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La trilogie du Rempart Sud t. 3 : Acceptation, Jeff VanderMeer

Quatrième de couverture

Tandis que la Zone X s’étend, l’agence chargée de l’enquête et de sa surveillance, le Rempart Sud, s’effondre. Une dernière équipe tente le tout pour le tout et traverse la frontière, déterminée à atteindre une île reculée qui pourrait apporter des réponses. Un échec mettrait le monde en péril. Acceptation creuse les circonstances entourant la création de la Zone X. Qui se trouve à l’origine de ce bouleversement ? Quelqu’un a-t-il déjà approché la vérité sur la Zone ? Ou été corrompu par elle ? Dans ce dernier livre crépusculaire et mélancolique de la trilogie du Rempart Sud, les mystères sont résolus mais la terreur monte.

Mon avis

[Spoiler alert : cet article chronique le tome 3 de La Trilogie du Rempart Sud. Il contient donc des spoilers sur les tomes précédents.]

Voilà enfin le tome final de La Trilogie du Rempart Sud de Jeff VanderMeer et le moins que l’on puisse dire, c’est que la trilogie se clôture en beauté ! Nous retrouvons plusieurs personnages rencontrés au fil des premiers tomes – notamment Oiseau Fantôme, la double de la biologiste dont nous entendions la voix dans le volume 1 et Control, dont le point de vue était adopté dans le volume 2. La directrice, dans un procédé d’écriture rare (à la 2e personne du singulier) mais qui frappe d’autant plus et le gardien du phare, jusque là seulement croisé de loin, vont également prêter leur expérience dans ce roman polyphonique. À ces différentes voix s’ajoutent des allers-retours entre passé et présent. Le tout, au fil des pages, va offrir – enfin ! – plusieurs clés au mystère de la Zone X comme au devenir de plusieurs personnages (notamment la biologiste).

Si j’ai aimé ce volume ? Autant que les 2 premiers ! 🙂 Je l’ai dévoré en quelques jours, tant j’étais happée par ce récit à plusieurs voix, tant j’étais hypnotisée par cette étrange et terrifiante Zone X. Au fil de ma lecture, j’ai découvert le destin de ces différents personnages et j’ai levé le voile de la Zone X. Malgré la réponse à plusieurs de nos interrogations, l’auteur parvient à conserver une atmosphère mystérieuse tout au long du récit. Et même si, à la dernière page, nous comprenons mieux certaines données liées à la Zone X, des zones d’ombres demeurent. Des zones d’ombres qui proviennent, tout simplement, du caractère profondément étranger de cette fameuse Zone et de ses origines.

Le récit est porté par une plume impeccable, avec des jeux de style en fonction des différents personnages, ce qui leur apporte davantage d’épaisseur. L’auteure que je suis y a d’ailleurs pris une belle leçon d’écriture ! Et toujours cette atmosphère… chaque voyage dans la Zone X reste comme un rêve éveillé, un rêve à la frontière du cauchemar, un rêve empreint de bizarrerie et d’irréalité. Clairement, l’étiquette New Weird convient bien à cette trilogie.

En bref, une excellente lecture qui achève superbement cette trilogie aux relents lovecraftiens.

Éditions Au Diable Vauvert, 378 pages, 2018.

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La trilogie du Rempart Sud t. 2 : Autorité, Jeff VanderMeer

Quatrième de couverture

Cela fait maintenant trente années que l’on tente de percer les mystères de la Zone X, ceinturée par une frontière invisible, où tout signe de civilisation a disparu. Douze expéditions, toutes tragiquement inutiles, ont été supervisées par un organisme gouvernemental tellement secret qu’il en est quasi oublié : le Rempart Sud.
Fraîchement nommé à sa tête, John Rodriguez, dit Control, hérite d’une équipe méfiante et désespérée, d’une masse de questions, de notes secrètes et d’heures d’enregistrement étrangement anxiogènes.
Dans
Autorité, les questions d’Annihilationtrouvent des réponses. Loin d’être rassurantes…

Mon avis

[Spoiler alert : cet article critique le tome 2 de la Trilogie du Rempart Sud. Si vous n’avez pas encore lu le tome 1, vous risquez d’être spoilés sur le contenu de ce dernier !]

J’avais adoré le tome 1, que j’avais lu d’une traite. Quid de ce second volume, plus épais que son prédécesseur ? Je l’ai lu presque aussi rapidement et, pour ce second opus, je vous recommande la même chose que pour le premier : si possible, lisez-le d’une traite ! Car Jeff VanderMeer sait instiller une atmosphère. Au début, on suit Control dans sa routine d’agent venu de l’extérieur pour comprendre pourquoi le Rempart Sud ne progresse toujours pas dans son décryptage de la Zone X et, surtout, interroger les survivantes de la dernière expédition. Entre employés usés et directrice adjointe revêche, survivantes amnésiques et inscriptions surréelles, le travail n’est pas de tout repos ! On pourrait penser à une enquête façon film d’espionnage, mais ce serait oublier l’étrangeté qui nous avait saisi tout au long du premier tome… Dans Autorité, le bizarre s’avance sournoisement, jusqu’à ce qu’il soit trop tard pour reculer.

Nous retrouvons également la biologiste mais dans Autorité, c’est à la voix de Control que nous avons affaire. Point de récit à la première personne comme dans Annhilitation, cependant, mais nous sommes du point de vue de cet homme qui débarque dans le Rempart Sud en n’en connaissant que les dossiers. Control, du fait de son statut, tentera un maximum de rester aussi froid et professionnel que son travail l’exige, même quand les choses commenceront doucement à prendre une tournure inexpliquée. Se mêle à cela des difficultés d’ordre familial, qui donne de l’épaisseur au personnage.

La quatrième de couverture nous promet des réponses inquiétantes aux questions d’Annihilation. J’y apporte une nuance : certaines questions trouvent en effet une réponse (voire une ébauche de réponse !). Mais pas toutes. Bien au contraire, le final d’Autorité nous laisse avec des questions supplémentaires ! La Zone X a certes laissé quelques hypothèses validées mais elle est loin d’avoir livré tous ses secrets.

En tout cas, s’il m’a semblé, au départ, moins lovecraftien dans son atmosphère que le premier opus, j’ai révisé mon jugement lorsque je suis parvenue au dernier tiers du livre. Clairement, l’auteur a réussi à me mener par le bout du nez, en faisant miroiter une résolution rationnelle, professionnelle de la situation via le travail de Control. Mais c’était sous-estimer la Zone X et ses étrangetés, tout comme le talent de l’auteur à instiller petit à petit des bizarreries jusqu’à un final à couper le souffle !

Le mystère demeure donc, même s’il commence à se lever, et j’attends avec impatience le troisième et dernier volume de cette trilogie qui, décidément, porte très bien sa qualification de new weird ! 🙂

Éditions Au Diable Vauvert, 391 pages, 2017

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Parution au Labo des éditions Walrus

Depuis hier, les éditions Walrus ont publié leur nouvelle fournée de nouvelles pour le Labo. Un de mes textes y figure ! 🙂

Petite remise en contexte : les éditions Walrus ont lancé cette année leur Labo, un espace où la maison d’édition propose des textes courts inédits, signés par de jeunes plumes prometteuses (ce n’est pas moi qui me jette des fleurs, c’est l’éditeur qui le dit dans sa présentation du Labo ;)). Les textes sont tous retravaillés et corrigés avec l’éditeur, les auteurs reçoivent une rémunération forfaitaire, puis les nouvelles sont mise en ligne gratuitement. Aux lecteurs, ensuite, de donner un petit coup de pouce financier (ou non) en échange des bons moments de lecture. Pour ce faire, il faut passer par Tipee.

C’est une chouette initiative de la part de cette maison que de donner ainsi un espace aux jeunes auteurs, c’est pourquoi je vous encourage, d’une part, à lire leurs créations, d’autre part, à soutenir cette initiative via Tipee 😉

Quid de ma nouvelle ? Crabes figure parmi la dernière fournée de textes publiés en ligne. C’est un texte fantastique autour du deuil et de l’enfance, de la mer et, bien sûr, des crabes. Je vous laisse la découvrir, ainsi que les productions de mes camarades, sur la page du Labo ! 🙂

Critiques de Crabes

 

L’avis du blog Des Livres et les mots :

Probablement une des nouvelles qui m’a le plus marquée. Un enfant qui doit faire son deuil, un crabe géant, et une mère qui ne voit que sa propre tristesse.

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Les Nécrophiles anonymes t. 1 : Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue, Cécile Duquenne

na1_cduquenneQuatrième de couverture

Népomucène, préposé à la Morgue, mène une vie tranquille et nocturne en compagnie de Bob, vampire d’environ 150 ans d’âge. Lorsqu’il manque devenir la cinquième victime d’un mystérieux assassin, son ami de longue date mène l’enquête. L’immortel est certain qu’une autre créature surnaturelle a commis le massacre.

Mon avis

Tout d’abord, un grand merci à Cécile Duquenne puisque c’est grâce à elle que j’ai pu lire cet ouvrage : l’auteur avait en effet organisé un concours sur son site. Je ne suis pas sûre que j’aurais lu le roman, autrement, car, je ne sais pourquoi, il ne m’attirait pas plus que ça. Comme quoi, on peut se tromper, car à la lecture j’étais plutôt contente que le tirage au sort ait joué en ma faveur.

Nous suivons Népomucène, un employé de la morgue au caractère introverti et dont le meilleur ami est un vampire qui crèche dans une chambre froide. Le récit se passe à notre époque, malgré le prénom peu courant du héros et le caractère dandy de Bob l’éponge, le vampire. Mais quatre collègues de Népomucène sont retrouvés morts devant la morgue. Commence une enquête riche en rebondissements… Voilà, dès le départ, le ton est donné : on est dans un mélange de policier et de fantastique, le tout relevé d’une sauce humoristique des plus piquantes !

L’action est présente, il y a des instants de suspense, mais c’est l’humour mordant qui donne toute sa saveur à ce premier volume des Nécrophiles anonymes. Un humour décalé qui s’assume, qui flirte parfois avec l’humour noir, autant vous dire que ma lecture fut un plaisir – avec quelques frissons lors des passages où nos héros risquaient leur peau, bien entendu. Je pense que le fait que je ne sois pas une grande fan de la bit-lit a du jouer dans mon appréciation puisque Quadruple assassinat dans la rue de la Morgue envoie valser sans aucune once de respect les poncifs du genre !

J’ai également beaucoup apprécié la référence à Buffy contre les vampires – surtout la réflexion de Bob sur l’acteur interprétant Spike 😉 ! Et, bien entendu, j’ai encore plus apprécié le fait que le roman comporte son lot de loups-garous. Car oui, les vampires ne sont pas les seules créatures fantastiques présentes dans ce roman, les garous ont aussi la part belle. Cécile Duquenne a d’ailleurs imaginé plusieurs types de garous et j’étais contente de voir qu’ils ne faisaient pas que de la figuration dans le roman mais avaient bel et bien un rôle de taille.

En résumé, nous avons là un court roman dont l’intrigue ne casse pas trois pattes à un canard, certes, mais dont le ton très décalé donne toute la saveur. Si vous aimez les vampires, les garous et les romans peu conventionnels, tentez votre chance ! 🙂

Éditions Voy’el, 185 pages, 2012

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Attention à la pleine lune du forum Mort-Sûre

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L’année du loup-garou, Stephen King

Quatrième de couverturealbin24512-2012

Tout a commencé en janvier, une nuit de pleine lune… Le premier hurlement fut celui d’un employé des chemins de fer quand il sentit les crocs lui déchirer la gorge. Depuis, chaque nuit de pleine lune, la petite bourgade de Tarker Mills est en proie à l’horreur. Qui sera le prochain ?

Mon avis

La première fois que j’ai lu ce roman de Stephen King, c’était dans sa version poche intitulée Peur Bleue. Cette version contenait également le scénario tiré du roman et des photographies noir et blanc du film. Plusieurs années plus tard, Albin Michel a réédité le roman, cette fois sans scénario ni photo mais avec les illustrations de Bernie Wrightson qui accompagnaient l’édition originelle.

Si, à l’époque de ma lecture de Peur Bleue, j’étais dans ma période romans d’horreur – je lisais tout ce que je pouvais trouver de la plume de Stephen King, Dean Koontz et Graham Masterton – lorsque je me suis lancée dans une relecture grâce à cette réédition, c’était cette fois pour satisfaire mon intérêt pour cette créature fantastique qu’est le loup-garou.

Que donne le garou à la sauce King ? Rien que du très classique : bête sanguinaire à la pleine lune, suspect longuement recherché, et à la fin une balle en argent. Mais Stephen King s’est amusé avec le calendrier lunaire (il s’excuse d’ailleurs auprès des lecteurs les plus tatillons sur ce point) et a calé des dates emblématiques du calendrier américain aux nuits de pleine lune évoquées dans son livre. Ce, pour notre plus grand bonheur ! 🙂 Par ailleurs, l’identité humaine du garou offre une ironie assez mordante…

Peu de frissons d’horreur, donc, le récit étant trop classique pour cela, mais un bon moment de lecture quand même. Car le véritable point fort de L’année du loup-garou, c’est le personnage de Marty. Marty, petit garçon d’une dizaine d’année, est le héros de l’histoire. Marty va avoir à affronter le garou, sous sa forme animale comme humaine. Marty est paraplégique. Voilà, tout est dit ! Il est assez rare, dans les livres, de trouver des personnages principaux qui soient handicapés. Stephen King a choisir de faire de son héros un garçon en fauteuil roulant, autant dire une proie toute trouvée pour le garou. Mais Marty est plein de ressources et, même si son handicap est présenté sans fard (sa soeur en souffre beaucoup et à certains passages, Marty va se trouver en grande difficulté à cause de ses jambes paralysées), il reste un petit garçon comme les autres et s’oppose au garou avec beaucoup de courage, là où les adultes font chou blanc.

En résumé, si l’amateur de garou ne trouvera guère d’originalité, le lecteur se régalera tout de même avec ce court récit où Stephen King propose une histoire de garou plaisante et, surtout, marque avec un héros peu ordinaire. J’aimerais en voir plus souvent, des personnages principaux comme Marty ! 🙂

Éditions Albin Michel, 125 pages, 2012

Cette lecture s’inscrit dans les challenges Attention à la pleine lune et Je suis éclectique (catégorie Fantastique) du forum Mort-Sûre ainsi que le challenge Halloween organisé par Hilde & Lou.

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