Widjigo de Estelle Faye

Quatrième de couverture

En 1793, Jean Verdier, un jeune lieutenant de la République, est envoyé avec son régiment sur les côtes de la Basse-Bretagne pour capturer un noble, Justinien de Salers, qui se cache dans une vieille forteresse en bord de mer.

Alors que la troupe tente de rejoindre le donjon en ruines ceint par les eaux, un coup de feu retentit et une voix intime à Jean d’entrer. À l’intérieur, le vieux noble passe un marché avec le jeune offi cier : il acceptera de le suivre quand il lui aura conté son histoire.

Celle d’un naufrage sur l’île de Terre-Neuve, quarante ans plus tôt. Celle d’une lutte pour la survie dans une nature hostile et froide, où la solitude et la faim peuvent engendrer des monstres…

Mon avis

Ce livre a été lu dans le cadre d’un service presse. Merci aux éditions Albin Michel Imaginaire pour leur confiance !

Quand Jean Verdier est chargé de faire prisonnier Justinien de Salers, il ne se doute pas encore de ce qui l’attend. Piégé dans la tour du marquis par une tempête, il est sommé par le vieil homme d’écouter son histoire. Ensuite, Justinien se rendra sans résister. Commence alors le récit de sa longue et terrifiante errance à Terre-Neuve, dont il récolta un visage ravagé…

Pour m’être déjà régalée avec la plume d’Estelle Faye, j’étais impatiente de la découvrir dans un registre plus terrifiant. Et ça tombe bien, en automne, c’est la saison parfaite pour une histoire plein de frissons !

Estelle Faye n’a pas son pareil pour nous immerger pleinement dans son histoire. En majorité sise à Terre-Neuve, sur une terre sauvage et indomptée, l’intrigue nous emmène également dans le Paris du XVIIIe siècle. Les mots sont précis, recherchés et leur musique entêtante glisse en nous, petit à petit, l’humidité et le froid dans lesquels les survivants d’un naufrage (dont Justinien) peinent à avancer. J’aurais pu être là, à leurs côtés, à claquer des dents, je sentais presque le parfum des bois sauvages et j’avais sur la langue un goût de sel, tout au long de l’histoire.

Les personnages sont bien campés, malgré leurs passés et personnalités disparates. On s’attache à certains, moins à d’autres, mais on ne peut s’empêcher de tourner les pages, impatient de découvrir, avec une curiosité presque morbide, leur terrible destinée.

Et, bien sûr, j’ai frissonné, j’ai lu avec une certaine avidité le récit, tant la tension est constante et bien dosée. On sent que quelque chose rôde, on s’interroge, on suit Estelle Faye qui nous fait croire que nous savons où nous allons, puis nous perd avec malice. Et finalement, on comprend tout, peu de temps avant la révélation finale. Et quand on a compris, peu avant que l’autrice nous dévoile enfin tout son jeu, on comprend que c’est elle qui a mené l’histoire, et que nous nous sommes laissés prendre au jeu avec le même enthousiasme que le public d’une conteuse dévidant une histoire terrifiante, au coin du feu, alors que la tempête mugit au dehors… la tempête, et peut-être autre chose de bien plus redoutable !

Très bien écrit et documenté, très immersif, Widjigo est un roman fantastique où les frissons viennent tant de la terreur que de l’atmosphère glaciale et humide de Terre-Neuve. Un petit bijou qui se déguste à la nuit tombée, quand l’automne souffle sa bise et que les ombres cachent peut-être quelque chose, là, qui rôde toutes dents dehors.

Cette lecture s’inscrit dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge organisé par Guimause Terrier et valide la catégorie Gare, gare, à la main de gloire du menu Automne frissonnant.

Éditions Albin Michel, 248 pages, 2021

7 commentaires sur « Widjigo de Estelle Faye »

  1. D’accord, je me le prendrai aux Imaginales 🙂 Je n’en lis que de bons retours pour l’instant, c’est très enthousiasmant. J’avais bcp aimé l’ambiance qu’elle avait créée dans Un éclat de givre et Reflet de lune. J’aime bcp l’écriture de cette autrice.

    Il ira dans le pumpkin aussi, j’avais une catégorie restée vierge (celle sur Halloween; je sais, c’est pas du tout un roman sur Halloween mais je le lirai à ce moment comme ça hopla c’est dans la poche – oui je sais c’est de la triche !).

    Mais ça collera un peu à l’ambiance, pour peu qu’il fasse le temps que tu décris à la fin de ta chronique (ça ne devrait pas être compliqué), et les ombres qui rôdent et autres créatures mystérieuses seront assurément là 🙂

    1. Il est excellent, tu vas te régaler ! Et c’est une lecture parfaite pour Halloween, ou l’automne, en tout cas ! 🙂
      L’écriture est superbe, le récit immersif, les frissons au rendez-vous… un petit bijou ! Bonne lecture par avance, et profite bien des Imaginales !! 🙂

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