Publié dans Lecture

Fille d’Hécate t. 1 : La Voie de la Sorcière, Cécile Guillot

QuatrièmeFille d'Hécate t. 1 : La Voie de la Sorcière, Cécile Guillot de couverture

« Je croyais n’être qu’une étudiante ordinaire et sans doute trop renfermée. Et puis, il a eu cette expérience étrange, la découverte de mon don… Maintenant je dois apprendre à m’accomplir en tant que sorcière, développer mes pouvoirs et trouver ma place en ce monde. Tout aurait-été parfait s’il n’y avait pas eu ces cauchemars et ces malaises. Quelqu’un cherche à me nuire ! Mais qui pourrait bien me harceler ainsi ?
Et, pour ne rien arranger, j’ai aussi un mémoire à écrire pour valider ma dernière année de psycho. Ma vie n’est vraiment plus de tout repos ! »

Maëlys nous ouvre les portes d’un univers étrange et déroutant, celui de la Wicca. La quête spirituelle qui est sienne va l’exposer à des menaces insoupçonnées. Surtout que le destin pourrait bien placer sur son chemin, les clés qui l’aideront à résoudre les mystères d’une existence parsemée d’ombres… Car, une sorcière peut-elle s’épanouir coupée de ses racines, ignorante d’un passé dont pourrait dépendre l’avenir ?

Mon avis

J’avais pu aborder l’univers de Fille d’Hécate dans la nouvelle Ce qui nous lie du même auteur, parue dans l’anthologie Saisons païennes. La nouvelle, totalement indépendante du roman (et maintenant que j’ai lu ce dernier, je confirme, on retrouve simplement un personnage commun), m’avait beaucoup plu par son atmosphère sereine et sa façon d’aborder la Wicca. La Wicca est, d’ailleurs, fortement présente dans ce premier tome de Fille d’Hécate puisque l’on y suit le parcours de Maëlys qui découvre un jour, par hasard, ses dons de sorcière-née.

Si vous ne savez pas ce que c’est que la Wicca, ce roman vous offrira l’occasion de la découvrir en douceur, aux côtés de l’héroïne. Si vous la connaissez – que ce soit de manière très superficielle, comme c’est mon cas, ou approfondie – vous serez ravis de constater que Cécile Guillot évoque ce mouvement spirituel avec respect et sans renforts d’effets spéciaux ! Pour ma part, cela m’a plu car j’aime cette façon d’aborder la sorcellerie non pas comme un déluge de super-pouvoirs, mais comme une relation forte, respectueuse et connaisseuse avec la Nature et ses déités. Bon, cela ne m’a pas empêchée de beaucoup apprécier le personnage de Willow dans la série Buffy contre les Vampires, mais Willow, sorcière dotée de grands pouvoirs, a travaillé dur pour recevoir ces pouvoirs et a un parcours de sorcellerie – et de vie ! – fort intéressant tout au long des 7 saisons de la série télévisée.

Mais revenons à La Voie de la Sorcière ! Maëlys, l’héroïne, est une jeune fille maladroite, timide. Une jeune fille touchante à laquelle on s’attache vite, et ce d’autant plus qu’on pourrait lui ressembler. Par ailleurs, c’est une jeune fille solitaire, qui a connu son lot d’épreuves. De ce côté-là, l’auteur dépeint son personnage principal avec justesse et psychologie, le portrait de son héroïne est bien campé, aussi crédible que bien dessiné. C’est donc avec bonheur que l’on suit ses premiers pas dans la Wicca.

Certes, son acceptation de ses dons pourrait sembler rapide à certains lecteurs mais à mes yeux, cela reflète plutôt la recherche de Maëlys de sa place, de son chemin de vie, et cela ne m’a donc pas gênée. Par ailleurs, La Voie de la Sorcière est véritablement un roman initiatique – pour l’héroïne, mais aussi pour les lecteurs qui découvriraient cet univers de la Wicca – tout en mettant en place les personnages. L’action n’y est donc présente qu’avec parcimonie, ce qui n’est pas gênant en soi puisque l’auteur peut ainsi déployer univers et personnages sans aucune fausse note.

Le roman est court et prenant – je l’ai dévoré en quelques heures tellement je ne pouvais plus le lâcher ! C’est un vrai bonheur de suivre le parcours de Maëlys, de découvrir la Wicca ainsi dépeinte (et l’auteur cite deux ouvrages à la fin pour ceux qui veulent creuser davantage sur la question, ce qui représente un plus !). Pour ajouter à ce cocktail fort sympathique, Cécile Guillot ajoute une pointe de suspense avec une entité négative s’attaquant à Maëlys et dont on découvrira l’origine à la fin. Si, comme moi, vous croyez avoir déniché le coupable, méfiez-vous ! Cécile Guillot se rit autant des clichés habituels (et malheureux) liés à la sorcellerie que de ceux des romans du même genre. Ainsi, la lecture est aussi agréable que rafraîchissante.

Une très bonne lecture que ce premier volume ! Le second étant d’ores et déjà paru, je pense qu’il ne va pas tarder à rejoindre mes étagères 😉

Éditions du Chat Noir, 2012, 138 pages.

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