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La saga d’Uasti, Tanith Lee

saga_uasti_tanithleeQuatrième de couverture

Née du feu d’un volcan, Uasti, la mystérieuse déesse voilée , va parcourir le monde des hommes à la recherche de son destin. Tour à tour épouse de voleur ou de roi, guérisseuse, guerrière, sorcière, elle finira par comprendre le mystère de ses origines et se retirer de l’autre côté de l’océan. Mais elle a laissé derrière elle son fils, Tuvek, élevé par les barbares dans l’ignorance du secret de sa naissance. Lorsqu’il apprendra de qui il est l’enfant, Tuvek va jurer de se venger de cette mère qui l’a abandonné. Fort des pouvoirs magiques que son sang lui a transmis, il va aussi traverser les mers pour traquer sans relâche celle qu’il hait plus que tout au monde, sa mère, Uasti la sorcière blanche…

Mon avis

Tanith Lee fait partie de mes écrivains favoris et pourtant cela n’a pas empêché ce livre de dormir sur mes étagères pendant plusieurs années avant que je ne le lise enfin… Sans doute parce que ce petit pavé m’impressionnait, du haut de ses mille et quelques pages ! ^^ » Mais, une fois commencée, ma lecture s’est poursuivie rapidement et avec plaisir. Car comme toujours, Tanith Lee a fait montre de talent et a su créer un univers aussi chatoyant que sensuel au sein duquel se déroulent des histoires captivantes.

La saga d’Uasti comporte l’intégralité de la trilogie formée par La Déesse voilée, Vazkor et La Quête de la sorcière blanche. Dans la première partie, nous découvrons la narratrice qui s’éveille dans le noir, sans aucun souvenir de son identité ni du lieu où elle se trouve. Ce n’est qu’en s’extirpant de ce souterrain qu’elle découvre qu’elle était endormie sous un volcan. Elle masque son visage dès qu’elle le peut, car pour avoir vu son reflet, elle se sait maudite et ne devant pas offrir son visage à la vue des autres. Au fil de ses errances, elle se découvre des pouvoirs aussi fluctuants qu’insoupçonnés. Dans Vazkor, nous suivons le parcours de son fils qu’elle a abandonné, ne l’ayant jamais désiré – c’est un puissant sorcier, avide de pouvoir, qui l’a épousée en profitant de son ascendant sur elle, pour assurer une descendance avec celle qu’il considérait comme membre d’une espèce supérieure. Ce fils, élevé dans une tribu barbare et dans le secret de ses origines, va croiser de manière sanglante la route d’individus qui ont autrefois côtoyé son père – père auquel il ressemble beaucoup. Dès lors, Tuvek va cheminer pour découvrir sa parenté et concevoir un désir de vengeance sur cette mère qui l’a abandonné. Dans La quête de la sorcière blanche, Tuvek est parti par-là les mers pour retrouver sa mère biologique, dans l’optique d’assouvir sa vengeance. Mais la route sera semée d’embûches et d’illusions.

Vous l’aurez compris, l’un des thèmes majeurs de cette trilogie est la quête des origines. Pour Uasti (nom que notre narratrice se verra donner dans La Déesse voilée) comme pour Tuvek, cette quête des origines (qui se double d’une quête d’identité pour Uasti) sera le moteur de leur voyage. On pourrait même parler d’errance, d’ailleurs, concernant Uasti puisqu’elle sera ballottée au fil des événements, avant de décider seule de son destin lorsqu’elle aura enfin trouvé les clefs de son passé. Pour Tuvek, les choses sont quelque peu différentes. Il croit savoir qui il est mais découvrir l’identité de ses véritables parents va profondément bouleverser son regard sur son lui-même – et faire naître en lui une véritable haine pour cette mère qui l’a abandonné.

Le thème du pouvoir est également prégnant, Uasti comme Tuvek appartenant à une espèce non humaine, malgré leurs apparences, ils joueront souvent (parfois inconsciemment) de la suprématie que leur donne leurs pouvoirs mentaux. De ce fait, le lecteur ne s’identifiera pas à eux. Mais il sera ravi par les voyages des personnages au sein de contrées barbares ou soi-disant civilisées, le tout sous la plume toujours aussi poétique et sensuelle de Tanith Lee. De fait, malgré la violence qui pouvait entourer les deux personnages principaux (quand ils ne l’imposaient pas eux-même), j’ai beaucoup aimé ce voyage dans ces contrées imaginées par Tanith Lee. Elle a le don de déployer sous nos yeux des paysages, des villes, des cultures certes parfois barbares ou répugnantes, mais toujours avec un vocabulaire chamarré qui leur donne le poli des univers de contes. Le fait qu’elle s’attarde sur les descriptions et non sur l’action accentue d’ailleurs cet effet.

À noter que si la trilogie s’inscrit majoritairement dans le genre de la fantasy, La Déesse voilée contient une part de science-fantasy. Un mélange des genres qui se fait avec fluidité même s’il pourra surprendre, je pense, certains lecteurs en dépit des indices glissés par l’auteur pour annoncer cette transition.

La saga d’Uasti est donc un pavé mais un plaisant pavé, puisque les pages se tournent toutes seules et que l’auteur a su créer un univers aussi foisonnant que décrit en détails. Cette abondance de descriptions, bien que rédigées dans une écriture sensuelle, pourra peut-être rebuter certains mais pour ma part, elle a contribué à me donner le sentiment de lire une véritable et passionnante saga de science-fantasy. 🙂

Éditions J’ai Lu, 1041 pages, 2004

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Pavé de l’été organisé par le blog Sur mes brizées.

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Publié par le 30 septembre 2016 dans Lecture

 

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Chanur, Carolyn J. Cherryh

chanurQuatrième de couverture

Au spatioport, on a vu l’inconnu errer, hagard, apeuré, apparaissant et disparaissant dans le dédale des conteneurs, des ponts et des passerelles.
Et c’est lui que la capitaine Chanur et son équipage découvrent à bord de leur vaisseau. Quel est cet être à la peau pâle et nue, sans crocs ni griffes, et qui ne semble pas comprendre leurs questions ?
Qui sont-elles, se demande-t-il à son tour, ces navigantes mi-femmes mi-louves, dont la fourrure rousse scintille de bijoux d’or ?
Tandis que le vaisseau fend l’espace, deux mondes, deux langages vont découvrir leurs différences. Pour s’affronter ou se répondre ?

Mon avis

Plusieurs fois lauréate du prix Hugo, Carolyn J. Cherryh est une auteure qui a laissé une belle empreinte dans la littérature de science-fiction. Elle écrit encore de nos jours mais je vais plutôt vous parler de son roman Chanur, paru pour la première fois en 1981 (édition en VF en 1983). Il n’est plus réédité aujourd’hui ce qui est bien dommage, car c’est très bon space opera !

Chanur met en scène un équipage hani, les Hanis étant une race mi-féline, mi-humanoïde. Une telle description, couplée à l’illustration de couverture, n’a pas manqué de me faire visualiser les Hanis à l’image des CosmoCats ! ^^ Oubliez cependant la posture des personnages de la couverture car chez les Hanis le sexe faible, c’est le mâle ! En effet, l’auteur s’est inspiré du mode de vie des lions pour décrire le fonctionnement sociétal des Hanis, à savoir qu’ils sont répartis en clans – Chanur suivant une capitaine issue du clan idoine – dirigés par des mâles, les jeunes mâles quittant le clan pour vivre à l’écart jusqu’au jour où ils reviennent pour tenter de prendre le pouvoir. Par ailleurs, ce sont les femelles qui s’occupent de subvenir aux besoins du clan, notamment en voyageant dans l’espace pour commercer avec les autres espèces intelligentes peuplant l’espace connu. Autant dire que l’équipage hani du vaisseau L’Orgueil de Chanur ne fera jamais appel à l’aide d’un quelconque mâle, même dans les pires instants, ce qui fait que la couverture est vraiment en contradiction avec l’histoire à ce niveau-là.

Le quotidien de Pyanfar Chanur, capitaine du vaisseau, va cependant être bouleversé alors qu’elle fait affaire à la Jonction, grande base stellaire où différentes races commercent entre elles. Un passager clandestin s’infiltre dans son vaisseau et il appartient à une race jamais vue auparavant. Le lecteur, à la description de ce passager, aura vite fait de l’identifier comme étant humain mais aux yeux de Pyanfar, il reste longtemps une créature inconnue. De plus, il amène un paquet de problèmes car il a fui un vaisseau kif, une espèce à l’aspect physique saurien et au comportement naturel des plus vindicatifs. Or, les Kifs réalisent rapidement que leur précieux prisonnier a pris place à bord de L’Orgueil de Chanur et vont prendre ce dernier en chasse.

Nous suivons donc la fuite de Pyanfar et de son équipage face aux Kifs, mais aussi leur tactique pour s’en sortir, leur enquête sur l’identité de leur passager clandestin et les alliances qui seront nouées pour tenter de s’en sortir. Pyanfar est une Hani expérimentée, de rang élevé au sein de son clan, et elle étudie souvent plusieurs solutions avant de déterminer laquelle sera la clé de sa survie et de celle de son équipage. Le roman est centré sur son point de vue et de fait, ce point de vue extraterrestre donne tout son intérêt à Chanur. L’humain n’y a somme toute qu’une place très minime, voire même perturbatrice. Tout est vu selon la vision hani. Un tel point focal est suffisamment original pour donner tout son intérêt au roman, mais s’y ajoute également le talent de l’auteur pour nous faire appréhender facilement cette société particulière ainsi que l’univers dans lequel les Hanis évoluent. C’est par petites touches que leur mode de fonctionnement, leur culture, se dévoile, de même que ceux des différentes races que l’on croisera au fil du roman.

On est aussi bien servi avec la diversité des races présentées ! Les Hanis ne ressemblent en rien aux Shtso, pas plus que les Kifs n’ont de points communs avec les Knnn – cette dernière espèce étant d’ailleurs encore un mystère aux yeux des autres tant elle est étrange. Et il en existe d’autres ! Les quelques lieux spatiaux visités sont aussi décrits avec brio – en quelques mots, l’auteur parvient à nous en brosser un portrait très évocateur – et la vie à bord du vaisseau est elle aussi très bien rendue.

Chanur est un excellent space opera et ouvre un cycle composé de cinq livres au total. Cependant, l’intrigue est bel et bien bouclée à la fin du roman, vous ne serez donc pas frustrés si vous n’avez pas la suite du cycle sous la main. Quant à moi, la raison pour laquelle je vais me lancer dans la suite est toute simple : suivre Pyanfar dans de nouvelles aventures ! 🙂

Éditions J’ai Lu, 317 pages, 1983

Cette lecture s’inscrit dans les challenges Je suis éclectique (catégorie Science-Fiction) du forum Mort-Sûre et Summer Star Wars : Episode VII du blog RSF Blog.

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Publié par le 28 juillet 2016 dans Lecture

 

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De bons présages, Terry Pratchett et Neil Gaiman

debonspresagesQuatrième de couverture

L’Apocalypse ! Depuis le temps qu’on en parle… Eh bien, c’est pour demain. Enfin, dans onze ans, très exactement. Depuis que Dieu a créé le monde et Satan l’enfer, chacun des deux cherche à tirer la couette à lui. Pour défendre leurs intérêts respectifs, ils ont leurs envoyés spéciaux sur terre. Côté Bien : Aziraphale (ange de son état, bibliophile et libraire à mi-temps). Côté Mal : Rampa (démon, lunettes noires et boots en peau de serpent, propriétaire d’une Bentley). Et l’Apocalypse, ça ne les arrange pas du tout. Parce que, vous savez ce que c’est, quand on vit quelque part depuis des siècles, on a ses petites habitudes. Alors ange et démon vont doubler leurs patrons et tout mettre en oeuvre pour faire capoter l’Apocalypse.

Mon avis

Terry Pratchett est l’auteur des inénarrables et drôlatiques Annales du Disque-Monde. Neil Gaiman a créé des romans marquants (Neverwhere, American Gods, …) et une série de comics qui l’est tout autant (Sandman). Entre autres, pour les deux artistes. Alors quand les deux s’associent pour écrire un roman, ça donne De bons présages et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce livre envoie du pâté ! 😉

L’Antéchrist arrive ! L’Apocalypse est donc proche – elle arrivera lorsque l’Antéchrist atteindra sa onzième année, très exactement. Rampa – un démon – et Aziraphale – un ange – sont donc avertis par leurs autorités respectives que la grande bataille entre le Bien et le Mal approche. Mais Rampa et Aziraphale traînent sur Terre depuis longtemps. Très longtemps. En effet, chacun donnent de petits coups de pouces (vers le Bien ou le Mal, selon leurs camps respectifs) pour pousser un peu les âmes humaines vers tel ou tel camp. Mais, à travailler ainsi côte à côté depuis si longtemps, ils ont développés une sorte de camaraderie, comme deux collègues d’entreprises rivales fraterniseraient à force de se croiser sur un lieu de travail commun. Et puis la Terre est tout de même bien agréable à vivre. Si elle devenait un Enfer ou un Paradis permanent, elle deviendrait franchement invivable ! (oui, même si le Paradis l’emportait, car dans celui présenté par nos deux auteurs, seuls très peu de musiciens ont pu y accéder. Et ce ne sont pas les plus populaires. Même Aziraphale grimace en imaginant l’univers musical d’une Terre sous la coupe du Paradis).

Voilà pour le tableau de base ! Ajoutez à cette paire improbable (mais pourtant très attachante !) des chasseurs de sorcières à côté de la plaque (ou pas), un ordre religieux satanique ayant fait voeu de bavardage, un livre de prophéties très détaillé et précis, une Bentley où toutes les musiques jouées finissent invariablement par se transformer en morceaux de Queen, les Cavaliers de l’Apocalypse (quoique Pestilence a pris sa retraite, Pollution ayant pris le relais), un plan ineffable et une bande de gamins dont l’imagination débordante va s’avérer bien plus riche en conséquences qu’ils ne le pensaient au premier abord.

Le résultat ? Un roman décapant qui a titillé mes zygomatiques plus d’une fois, des passages à l’ironie mordante, des réflexions pas piquées des vers sur notre petit monde d’humains et ses croyances (les premières pages donnent le ton d’emblée, avec les réflexions de Rampa sur la fameuse pomme interdite du jardin d’Eden !) et une vision de l’Apocalypse aussi irrévérencieuse que respectueuse des poncifs (si si, c’est possible !). Sans oublier un bel hommage à l’enfance et à l’imagination, au passage.

Si certains chapitres m’ont paru porter plus la marque de l’un ou l’autre auteur, je dois dire que leur travail commun est vraiment de haute volée. Si vous êtes en mal de bonne lecture délirante (et pourtant qui tient la route !), si le monde actuel vous désespère, ou si, tout simplement, vous avez envie d’une bonne lecture, De bons présages est pour vous ! Pour ma part, j’ai adoré ! 🙂

Et, fraise sur le gâteau (j’aime pas les cerises), Neil Gaiman a récemment annoncé qu’une adaptation pour le petit écran était actuellement dans les tuyaux, Terry Pratchett lui ayant donné (de façon posthume) sa bénédiction pour une telle entreprise.

Éditions J’ai Lu, 2010, 439 p.

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Je suis éclectique (catégorie Fantasy) du forum Mort-Sûre.

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Publié par le 31 mai 2016 dans Lecture

 

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Dans le torrent des siècles, Clifford D. Simak

dans_le_torrent_des_sieclesQuatrième de couverture

Voilà vingt ans qu’Asher Sutton est parti dans l’espace. Même son vieil ami, Christopher Adams, ne s’attend plus à son retour.
Or, un soir, un inconnu se présente à Adams et lui dit venir du futur. Il annonce le retour imminent de Sutton et demande qu’on l’abatte à vue.
Effectivement, peu après, Asher Sutton revient sur Terre dans un astronef hors d’état de voler, sans air, sans vivres, sans combustible.
Qu’est-il arrivé à Sutton pendant ces vingt années d’absence ? Pour­quoi les hommes du futur veulent-ils l’empêcher à tout prix de publier son livre ? Un livre qu’il n’a jamais envisagé d’écrire d’ailleurs…
Et, de toutes façons, il y a déjà longtemps qu’Asher Sutton est mort.

Mon avis

Clifford Simak est un auteur davantage connu pour son livre Demain les chiens que pour ses autres oeuvres, et pour cause : ce titre fait partie des classiques de la science-fiction. Pourtant, si on fouille dans sa bibliographie, on peut trouver d’autres bons récits (et du moins bon, pour être honnête ^^). Dans le torrent des siècles se place dans la première catégorie 🙂

C’est, comme le titre l’indique, une histoire de voyage(s) dans le temps. Nous sommes d’ailleurs mis dans l’ambiance dès le premier chapitre, lorsque Adams reçoit la visite imprévue d’un inconnu. Ce dernier, venu du futur, lui prédit le retour d’un ami depuis longtemps disparu lors d’une mission spatiale. Encore plus surprenant : l’inconnu lui ordonne d’abattre Asher Sutton (le fameux ami disparu) dès son retour ! Voilà donc, d’entrée de jeu, bien des mystères qui sont posés !

L’histoire se déroule dans un futur lointain. Malgré quelques similitudes au niveau du mode de vie humain, celui-ci vit désormais longtemps – très longtemps – et a conquis l’espace. Pour asseoir son emprise sur l’univers, il a créé des robots, ainsi que des androïdes (la différence entre les deux est que les premiers sont d’origine mécanique, les seconds chimique). C’est dans ce contexte que Sutton a été envoyé explorer une planète dont aucun vaisseau ni sonde n’arrive à s’approcher. Mais Sutton disparaît sans laisser de traces et son retour, vingt après, à bord d’une navette dans un tel état qu’il lui aurait été impossible de survivre à bord suscite bien des questions.

Clifford Simak prend son temps pour poser l’intrigue et développer les thèmes abordés par l’histoire. On sent qu’il prend plaisir à nous raconter cette histoire, à nous faire suivre les aventures de Sutton (qui, bien qu’étant la clé du mystère, est aussi perdu que le lecteur au début, car il ne sait pas pourquoi des personnes venues du futur veulent sa mort). Les questions que l’on se pose sur toutes ces énigmes semblent de prime abord se complexifier (avec les voyages dans le temps et les répercussions futures d’un livre encore non écrit, il y a de quoi ! ^^) mais trouveront une résolution fort logique au cours du roman.

Si Clifford Simak est reconnu comme un auteur classique, c’est par ses thèmes abordés. Dans le torrent des siècles ne déroge pas à la règle car il propose des réflexions philosophique sur différents thèmes, réflexions qui sont des plus intéressantes. Je ne développe pas plus de peur de vous ôter le plaisir de découvrir les clés du mystère, mais, parmi ces thèmes, se trouve notamment la question du traitement des androïdes. Ces êtres conçus dans des usines biologiques sont différenciés des humains par un code-barre tatoué sur leur front et limités à des postes de travail éloignés des cercles décisionnels. Ce ne sont rien d’autres que des êtres inférieurs aux yeux des autres êtres humains. Mais un tel traitement est-il juste ? En 1950 (date de parution du roman), bien avant Battlestar Galactica qui évoque également le problème de la relation homme-androïde (mais pas que), Simak posait déjà de sacrées questions !

Mais ne soyez pas rebutés pour autant : tout l’art de Simak, c’est qu’il parvient à glisser ces considérations d’ordre philosophiques dans un récit plaisant, avec des personnages attachants, un style simple, et il nous gratifie même de nombreuses scènes bucoliques, apaisantes. Simak aime conter et cela se sent : on se laisse prendre par la main avec plaisir, on s’immerge dans ce futur, on a le vertige avec les différents sauts dans le temps, on se promène sur Terre et sur des planètes étrangères dont l’environnement est profondément autre, on s’interroge et réfléchit sur les réflexions posées par l’auteur comme on débattrait avec un ami.

Dans le torrent des siècles a été, pour moi, une agréable lecture estivale en raison de ces différents points. Un joli mélange de voyage dans le temps, de space opera et d’androïdes. Et j’ai donc noté qu’il fallait absolument que je me penche un jour sur son oeuvre maîtresse, Demain les chiens, à l’occasion ! 🙂

Éditions J’ai Lu, 312 pages, 1973

Cette lecture s’inscrit dans les challenges Retour vers le futur organisé par Lune, Summer Star Wars Episode III de RSF Blog et Je suis éclectique du forum Mort-Sûre, catégorie Science-Fiction.

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Publié par le 10 septembre 2015 dans Lecture

 

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Les voies d’Anubis, Tim Powers

les_voies_d_anubisQuatrième de couverture

Vraiment, pourquoi Brendan Doyle, jeune professeur californien, aurait-il refusé de faire à Londres cette conférence payée à prix d’or ? Comment deviner que l’attend la plus folle et la plus périlleuse des aventures ?
Voyez plutôt : à peine arrivé, le voici précipité, par une mystérieuse brèche temporelle, dans les bas-fonds de Londres. De Londres en 1810 ! Sorciers, sectes et rumeurs de loup-garou… Et, nul doute, quelqu’un cherche à l’enlever sinon à le tuer !
Au hasard de sa fuite, Doyle régressera jusqu’en 1685 puis sera projeté dans l’Égypte de 1811 où des magiciens vénèrent encore le dieu Anubis.
Traqué, maintes fois capturé et toujours s’échappant, il cherche à corps perdu la « brèche » du retour.
O douce Californie d’aujourd’hui, où es-tu ?

Mon avis

J’avais entendu beaucoup de bien des romans de Tim Powers, et de celui-ci en particulier. Je me suis donc lancée dans cette lecture en m’attendant à du bon. Mais, en fait, ce n’est pas un bon roman : c’est carrément un bijou,que dis-je, un chef d’oeuvre ! D’ailleurs, je ne sais pas trop par quel bout commencer cette chronique tant ma lecture fut des plus appréciables et les éléments positifs, nombreux 🙂

Commençons donc par le personnage principal. Après une introduction pleine de mystère et de magie, on suit Brendan Doyle qui, au début du récit, répond à une offre portant sur sa connaissance de la vie du poète Coleridge. Doyle nous apparaît de prime abord comme plutôt antipathique et brisé par un accident survenu quelques années auparavant. Quand il apprend que la dite offre dissimule en fait l’opportunité d’écouter le véritable Coleridge, grâce à une brèche fixe dans le cours du temps permettant d’effectuer l’aller et retour à son époque, il peine à y croire mais accepte tout de même. Le voyage a lieu mais, à la fin de la conférence, Doyle est enlevé. Par qui, pourquoi ? Doyle ne le sait pas et nous, lecteurs, conjecturons également. Au fil du récit, Doyle va se retrouver bringuebalé sans trop comprendre ce qui se passe mais, heureusement pour lui, il va croiser la route de quelques bonnes âmes qui vont l’aider à se débrouiller dans ce siècle qui n’est pas le sien. Et, petit à petit, Doyle gagne notre sympathie, devenant héros malgré lui et acquérant au fil du temps le courage qui lui manquait tant au début. Une chose est sûre : Tim Powers soigne son personnage principal, et se permet même de le présenter d’abord sous un jour peu reluisant !

Parlons de l’intrigue, maintenant. Ou plutôt des intrigues, car le récit principal comporte plusieurs intrigues secondaires (pas si anecdotiques que ça !) et que tout cet écheveau va s’avérer lié. L’auteur mène de main de maître ses différents fils ainsi que ses personnages qui, s’ils disparaissent parfois de l’action de premier plan, ne sont pas pour autant oubliés. Non : ils ont tous leur rôle à jouer et l’auteur dévidera leurs destins en même temps que l’histoire durant le roman. Une telle maîtrise, avec toutes les intrigues qui trouvent leur conclusion à la fin sans un seul faux pas, m’a laissée admirative. En effet, il est facile de s’emmêler les pinceaux avec les récits de voyages temporels, surtout dans le vertigineux cas de figure choisi par Tim Powers, mais ce dernier évite tous les écueils avec succès.

Comme l’indique la quatrième de couverture, Doyle va donc voyager plusieurs fois dans le temps, pour le plus grand bonheur du lecteur. Du présent – plus exactement, les années 80, le roman datant de 1983 – à 1685, en passant par 1810. Les XVIIe et XIXe siècle sont retranscrits avec tant de détails qu’il est clair que l’auteur s’est bien documenté auparavant. Et, cette fois, le voyage dans le temps se mêle de sorcellerie. Un mélange détonant mais qui fonctionne 🙂

De fait, le roman dans son ensemble mélange nombre d’éléments : les genres avec la science-fiction (le voyage dans le temps), la fantasy (la magie) et le fantastique (des passages dignes de l’horreur), les références littéraires (l’accent mis sur les poètes britanniques du XIXe siècles, les passages concernant Horrabin m’ont rappelé L’île du docteur Moreau de H. G. Wells)… ajoutez à cela du loup-garou, de nombreuses références à l’Égypte ancienne et vous obtenez… eh bien encore plus qu’un simple mélange. Les Voies d’Anubis ne fait pas que s’inspirer de tout cela, ou de les mixer, il les transcende ! Et quand j’ai appris que Tim Powers était considéré comme l’un des pères du genre steampunk, j’ai compris pourquoi, malgré toutes ces inspirations visibles, le roman se hissait au niveau d’oeuvre originale.

Parlons aussi de loup-garou ! Présent dans une des intrigues secondaires, ce loup-garou change énormément des caractéristiques habituelles des récits du genre. Pas besoin de pleine lune pour se transformer et, de fait, pas de réelle transformation en loup mais une pilosité abondante et une déformation des traits. J’ai apprécié l’originalité du traitement de cette créature et si, pendant un temps, j’ai craint qu’il ne fasse que de la figuration dans l’histoire, le roman m’en a détrompée au fil des pages !

Je n’ose en dire plus pour vous laisser la découverte, mais ce roman fait clairement partie de mes coups de coeur de l’été. Brillant par de nombreux aspects (intrigue, originalité, personnages…), il possède également un style qui emporte facilement dans le récit. Et, malgré le nombre de références historiques, littéraires ou encore mythologiques, Les Voies d’Anubis est suffisamment accrocheur pour toucher un large public. Un bijou, je vous dis ! 🙂

Éditions J’ai Lu, 477 pages, 1986

Cette lecture s’inscrit dans les challenges Attention à la Pleine Lune du forum Mort-Sûre et Retour vers le futur organisé par Lune.

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Publié par le 26 août 2015 dans Lecture

 

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