Point Plume – Juin

Photo CC0 by Clark Young via Unsplash

Juin se termine et je dois dire qu’à l’instar du mois de mai, je n’ai pas eu le temps de le voir passer ! ^^ » Il est temps de réaliser un petit point sur mes avancées scribouillesques… 😉

Écriture

J’avais pour objectif de terminer le 1er jet de TCDF ce mois-ci. Cela aurait été possible si j’avais maintenu mon rythme d’écriture mais j’ai du passer plusieurs jours, voire semaine, sans toucher à mon texte. Être écrivain, c’est aussi savoir lever le pied quand son bien-être l’exige. Il arrive, parfois, des événements qui nécessitent de quitter son texte en cours, un temps, afin de se recentrer sur d’autres choses, ou de se laisser du temps pour soi, pour se remettre. C’est la leçon que j’avais apprise l’an dernier : m’écouter, et je l’ai appliquée durant ces circonstances, où je sentais bien que je n’avais pas la tête à écrire et que me forcer serait une mauvaise idée. Agir ainsi a rendu ma reprise de l’écriture plus aisée !

Prévisions pour juillet

Outre boucler le 1er jet de TCDF (vu qu’il me reste sept chapitres, j’ai bon espoir d’y parvenir d’ici la semaine prochaine !), juillet est le mois du Camp NaNo ! Mais je n’y participe pas.

Car en juillet, je vais faire une pause « nouvelles », plusieurs ATs me faisant de beaux appels du pied : Marmite et micro-ondes ; Monstresse(s) ; Crocs & Alambics ; 9 ; Féro(ce)cités (oui, ça fait beaucoup, mais j’ai des idées pour quasi tous ces ATs ^^) (évidemment je ne vais pas travailler sur *tous* ces appels à textes en juillet ! Je vais privilégier Marmite et micro-onde, dont la deadline est la plus proche).

Je compte également réaliser la phase préparatoire de mon projet estival, un roman qui pousse du coude de façon de plus en plus insistante depuis des mois, si bien qu’au lieu de l’écrire cet automne comme prévu, j’y travaillerai cet été. Durant cette phase, je compte lire quelques ouvrages nécessaires pour bien creuser l’un des thèmes du roman, rédiger mes fiches personnages et mon synopsis détaillé.

Du coup, j’ai préféré ne pas me lancer dans un nouveau Camp ! ^^ »

Et vous, participez-vous au Camp NaNo ? Si oui, quels sont vos objectifs ? Si non, avez-vous prévu d’écrire ou juillet sonne-t-il le début de vos vacances ?

Je vous souhaite un bel été ! 🙂

Le temps fut, Ian McDonald

Quatrième de couverture

Bouquiniste indépendant, Emmett Leigh déniche un jour un petit recueil de poèmes lors de la liquidation de la librairie d’un confrère. Un recueil, Le Temps fut, qui s’avère vite d’une qualité littéraire au mieux médiocre… En revanche, ce qui intéresse Emmett au plus haut point, c’est la lettre manuscrite qu’il découvre glissée entre les pages de l’ouvrage. Pour le bouquiniste, tout ce qui peut donner un cachet unique et personnel à un livre est bon à prendre. Il se trouve ici en présence d’une lettre d’amour qu’un certain Tom adresse à son amant, Ben, en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale. Remuant ciel et terre – et vieux papiers – afin d’identifier les deux soldats, Emmett finit par les retrouver sur diverses photos, prises à différentes époques. Or, la date présumée des photos et l’âge des protagonistes qui y figurent ne correspondent pas… Du tout.

Mon avis

Une novella qui démarre par le furetage d’un bouquiniste dans les collections abandonnées par un confrère en liquidiation, voilà qui ne pouvait mieux démarrer pour une grande amatrice de livres comme moi ! 🙂

C’est au cours de cette fouille qu’Emmett tombe sur un recueil de poésie, dans lequel est glissée une lettre. Une lettre d’amour, adressée par un certain Tom à Ben, alors qu’ils vivaient les tourments de la Seconde Guerre Mondiale. Mais alors qu’il creuse l’histoire de ces deux hommes, en faisant une obsession, Emmett se rend compte que les lettres et indices qu’ils laissent au fil du temps ne suivent pas un ordre chronologique cohérent…

Je pourrais résumer Le temps fut en cette simple phrase : c’est une histoire d’amour sur fond de guerre, avec un mystère temporel.

Mais ce serait bien mal rendre justice à cette novella, couronnée du British Science Fiction Award en 2018. Ian McDonald possède une écriture prenante, précise, qui accroche le lecteur. Je me suis très vite passionnée pour l’enquête d’Emmett, très vite inquiétée pour le devenir de ces deux amants, qui éprouvent un véritable coup de foudre l’un envers l’autre en pleine Seconde Guerre Mondiale, à une époque qui, de surcroît, n’est pas tendre avec les homosexuels.

Si, étant connaisseuse des récits de voyages dans le temps, j’ai assez vite assemblé les pièces du puzzle lorsqu’Emmett commençait à peine à en discerner l’image, je dois dire que jusqu’au bout, j’ai eu du mal à lâcher ce texte. Le fait qu’il parle de la guerre le rend également dur. Ian McDonald, au travers de sa double histoire – celle d’Emmett, à notre époque, celle de Tom et Ben – dénonce les horreurs de la guerre, l’ombre terrible qu’elle porte sur des sentiments aussi forts et aussi beaux que ceux qu’éprouvent Tom et Ben l’un envers l’autre. Cela rend le récit d’autant plus déchirant.

Émouvante, difficile par ses thèmes abordés, Le temps fut est une novella qui mérite le détour. Une histoire intemporelle, d’amour et de tragédie, accompagnée ici d’un zeste de science-fiction. Une histoire que je vous recommande.

Ce livre a été lu dans le cadre de l’opération Masse Critique organisée par Babelio. Merci aux éditions Le Bélial pour leur confiance !

Éditions Le Bélial, 2020, 139 pages.

Noor, princesse-espionne, Laufeust

Synopsis

Juin 1943. Alors que la guerre fait rage et que Paris est occupée par les nazis, Noor Inayat Khan est décidée à risquer sa vie pour sauver celle des autres : sous une identité secrète, elle traverse la Manche pour prêter main-forte au réseau Prosper, un groupe de résistants dont elle devient la nouvelle opératrice radio. Mais l’armée allemande et ses terribles SS, sur les traces du réseau, se mettent bientôt en chasse. Une série Rocambole tirée de faits réels.

Mon avis

Une fois n’est pas coutume, vous noterez que je ne parle pas de quatrième de couverture mais de synopsis pour résumer ce livre. Et pour cause : Noor, princesse-espionne n’est pas un livre, même pas un livre numérique, c’est une série épisodique littéraire numérique ! Éditée avec bien d’autres séries par Rocambole, je me suis abonnée à la plateforme pour la découvrir, et pourquoi pas lire d’autres séries littéraires.

Noor, princesse-espionne parle de l’espionne éponyme, figure historique injustement oubliée des livres d’Histoire et dont j’avais eu pour la première fois connaissance grâce à la série de vidéos de AudeGG, Virago, qui met en lumière des femmes oubliées. Une vidéo lui était consacrée et je me rappelle que les phrases finales m’avaient mis les larmes aux yeux. Alors que j’hésitais à m’abonner à Rocambole (pile à lire énorme, lectures en retard, tout ça), j’ai sauté le pas sans hésiter quand l’équipe a annoncé la parution prochaine d’une série consacrée à Noor, cette espionne britannique qui a participé aux opérations durant la Seconde Guerre Mondiale.

Le principe de Rocambole, c’est de proposer des séries littéraires dont chaque épisode se lit entre 5 et 10 minutes. L’idéal pour une lecture dans les transports, quand on n’a pas forcément le temps de se plonger dans un livre ou qu’on ne souhaite pas se charger d’un lourd pavé ; ou dans une situation d’attente.

De fait, j’ai littéralement dévoré cette série ! Composée de 9 épisodes, tous sortis en même temps, je voulais d’abord la lire durant mes trajets en transports en commun mais, outre que, tellement prise par le récit, j’ai failli rater mon arrêt, j’ai trop accroché pour attendre et j’ai fini par lire le reste des épisodes le soir, chez moi. Pourtant, je connaissais déjà l’histoire de Noor, mais Laufeust a su rendre un suspense incroyable dans son histoire.

Noor, princesse-espionne se concentre sur le temps passé par l’espionne en France, de son arrivée à sa capture. Le dénouement tragique que je connaissais y figure également. Mais on a beau savoir, on ne peut s’empêcher de lire avidemment, de s’accrocher à un menu espoir. C’est dire que Laufeust sait ferrer ses lecteurs !

Le récit respecte les faits historiques tout en apportant une dynamique qui rend les événements aussi vivants que s’ils se déroulaient sous nos yeux. On s’attache très vite à Noor, on le reste jusqu’au bout et on frémit pour elle, on se révolte avec elle.

Laufeust rend un très bel hommage à cette femme avec sa série et je ne peux que vous encourager à la lire si vous vous intéressez à ces destins exceptionnels qui sont injustement tombés dans l’oubliette de l’Histoire.

Rocambole, série en 1 saison (9 épisodes, terminée), 2020.

Ce que murmure la mer, Claire Carabas

Quatrième de couverture

L’histoire de la sirène qui aimait l’homme n’a pas d’âge, l’impossibilité de cette pulsion se noue à la manière des grandes tragédies et étouffe inexorablement l’héroïne.
Pourtant, quand Galathée aperçoit Yvon, solitaire sur son bateau à voiles, l’amour la foudroie et la pousse à toutes les folies.
Eperdue, désespérée, animée par un espoir aveugle, elle parvient à se faire une place dans la vie du jeune marin, mais qu’en est-il de son coeur?
Redécouvrez le conte d’Hans Christian Andersen à travers les témoignages des amants empêchés et vivez le drame comme jamais vous ne l’avez exploré : de l’intérieur.

Mon avis

Les éditions Magic Mirror ont pour spécialité la réécriture de contes. Avec Ce que murmure la mer de Claire Carabas, c’est l’histoire de La Petite Sirène de Hans Christian Andersen qui est reprise.

Une jeune sirène fascinée par la surface et le monde terrestre est subjuguée par un marin qu’elle a aperçu. Décidée à tous les sacrifices pour le retrouver, elle se rend auprès de la sorcière seule capable de lui donner des jambes. Yvon, qui réalise une course en solitaire, croit perdre la tête en apercevant, le temps d’une seconde, une jolie sirène. Mais un drame durant la course et l’impossibilité de retrouver la sirène à l’origine de sa vision le plonge dans la dépression et l’amertume lors de son retour à terre. Lorsqu’il secoure une jeune femme échouée, muette, peut-être pourra-t-il retrouver un peu de joie de vivre…

Si vous connaissez bien le conte originel, vous savez que son final est amer. Dans Ce que murmure la mer, on se doute assez vite que l’autrice respectera ce non-happy end. Elle ira même plus loin, mais je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler !

Dans un style très fluide, Claire Carabas parvient à dépeindre toute la magnificence comme la cruauté du monde marin. En alternant les points de vue de la sirène et du marin, elle rend compte également du fossé qui sépare ces deux univers. Entre Yvon, très rationnel, qui refuse de laisser le merveilleux s’immiscer dans sa vie, et la sirène (qu’il nommera Galathée) qui n’a aucune idée dont fonctionne notre monde moderne et n’a pas moyen de communiquer (ses jambes lui ont coûté sa voix de bien cruelle manière et elle ne sait ni lire ni écrire), la communication est très difficile. Comment, alors, permettre l’épanouissement d’un lien amoureux ?

Loin d’être une bluette sentimentale, Ce que murmure la mer est un conte cruel qui souligne les effets du refus de croire au merveilleux même quand il se tient devant soi, la différence insurmontable entre monde marin et terrestre, les effets de la pollution, également, et des secrets familiaux comme des interdits violents (la punition de la sirène, qui se retrouve cloîtrée dans sa chambre par son propre père, est violente). La dépression d’Yvon permet aussi d’aborder les effets psychologiques de la perte d’un proche comme d’une longue course en solitaire, en mer.

Si vous adorez les sirènes, les contes de Hans Christian Andersen, les romans plus amers que doux, je ne peux que vous recommander Ce que murmure la mer. Il est par ailleurs servi par une magnifique couverture de Mina M. À ne pas lire cependant si vous avez déjà le vague à l’âme.

Éditions Magic Mirror, 2017, 244 pages

Akata Witch, Nnedi Okorafor

Quatrième de couverture

Mon nom est Sunny Nwazue et je perturbe les gens. Je suis nigériane de sang, américaine de naissance et albinos de peau. Contrairement au reste de ma famille, j’ai des cheveux jaune paille, la pea couleur « lait tourné » et des yeux noisette.
Être albinos fait du soleil mon ennemi. Ma peau brûle tellement vite que j’ai parfois l’impression d’être inflammable. C’est pour ça que je n’ai jamais pu jouer au foot, alors que je suis douée. Je ne pouvais le faire que la nuit. Bien sûr, tout ça, c’était avant cette fameuse après-midi avec Chichi et Orlu, quand tout a changé. Maintenant que je regarde en arrière, je vois bien qu’il y avait eu des signes avant-coureurs. Ce n’est pas comme si des choses bizarres ne m’étaient pas déjà arrivées. Rien n’aurait pourtant pu me préparer à ma véritable nature de Léopard.
Être un Léopard, c’est posséder d’immenses pouvoirs. Si j’avais su en les acceptant qu’il me faudrait sauver le monde, j’y aurais peut-être réfléchi à deux fois. Mais, ce que j’ignorais alors, c’est que je ne pouvais pas empêcher mon destin de s’accomplir.

Mon avis

J’avais repéré ce livre lors de sa parution en V.O. et je suis ravie d’avoir pu le lire en V.F. (même si j’avoue préférer la couverture de l’édition originale).

Nous suivons Sunny, fillette de douze ans, qui a suivi sa famille au Nigéria après avoir vécu la majeure partie de sa jeune vie aux Etats-Unis. Partagée entre deux cultures et deux pays, Sunny est aussi en butte au harcèlement de ses pairs du fait de sa couleur de peau : elle est en effet albinos. Comme si cela ne suffisait pas, elle découvre un jour qu’elle est une Léopard, dotée de pouvoirs. Et pas n’importe lequel Léopard : un agent libre, c’est-à-dire née de parents sans pouvoirs particuliers. Entre apprentissage de ses capacités magiques et la présence menaçante d’un tueur en série qui ne s’en prend qu’aux enfants, Sunny aura fort à faire. Heureusement, elle est bien entourée par ses amis Léopards !

Livre jeunesse à destination des plus de treize ans, Akata Witch aura été un coup de coeur pour ma part ! J’ai eu quelques difficultés durant les premières pages, le temps de m’habituer sans doute au style, orienté pour un jeune public, mais une fois accrochée, j’ai littéralement dévoré le roman !

Outre son héroïne attachante – elle a du caractère mais, comme toute enfant de son âge, être harcelée et ne pas connaître son identité, son héritage familial, provoque bien des doutes et érode une confiance en soi déjà fragile – Akata Witch est un roman à la fois divertissant et porteur de sens. La question de l’identité (l’héroïne est américano-nigériane, tout comme l’autrice du livre), y tient une place prégnante, de même que les secrets de famille.

Le système de magie présenté est très sympa, ancré dans les croyances locales mais pas seulement. J’ai notamment beaucoup aimé le fait que, dans cette société de Léopards, la monnaie magique dépende des connaissances, faisant ainsi de la bibliothécaire en chef une personne particulièrement respectée. Les Léopards ne sont pas non plus présentés comme forcément des « gentils », certains peuvent être corrompus ou trop obnubilés par le pouvoir ou l’argent. Ce ne sont là que des exemples. Nous découvrons en même temps que Sunny, au fil des pages, le monde des Léopards, les lois magiques, et bien d’autres choses encore.

Un tome 2, Akata Warrior, est paru en 2017 en anglais. J’espère qu’il sera prochainement traduit, car une menace présentée en ouverture de Akata Witch n’a pas trouvé sa résolution dans le premier opus. Et puis, j’avoue que je serai heureuse de retrouver Sunny, Chichi, Orlu et Sasha ainsi que l’univers des Léopards ! 🙂

Éditions L’École des Loisirs, 2020, 362 pages.

Cette lecture s’inscrit dans le Défi Cortex organisé par Lune (liste Terre à Terre : Afrique).