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Rois du monde t. 1 : Même pas mort, Jean-Philippe Jaworski

25 Sep

Rois du monde t. 1 : Même pas mort, Jean-Philippe JaworskiQuatrième de couverture

Je m’appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, fils de Belinos. Pendant la Guerre des Sangliers, mon oncle Ambigat a tué mon père. Entre beaux-frères, ce sont des choses qui arrivent. Surtout quand il s’agit de rois de tribus rivales… Ma mère, mon frère et moi, nous avons été exilés au fond du royaume biturige. Parce que nous étions de son sang, parce qu’il n’est guère glorieux de tuer des enfants, Ambigat nous a épargnés.

Là-dessus, le temps a suivi son cours. Nous avons grandi. Alors mon oncle s’est souvenu de nous. Il a voulu régler ce vieux problème : mon frère et moi, il nous a envoyés guerroyer contre les Ambrones. Il misait sur notre témérité et notre inexpérience, ainsi que sur la vaillance des Ambrones. Il avait raison : dès le début des combats, nous nous sommes jetés au milieu du péril. Comme prévu, je suis tombé dans un fourré de lances. Mais il est arrivé un accident. Je ne suis pas mort.

Mon avis

Depuis Gagner la guerre et ses critiques élogieuses, je surveillais le parcours de Jean-Philippe Jaworski. Gagner la guerre figurant d’ailleurs sur la liste des livres que j’aimerais lire un de ces jours. Et puis la sortie d’une trilogie, Rois du monde, commençant avec Même pas mort, a plus qu’aiguisé ma curiosité. Autant le sujet de Gagner la guerre ne me rend pas plus impatiente que ça de me pencher dessus – mais je le lirai, il a l’air vachement bien quand même ! – autant quand on me parle de fantasy protohistorique, de Celtes, d’écriture ciselée, je fonce sans hésiter !

C’est ainsi que je me suis retrouvée avec Même pas mort entre les mains. Et, ma foi, on a là un petit bijou ! On suit les pas de Bellovèse. C’est lui le narrateur de l’histoire, qui démarre alors qu’il est âgé. Il raconte sa vie. Mais sans le faire linéairement : on remonte à sa première guerre, on file ensuite dans son enfance, puis les souvenirs se mélangent au fil de l’histoire, se colorent de songes, de visions, de visites d’êtres surnaturels. C’est qu’au temps des Celtes, la magie est quotidienne. Elle sourd des vastes forêts, du pas du cerf ou des grondements des orages. Elle, ainsi que les dieux, sont partie prenante de la vie de tous les jours. Quant au parcours non linéaire du récit, l’auteur fait preuve de maestria dans la maîtrise de l’histoire : non seulement ces circonvolutions ne s’emmêlent pas les pinceaux, mais en plus le lecteur, loin d’être perdu, apprécie cette vision des choses.

L’auteur s’est documenté profondément sur l’époque et les lieux. Cela se sent, se lit, se vit. Pour ma part, mes connaissances sur la Gaule avant l’invasion romaine sont des plus rudimentaires – avant de lire une interview de Jean-Philippe Jaworski, je ne savais même pas que le terme « Gaulois » était en fait péjoratif dans la bouche des Romains ! – mais cela n’est en rien un frein au plaisir pris à suivre les aventures de Bellovèse. On est littéralement emportés des siècles en arrière, tant l’auteur invoque avec force et précision cette époque révolue ! Quant aux lieux, si une carte aurait été des plus utiles, pour ma part j’ai pu repérer plus ou moins où l’on était grâce à ma connaissance de la région et de ses appellations anciennes.

Autre chose que j’ai grandement apprécié, bien qu’il s’agisse là d’un premier tome et que la fin indique clairement que les choses sont loin d’être finies, l’on n’est cependant pas laissé suspendu à un cliffhanger insoutenable. Non, pour ma part, j’ai eu l’impression de voir le rideau tomber après le premier acte, pendant que le second se prépare. Ce qui est aussi appréciable qu’un cliffhanger 🙂

Le tome 2 est annoncé pour l’année prochaine. Je n’hésiterai pas à l’acquérir, tant ce premier tome m’a plu. Son écriture risque de déplaire à certains lecteurs par son niveau – plusieurs termes de vocabulaires peu fréquents sont usités – pour ma part, j’ai aimé. En fait, j’ai tout aimé, dans ce livre. 🙂

Un roman que je recommande donc vivement, notamment aux amateurs de Celtes, mais aussi de fantasy originale et bien écrite !

Éditions les Moutons électriques, 2013, 297 pages.

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5 Commentaires

Publié par le 25 septembre 2013 dans Lecture

 

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5 réponses à “Rois du monde t. 1 : Même pas mort, Jean-Philippe Jaworski

  1. Escrocgriffe

    25 septembre 2013 at 11:08

    Quelle critique ! 🙂 Il est clair que la plume de Jean-Philippe Jaworski est impressionnante d’aisance et de richesse…

     
    • Lullaby

      28 septembre 2013 at 9:54

      Merci ! Oui, et il est clair que je ne vais pas laisser longtemps Gagner la guerre sur ma liste de livres à lire, du coup 😉

       
  2. Margotte

    28 septembre 2013 at 12:19

    Tu ne m’as donné qu’une envie : courir dans la librairie la plus proche pour le commander ! 🙂

     

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