctor Who par Firefly (les règles stipulent qu’on peut le faire une seule fois). Mon rattrapage de Doctor Who est donc remis à plus tard, car oui, je compte bien tout visionner, j’adore cette série SF so british !
Quant à Firefly, inutile de vous expliquer pourquoi j’ai eu envie de replonger (avec délices) dans cette série, je l’avais déjà fait dans ce long article 😉

Ascension

En 1963, un vaisseau spatial intergénérationnel est secrètement lancé. Le but ? Un voyage de 100 ans vers une planète destinée à être colonisée. 50 ans après le départ, alors que le vaisseau Ascension approche le point de non-retour, un meurtre est commis à bord. Au fil de l’enquête, l’ensemble de la micro-société qui vit à bord du vaisseau va s’interroger sur le but véritable de l’expédition.
Mini-série de 6 épisodes seulement, Ascension vaut le coup d’oeil. Mariant la SF à l’esthétique 60s, Ascension propose plus qu’une banale enquête policière. Elle passe à la loupe les contraintes qu’impliquent une société vivant dans un espace clos et à dimensions réduites, l’impact que cela peut avoir sur les relations humaines, tout en évoquant une population qui n’a pas connu les différentes évolutions de l’Histoire, étant coupée de la Terre. Elle interroge aussi sur la conquête spatiale. Cerise sur le gâteau, on retrouve l’actrice Tricia Helfer (alias Numéro 6 dans Battlestar Galactica). La série n’ayant jamais connu de suite, la fin reste ouverte mais, pour ma part, je ne l’ai pas trouvé si frustrante que ça. Les possibilités qu’offrent cette fin en appellent en effet à l’imagination sans pour autant priver les spectateurs du bouclage de certains arcs narratifs. En bref, Ascension possède certains défauts qui l’éloignent du statut de série SF culte mais dispose de quelques qualités qui méritent qu’on y jette un oeil curieux. En tout cas, je m’y suis laissée prendre 🙂

Angel

Grande fan de Buffy contre les vampires, je n’avais jusqu’alors jamais regardé la totalité de son spin-off, Angel. Et pour cause, je n’ai jamais été très fan du personnage (#TeamSpike). J’avais bien visionné par curiosité les premiers épisodes mais rapidement décroché. J’ai voulu profiter du challenge pour me mettre à jour car, après tout, les deux séries se sont offert quelques épisodes cross-over et je voulais les voir. Par ailleurs, on m’avait promis le retour de mon vampire préféré.
À la fin de l’année 2017, j’en étais arrivée à l’épisode 7 de la saison 3 et je pense que je vais arrêter là les frais. Je n’accroche toujours pas. Certes, certains épisodes m’ont bien plu (notamment ceux se déroulant à Pylea). Des personnages se sont attirés ma sympathie (Doyle, Fred, Lorne), Cordelia poursuit l’évolution qu’elle avait amorcé dans la série-mère et Wesley bénéficie lui aussi d’une progression personnelle appréciable. Mais… Angel reste Angel. Spike reste aux abonnés absents (à part de brèves apparitions dans la saison 1). Et pour couronner le tout, la série est sombre. J’avais lu qu’elle s’approchait du ton des films noirs et je confirme que ce genre n’est pas du tout ma tasse de thé. De plus, l’humour de Buffy me manquait. La finesse avec laquelle la série-mère traitait de sujets universels me manquait – Angel recourant parfois, trop souvent, aux gros sabots pour les thèmes abordés. Bref, une déception mais je m’y attendais.

The Librarians : Flynn Carson et les nouveaux aventuriers

Ai-je besoin de vous présenter à nouveau cette fort sympathique série qui met en scène des bibliothécaires oeuvrant pour sauvegarder livres et objets magiques de mauvaises mains ? Le challenge Séries m’a permis d’en visionner les première et deuxième saisons, mais j’avais déjà l’intention de visionner cette série depuis les téléfilms. Le challenge n’a donc qu’été un prétexte pour me lancer 🙂 La saison 3 est en cours de visionnage, la 4 de diffusion (gasp, j’ai du retard), inutile de vous préciser que pour chacune, vous aurez un billet sur ce blog 😉

The Crown

Cette série s’attache à nous présenter la vie de la reine Elizabeth II, de son mariage à nos jours. Bien entendu, le reste de la famille royale n’est pas en reste. Servie par un casting impeccable et une reconstitution historique certes romancées, The Crown aurait même plu à la famille royale elle-même ! Recommandée par un collègue, j’ai rapidement été séduite par cette série historique, malgré son rythme lent. J’apprécie aussi le fait que tous les personnages articulent impeccablement, ainsi je n’ai même pas besoin de suivre les sous-titres anglais. Je trouve aussi que The Crown dévoile de manière intéressante de nombreux aspects de la vie de la reine, que ce soit en terme de devoirs ou de vie intime, nous présentant ainsi les coulisses de cette monarchie qui fascine encore nombre de gens aujourd’hui. Que les faits soient parfois romancés ne retire rien à l’intérêt de cette série, que je recommande plutôt aux amateurs du genre.

Odysseus

Dix ans après son départ pour Troie, Ithaque vit dans l’attente du retour hypothétique d’Ulysse. Penelope l’attend avec fidélité, résistant tant bien que mal aux différents prétendants au trône qui cherchent à prendre le pouvoir, jugeant le roi disparu irrévocablement. Quant à Télémaque, devenu un homme, il peine à s’affirmer, entre une mère étouffante et des hommes qui le considèrent encore comme un gamin car inexpérimenté au combat réel.
Inspiré du célèbre mythe, Odysseus s’attache à décrire le quotidien de la famille d’Ulysse en son absence puis les conséquences de son retour. Co-production européenne (France, Italie et Portugal), la série a souffert d’un manque de budget criant par des décors plutôt spartiates. Pour ma part, vu le sujet, j’ai trouvé que ça s’y prêtait plutôt bien. Je suis à la moitié de l’unique saison que comporte cette série. Le rythme est inégal mais je suis ravie que ce classique grec ait enfin servi de support pour une série télévisée. L’ambiance tendue qui règne à Ithaque durant l’absence d’Ulysse est fort bien rendue et le retour de celui-ci, après une absence aussi longue, est elle aussi bien traitée. Car Ulysse, après la guerre puis sa longue odyssée, doit faire face avec le poids de ses souvenirs tout comme celui des années perdues auprès des siens. Bref, j’accroche plutôt bien !

Et vous, avez-vous participé au challenge ? Quelles séries regardez-vous en ce moment ?

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La trilogie du Rempart Sud t. 2 : Autorité, Jeff VanderMeer

Quatrième de couverture

Cela fait maintenant trente années que l’on tente de percer les mystères de la Zone X, ceinturée par une frontière invisible, où tout signe de civilisation a disparu. Douze expéditions, toutes tragiquement inutiles, ont été supervisées par un organisme gouvernemental tellement secret qu’il en est quasi oublié : le Rempart Sud.
Fraîchement nommé à sa tête, John Rodriguez, dit Control, hérite d’une équipe méfiante et désespérée, d’une masse de questions, de notes secrètes et d’heures d’enregistrement étrangement anxiogènes.
Dans
Autorité, les questions d’Annihilationtrouvent des réponses. Loin d’être rassurantes…

Mon avis

[Spoiler alert : cet article critique le tome 2 de la Trilogie du Rempart Sud. Si vous n’avez pas encore lu le tome 1, vous risquez d’être spoilés sur le contenu de ce dernier !]

J’avais adoré le tome 1, que j’avais lu d’une traite. Quid de ce second volume, plus épais que son prédécesseur ? Je l’ai lu presque aussi rapidement et, pour ce second opus, je vous recommande la même chose que pour le premier : si possible, lisez-le d’une traite ! Car Jeff VanderMeer sait instiller une atmosphère. Au début, on suit Control dans sa routine d’agent venu de l’extérieur pour comprendre pourquoi le Rempart Sud ne progresse toujours pas dans son décryptage de la Zone X et, surtout, interroger les survivantes de la dernière expédition. Entre employés usés et directrice adjointe revêche, survivantes amnésiques et inscriptions surréelles, le travail n’est pas de tout repos ! On pourrait penser à une enquête façon film d’espionnage, mais ce serait oublier l’étrangeté qui nous avait saisi tout au long du premier tome… Dans Autorité, le bizarre s’avance sournoisement, jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour reculer.

Nous retrouvons également la biologiste mais dans Autorité, c’est à la voix de Control que nous avons affaire. Point de récit à la première personne comme dans Annhilitation, cependant, mais nous sommes du point de vue de cet homme qui débarque dans le Rempart Sud en n’en connaissant que les dossiers. Control, du fait de son statut, tentera un maximum de rester aussi froid et professionnel que son travail l’exige, même quand les choses commenceront doucement à prendre une tournure inexpliquée. Se mêle à cela des difficultés d’ordre familial, qui donne de l’épaisseur au personnage.

La quatrième de couverture nous promet des réponses inquiétantes aux questions d’Annihilation. J’y apporte une nuance : certaines questions trouvent en effet une réponse (voire une ébauche de réponse !). Mais pas toutes. Bien au contraire, le final d’Autorité nous laisse avec des questions supplémentaires ! La Zone X a certes laissé quelques hypothèses validées mais elle est loin d’avoir livré tous ses secrets.

En tout cas, s’il m’a semblé, au départ, moins lovecraftien dans son atmosphère que le premier opus, j’ai révisé mon jugement lorsque je suis parvenue au dernier tiers du livre. Clairement, l’auteur a réussi à me mener par le bout du nez, en faisant miroiter une résolution rationnelle, professionnelle de la situation via le travail de Control. Mais c’était sous-estimer la Zone X et ses étrangetés, tout comme le talent de l’auteur à instiller petit à petit des bizarreries jusqu’à un final à couper le souffle !

Le mystère demeure donc, même s’il commence à se lever, et j’attends avec impatience le troisième et dernier volume de cette trilogie qui, décidément, porte très bien sa qualification de new weird ! 🙂

Éditions Au Diable Vauvert, 391 pages, 2017

Publié dans Lecture

On n’est jamais bizarre sur Internet (ou presque), Felicia Day

Quatrième de couverture

Salut. Je m’appelle Felicia Day. Je suis actrice. La nana bizarre dans cette série de SF ? Mais si, vous voyez de qui je veux parler. Je ne suis jamais sur l’affiche, mais j’ai quelques chouettes scènes qui font rire les téléspectateurs. Vu que je suis rousse, je collectionne les sixièmes rôles, et j’ai pratiquement inventé l’archétype de la hackeuse mignonne mais complètement barrée. (Pardon, mais quand j’ai commencé, c’était complètement nouveau. Je vous jure.)
Je suis la scénariste, la productrice et l’actrice/hôtesse/personnalité de centaines de vidéos sur le Web. Pour de vrai. Je suis très connue par certaines personnes. Et totalement inconnue par d’autres. J’aime à penser que je suis l’objet d’une « reconnaissance situationnelle ». C’est une formulation beaucoup plus gratifiante que « célèbre sur le Net », qui me donne l’impression d’être rangée dans la catégorie du chat handicapé mental ou du gamin qui fait du Yo-Yo tout en chevauchant un bâton sauteur. Je connais cet enfant : il est superdoué. En revanche, le chat… bof.
Il y a sept ans, j’ai commencé à tourner des vidéos dans mon garage avec une caméra d’emprunt. Aujourd’hui, je jongle entre mes rôles à la télé, l’écriture, la production et la gestion d’une compagnie de vidéos Internet appelée Geek & Sundry. Je suis également une fana des médias sociaux (« accro » est mon deuxième prénom) : plus de deux millions et demi de personnes me suivent sur Twitter et je suis souvent la seule femme sur la liste des nerds les plus éminents, ce qui m’a valu de me faire introniser « Reine des Geeks » par la presse. Personnellement, je refuse d’utiliser ce titre, mais quand quelqu’un d’autre l’utilise je ne discute pas. Je le prends comme un compliment. C’est vrai, quoi ! Qui n’a jamais rêvé d’hériter d’une dynastie juste parce que c’est dans son sang ? Pas besoin de bosser. Vous êtes l’élue !

Mon avis

Felicia Day est une actrice connue pour ses rôles secondaires (voire même très secondaires), pour sa présence sur le Web et pour sa websérie The Guild, qu’elle a également produite et réalisée, entre autres activités. Bref, Felicia Day, comme elle aime à le souligner, sera célèbre pour certaines personnes et une parfaite inconnue pour d’autres. Me concernant, je la connaît pour ses petits rôles (je suis une fan de Buffy, faut-il le rappeler ? ^^) et je suis aussi plus ou moins Geek and Sundry, la chaîne Youtube qu’elle a lancée. Du coup, lorsque sa biographie, traduite en français, est parue sous format numérique, je me suis dit « pourquoi pas ? »

Eh bien ma foi, je n’ai absolument pas regretté cette acquisition ! 🙂 Je savais déjà, au vu des tweets de l’actrice, qu’elle savait faire preuve d’auto-dérision et d’humour. Cette personnalité pétillante ressort de chaque paragraphe ou presque ! C’est avec plaisir que l’on suit donc Felicia Day nous raconter son enfance atypique, son adolescence, ses débuts dans la grande industrie du cinéma et de la télévision. Loin d’avoir la grosse tête, Felicia Day ponctue son récit de photographies ou illustrations rigolotes qu’elle a elle-même sélectionné (voire même créé). On découvre donc, sourire aux lèvres, son parcours de scolarisée à domicile, son apprentissage du violon, la naissance de son addiction aux jeux vidéos et bien d’autres choses !

Sur son parcours professionnel, on apprend aussi des détails intéressants. Les difficultés de ses débuts d’actrice, son idée pour The Guild qui est restée si longtemps une idée, jusqu’à ce que quelques amies finissent par l’aider à se décider à enfin la réaliser et, surtout, à se rendre compte que son addiction au jeu vidéo avait atteint des proportions intolérables. Les difficultés à réaliser The Guild alors qu’elle n’avait que très peu de moyens, et toute la débrouille dont elle a usé pour faire de son idée une réalité. Le tout, toujours d’un ton enjoué ! Et Felicia Day ne se regarde pas que le nombril : régulièrement, elle alpague le lecteur et, lors des passages où elle évoque le travail de conception de The Guild, elle donne aussi des conseils. En tant qu’auteure, j’ai adoré sa façon d’encourager ses lecteurs à persévérer dans leurs aspirations autant que sa façon de remettre les célébrités sur un pied d’égalité avec monsieur et madame Tout-le-monde. Ainsi, elle nous raconte qu’elle-même, à ses débuts, rêvait d’être l’une de ces actrices reconnues. Et qu’au fil de ses expériences, elle s’est rendu compte que rêver, c’était bien beau, mais que ces personnes avaient travaillé dur pour arriver là où elles étaient. Et qu’elle aussi devrait travailler dur pour y parvenir. Felicia Day, en racontant les différents systèmes D utilisés pour parvenir à créer The Guild, donne aussi une belle leçon de débrouille et de persévérance.

Elle ne se contente pas non plus de rester dans l’optimisme ou la gaieté. Felicia Day ne cache rien des revers de la célébrité, même situationnelle – fans étranges et intrusifs, vie privée difficile à protéger – ni de ses propres faiblesses. Car Felicia Day reste un être humain. Souffrant d’anxiété sociale, elle a aussi connu, lors du lancement de l’entreprise Geek and Sundry, une période de stress intense. Trop intense, même, au point d’avoir vu sa santé se dégrader. Et elle ne cache rien de cet épisode.

Cette franchise, dans le ton comme dans le récit, m’a beaucoup plu. Quand j’ai refermé l’ouvrage (façon de parler, puisqu’il était numérique ! ^^), j’ai eu la sensation d’avoir achevé une longue conversation avec une bonne copine où, entre deux tranches de vie, j’aurai reçu des conseils bienveillants et encourageants pour mes écrits.

Du fait de son sujet – tout le monde ne connaît pas Felicia Day – je recommande surtout cette lecture à ceux et celles qui connaissent l’actrice. Ils ne seront pas déçus ! 🙂

Éditions Bragelonne, 250 pages, 2016