Midnight City, Rozenn Illiano

Quatrième de couverture

Écrivain inconnu, Samuel rencontre le succès par hasard et sa vie change du jour au lendemain – pas forcément pour le mieux, d’ailleurs. Introverti et grand timide, il se plie à sa nouvelle célébrité sans rechigner, rêvant pourtant de retrouver la quiétude de son anonymat.
Seulement un jour, il ne peut plus écrire : ses mots se sont enfuis, son imagination est à sec. Un peu par désespoir, Samuel accepte la proposition d’un mystérieux mécène qui lui offre tranquillité et ressources afin qu’il puisse retrouver la flamme.
Ce qui, en fin de compte, n’était pas une si bonne idée…

Mon avis

Début 2019, Rozenn Illiano – déjà autrice de plusieurs livres auto-édités – lançait un livre vagabond. Ce livre, Midnight City, était imprimé en un seul exemplaire puis libéré dans la nature. Le lecteur ou la lectrice qui mettrait la main dessus devait, après lecture, le relâcher. Le résumé de l’ouvrage me plaisait, je trouvait également le concept sympa. Malheureusement, tout le monde n’a pas joué le jeu et l’exemplaire a disparu. Du coup, je me suis rabattue sur la nouvelle-énigme Un voyage sur l’Atlas pour arpenter une première fois les rues de la Cité de Minuit. Fin 2019, Rozenn décidait d’éditer le roman en un nombre limité d’exemplaires. Un livre qui mêle les thématiques d’une cité onirique et de l’écriture, pensez-donc, je n’allais pas le laisser m’échapper ! J’étais d’autant plus conquise que j’avais adoré mon premier voyage en cette Cité. J’ai donc mis la main sur le roman et, à présent que j’en ai terminé la lecture, voici mon avis 🙂

D’un côté nous suivons Samuel Hugo, un auteur dont le premier roman édité a connu un succès fulgurant, de portée internationale. Un succès auquel il ne s’attendait pas en signant son contrat d’édition et qu’il ne vit pas très bien (ce qui est bien compréhensible étant donné qu’il est introverti). Alors que son roman date déjà, il est pressé de toutes parts pour un autre roman. Seul problème : l’inspiration le fuit. Alors quand Adam Remington, mystérieux et riche homme d’affaires, lui propose de devenir son mécène, l’offre est trop alléchante pour être refusée. Mais si elle est si alléchante, c’est peut-être aussi parce qu’elle cache un piège…

Entre les chapitres consacrés à Samuel s’intercalent d’autres où nous suivons les événements qui se déroulent dans la Cité de Minuit du titre. Une Cité où le Temps ne s’écoule pas, où il fait perpétuellement nuit, une Cité bâtie sur des rêves et des cauchemars. Cyan, pilote d’oniropostale, s’écrase brutalement sans comprendre pourquoi. Bientôt, il lui faut se rendre à l’évidence : quelque chose de terrible arrive à la Cité.

Au fil du roman, les deux récits d’abord parallèles s’entremêlent de plus en plus, jusqu’à former une mise en abyme – l’autrice joue d’ailleurs sur ce concept au point que l’on frôle la double mise en abyme ! ^^

J’ai beaucoup aimé mes promenades dans la Cité de Minuit, cette ville onirique toute en symboles et métaphores, où règnent la Lune et les étoiles, les rêves, le bleu. J’ai frémi en songeant à ce qu’elle risquait. Je me suis laissée délicieusement bercer par cet univers, tout en suivant l’évolution de Cyan au fil des événements.

Du côté de Samuel, j’ai trouvé très intéressantes toutes les réflexions autour de l’écriture que ses péripéties permettaient. Que ce soit le blocage, la peur de ne pas arriver à écrire à nouveau un récit aussi beau que le précédent, le syndrome de l’imposteur, l’hésitation à livrer ses histoires à d’autres yeux, et bien d’autres, Rozenn livre beaucoup de grain à moudre dans ces chapitres, des réflexions qui proviennent de son expérience personnelle. Bien entendu, le fait que je sois autrice moi-même a sans doute contribué à mon intérêt mais je pense que même pour une personne qui n’écrit pas, cette thématique est intéressante. Midnight City offre en effet un regard réel sur ce que peut être le processus d’écriture, loin des images d’Épinal.

Je n’étais pas toujours d’accord avec certaines façons de voir l’écriture évoquées par Samuel, mais cela ne m’a pas dérangée, bien au contraire : l’écriture reste quelque chose de très personnel, de viscéral, il est donc normal que, d’une personne à l’autre, d’un auteur à l’autre, le rapport à l’écriture revête différents moteurs.

Au niveau du style, le texte oscille entre phrases délicates, oniriques durant les passages situés dans la Cité de Minuit et style fluide et plus familier lorsque nous suivions Samuel, ce qui permet de bien marquer la différence de lieu de l’intrigue.

J’ai lu cet ouvrage assez rapidement, avide de connaître le destin de cette belle et mystérieuse Cité, frémissant de connaître le sort de Samuel. J’ai lu cet ouvrage comme un texte profondément personnel de la part de l’autrice, en raison de toutes ces réflexions autour de l’écriture.

Le seul petit bémol que j’aurais est sur un passage qui m’a sortie de ma lecture, au sujet de la maladie psychiatrique dont souffrais un personnage. La description de ses symptômes ne me semblait pas raccord avec la réalité de cette maladie et ça m’a fait tiquer.

Mais dans l’ensemble, Midnight City est un joli roman oscillant entre fantastique et fantasy, abordant avec beaucoup de sincérité le thème de l’écriture et proposant une visite enchantée de la Cité de Minuit. Une suite est en préparation, que je ne manquerai pas de lire lorsqu’elle paraîtra.

Auto-édition, 2019, 459 pages

Locke & Key, Joe Hill et Gabriel Rodriguez

Quatrième de couverture

Keyhouse : un étrange manoir de la Nouvelle-Angleterre. Un manoir hanté, dont les portes peuvent transformer ceux qui osent les franchir…
Après le meurtre brutal de leur père, Tyler, Bode et Kinsey découvrent leur nouvelle demeure, croyant y trouver le refuge dont ils ont besoin pour panser leurs plaies. Mais une ténébreuse créature les y attend pour ouvrir la plus terrifiante de toutes les portes…

Mon avis

Série de comics en 6 volumes reliés, Locke & Key est signée par Joe Hill (fils de Stephen King) au scénario et Gabriel Rodriguez au dessin. La série a été couronnée par les Eisner et British Fantasy Award, excusez du peu ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est mérité !

Poussée par la diffusion proche de son adaptation télévisée, j’ai commencé à lire le volume 1 un soir. Je ne sais comment, je me suis retrouvée quelques heures plus tard à refermer le volume 6 ! ^^ J’avais été tellement happée par le suspense de cette histoire, frissonnant face aux manigances de Dodge ou à la folie meutrière de Sam Lesser, que je ne pouvais tout simplement pas ne pas lire immédiatement la suite.

Locke & Key suit la famille Locke – plus exactement les enfants, l’aîné, Tyler, la cadette Kinsey, et le petit dernier, Bode – alors qu’ils emménagent à Keyhouse, suite à la mort brutale de leur père. Traumatisés tant par cette perte que par les circonstances qui l’ont entourée, chacun essaie de se reconstruire. Mais Bode commence à trouver de mystérieuses clés, la première lui permettant de devenir un fantôme lorsqu’elle ouvre la bonne porte. Et il rencontre une mystérieuse dame dans un puits, qui se présente comme son amie mais semble également en contact avec Sam Lesser, le tueur survivant du père des enfants Locke. Quelques jours plus tard, un nouvel élève, Dodge, arrive au lycée fréquenté par Tyler et Kinsay et se rapproche d’eux. Pendant que la maison livre peu à peu ses terrifiants secrets, une toile d’araignée mortelle se tisse autour des enfants Locke…

Voilà le point de départ de la série. Joe Hill se pose là en digne fils de son père. Il possède un talent indéniable pour construire une atmosphère sombre, angoissante. Il pose efficacement tous les petits cailloux noirs de son intrigue, développe ses personnages de manière convaincante – Tyler, qui peine à admettre la violence dont il a fait preuve pour défendre les siens ; Kinsey, incapable de surmonter son trauma sauf à le nier ; Bode l’enfant qui se réfugie dans le jeu de quête des clés ; Nina qui sombre dans l’alcoolisme ; chacun va évoluer au fil des événements. L’accent est surtout mis sur les trois enfants Locke, les adultes étant pour la plupart aveugles face aux événements surnaturels qui ne manquent pas de se produire.

Le système des clés, chacune disposant d’une forme et d’un pouvoir unique, s’avère passionnant. On est avide de connaître d’autres clés, curieux de connaître leurs capacité. Au fil du récit, passé et présent s’entremêlent de plus en plus, nous permettant de mieux saisir l’ampleur des maléfices entourant Keyhouse et ses origines. Jusqu’au final, époustouflant, où toutes les pièces s’imbriquent, où toutes les pistes jetées se dénouent, où tout trouve sa résolution. Un ultime retournement de situation achèvera le lecteur, tout tourneboulé par tant de tragédies

Depuis, la série a été diffusée sur Netflix. Celle-ci, adaptée par Joe Hill lui-même, s’adresse à un public plus large, plus jeune que les comics. Elle est beaucoup plus édulcorée, ses personnages lissés, les événements adoucis (si je puis dire). Malgré ses qualités en terme de décors et de jeu d’acteurs, je n’accroche donc pas car j’ai encore en tête la complexité et la noirceur qui infusent si brillamment les comics originaux.

Mais les comics, mazette, ça faisait longtemps que je n’avais pas frissonné comme ça en lisant une BD ! On est dans un récit fantastique horrifique de haute volée et le dessin superbe de Gabriel Rodriguez y participe pour beaucoup également. Une lecture recommandée si vous recherchez un bon récit d’horreur ! 🙂

Éditions Bragelonne, collection Milady Graphics, 2013-2014, 6 volumes (série terminée)

Hante-Voltige, Nelly Chadour

Quatrième de couverture

Années 80, Paris. Il chevauche la nuit sur sa moto chromée, hantant les rues enfumées de la Capitale.
Que peuvent faire Leïla, Fusain, Byron et La Santeria pour arrêter cette menace sans visage cachée derrière un casque noir comme l’éternité ?
Le Motard fait rugir son moteur, et sa soif de vengeance ne connaît pas de frein.

Mon avis

Si les années 80 sont à la mode en ce moment, à la lecture de Hante-Voltige, on sent d’emblée que son autrice, Nelly Chadour, n’a pas choisi cette période pour suivre la vague. Nous sommes à Paris, peu après la mort de Malik Oussekine et d’Abdel Benyahia, victimes de violences policières. Mais voilà que dans ce contexte tendu, un mystérieux flic à moto sème la mort sur son passage. Un flic revenu d’entre les morts.

Hante-Voltige est sans contexte ce que l’on appelle un roman pulp. La couverture donne le ton d’emblée, avec son sous-titre : « 50% flic, 50% spectre, 100% FATAL ! » digne des affiches de films d’horreur de série B. Pourtant, derrière le récit haletant, sans temps mort, on sent une profondeur, un message sous-jacent. Le fait que le roman s’ouvre (ou presque) sur la marche silencieuse qui fait suite à la mort de Malik et d’Abdel, deux jeunes Maghrébins, ainsi que l’évocation des violences policières impunies, tout cela laisse un goût amer en bouche tant le passé résonne un peu trop vivement dans le présent.

L’un des points forts de ce roman qui se dévore, outre son ancrage dans la réalité historique de Paris, ce sont ses personnages principaux. Je crois bien n’avoir encore jamais lu de récit de fiction où ce sont des punks qui mènent la danse. Et quels punks ! Fusain, l’artiste au coeur d’artichaut, Byron, l’Irlandais qui baragouine le français comme une vache espagnole, La Santeria et son phrasé soutenu… Un trio haut en couleur auquel s’ajoute Leïla, qui apporte une touche féminine bienvenue dans ce trio masculin. Il y a aussi Papy Pantoufles, dont le surnom dissimule une force de caractère nécessaire au vu de ses activités clandestines.

J’ai aimé ces personnages, j’ai aimé suivre leurs dangereuses aventures dans l’envers de Paris, peuplé de spectres et d’ogresses, j’ai aimé trouver dans ce roman un mélange de fantastique, de pulp, de folklore kabyle et de politique. J’ai aimé le style de Nelly Chadour, tout en gouaille, qui rend les personnages si vivants et l’action si prégnante.

Le roman se termine sur une porte ouverte à une éventuelle suite (mais l’intrigue principale est bouclée, Hante Voltige se suffit à lui-même). Et j’ai tellement aimé que j’adorerais découvrir la suite des aventures de Leïla, Fusain, Byron et La Santeria ! 🙂

Éditions Les Saisons de l’étrange (saison 2), 2019, 187 pages.

Élévation, Stephen King

Quatrième de couverture

Dans la petite ville de Castle Rock, les rumeurs circulent vite. Trop vite.
C’est pourquoi Scott Carey ne veut confier son secret à nul autre que son ami le docteur Bob Ellis. Car avec ou sans vêtements, sa balance affiche la même chose, et chaque jour son poids diminue invariablement. Que se passera-t-il quand il ne pèsera plus rien ?
Scott doit également faire face à un autre problème : les chiens de ses nouvelles voisines ont décidé que sa pelouse était le lieu idéal pour faire leurs besoins. Entre le couple et Scott, la guerre est déclarée. Mais lorsqu’il comprend que le comportement des habitants de Castle Rock, y compris le sien, envers les deux femmes mariées met en péril le restaurant qu’elles ont ouvert en ville, il décide de mettre son « pouvoir » à contribution pour les aider.

Mon avis

Après Gwendy et la boîte à boutons, Stephen King nous gratifie d’une autre novella. Mais malgré sa brièveté, Élévation se lit avec délectation.

Scott Carey a un problème. Lorsqu’il se pèse, sa balance affiche invariablement le même poids, quel que soit le nombre d’objets transportés dans ses poches. Il s’ouvre à son ami médecin de ce secret, ne sachant quelle raison peut bien occasionner cette étrange perte de poids. Car plus les jours passent, plus il se sent léger, malgré l’indication contraire de sa balance.

L’autre problème de Scott, c’est le fait que les chiens de ses nouvelles voisines qui viennent souiller sa pelouse. Nouvelles voisines d’un abord peu facile et qui ont ouvert récemment un restaurant, boudé par la population de Castle Rock, peu ouverte à la présence de ce couple de femmes.

Le décor et les personnages sont désormais plantés ! Qu’est-ce donc qu’Élévation ? C’est une histoire entièrement dénuée d’horreur, ce qui est assez rare chez Stephen King pour être noté. Une histoire douce-amère, mais au fond positif. Une histoire qui montre, une fois de plus, que Stephen King est aussi à l’aise dans le registre du fantastique léger, humaniste que dans l’horreur.

Une histoire qui promeut le respect d’autrui, la tolérance et la solidarité dans l’Amérique de Donald Trump, autant dire une histoire lumineuse plus que bienvenue. Scott est attachant, il s’efforce de faire au mieux. Il saura trouver comment faire tomber la barrière qui le sépare de ses voisines – barrière dont il comprendra bien vite la raison.

Le final est mélancolique, apportant une touche de tristesse à cette belle histoire. Mais reste en souvenir cette sympathique lecture, d’autant plus recommandée en ces temps troublés par l’homophobie (qui ne se cantonne pas aux États-Unis, hélas).

Éditions Le Livre de poche, 160 pages, 2019

Comment le dire à la nuit, Vincent Tassy

Quatrième de couverture

La dame en noir vivait seule dans son château. Elle ne pouvait pas mourir. De tout ce temps qu’elle avait, elle ne faisait rien. Et puis un jour, elle trouva sur son chemin le garçon aux cheveux blancs.
Elle l’enleva.
Elle voulait vivre une histoire. Une histoire d’amour et de nuit qui traverserait les siècles.

Mon avis

Si, en lisant le résumé, vous pensez avoir affaire à une nouvelle histoire romantique et vampirique façon Twilight, vous vous fourrez le doigt dans l’oeil, jusqu’au coude. La couverture, avec son cygne noir et ses fleurs toutes en noir et blanc sur fond de pleine lune, donne pourtant le ton. Tout comme le titre. Comment le dire à la nuit est un roman mélancolique et romantique, dans le sens littéral de ses termes.

Plusieurs personnages vont se croiser au fil du texte, comme au fil des époques. Adriel, captif d’Athalie, la fameuse dame en noir du résumé. Egmont, jeune homme du XIXe siècle promis à un mariage arrangé alors qu’il entretient une relation aussi passionnée que secrète avec son ami Léopold. Rachel, de nos jours, qui traverse la vie comme si elle n’en attendait que la fin. Sauf lorsqu’elle écoute les chansons de Cléopâtre, chanteuse à la voix subjuguante. Parascève, jeune femme transexuelle passionnée de livres à l’eau de rose et qui travaille dans ce domaine.

Tous ces personnages vont, au fil de l’intrigue, se croiser, s’aimer, vivre des déchirements. Le tout sous la menace perpétuelle d’Athalie, aussi folle qu’immortelle. Athalie, qui n’hésite pas à massacrer, à transformer des êtres pensants en pantins de chair, pour satisfaire ses désirs les plus étranges et les plus fous.

Le récit nous entraîne d’un personnage à l’autre, d’une époque à l’autre, tisse des carrefours entre eux pour mieux les éloigner ensuite, à la manière d’un ballet. Malgré son apparente complexité, on se laisse vite envoûter par la toile réalisée de main de maître par Vincent Tassy.

Comment le dire à la nuit est servi par une plume très poétique, qui rend à merveille toute la mélancolie exsudant de ces personnages. D’ailleurs je vous déconseille la lecture de cet ouvrage si vous êtes dans un moment difficile. C’est une histoire de solitude, de folie, de perte, de tristesse, d’amours contrariées (parfois de manière déchirante). Une histoire romantique dans le sens des romantiques du XIXe siècle, avec cet aspect mortifère qui plaisait tant dans le genre. Une histoire qui, à mon sens, s’inscrit parfaitement dans la mouvance du roman gothique, mais dans un cadre moderne (pour les parties du récit se déroulant à cette époque).

Si vous avez envie de lire une histoire de vampires résolument différente, si vous aimez les romans gothiques classiques, vous trouverez là un excellent roman gothique moderne. Certes, il ne respire pas la joie de vivre, mais il est rédigé avec une plume magnifique et l’auteur décrit ses personnages avec une tendresse visible, malgré le cauchemar dans lesquels il va les plonger.

Aux âmes sensibles, un petit avertissement cependant, l’ouvrage comporte des scènes difficiles.

Éditions du Chat Noir, 368 pages, 2018