Quitter les monts d’Automne, Émilie Querbalec

Quatrième de couverture

Recueillie par sa grand-mère après la mort de ses parents, la jeune Kaori vit dans les monts d’Automne où elle se destine à être conteuse. Sur Tasai, comme partout dans les mondes du Flux, l’écriture est interdite. Seule la tradition du « Dit » fait vivre la mémoire de l’humanité. Mais le Dit se refuse à Kaori et la jeune fille se voit dirigée vers une carrière de danseuse.
Lorsque sa grand-mère meurt, Kaori hérite d’un rouleau de calligraphie, objet tabou par excellence, dont la seule détention pourrait lui valoir une condamnation à mort. Pour percer les secrets de cet objet, mais aussi le mystère qui entoure la disparition de ses parents, elle devra quitter les monts d’Automne et rejoindre la capitale.
Sa quête de vérité la mènera encore plus loin, très loin de chez elle.

Mon avis

Ce livre a été lu dans le cadre d’un service presse. Merci aux éditions Albin Michel Imaginaire pour leur confiance !

La splendide couverture de Quitter les monts d’Automne d’Émilie Querbalec, couverture signée Manchu, reflète à merveille le contenu de l’ouvrage. On y voit une jeune femme en tenue d’inspiration japonaise contempler le ciel où voguent des vaisseaux spatiaux. Auprès d’elle, un paysage naturel avec des éléments architecturaux japonais traditionnels et futuristes.

Dans Quitter les monts d’Automne, nous suivons Kaori, narratrice de l’histoire. Kaori, d’abord fillette boudeuse et rebelle puis, plus tard, jeune danseuse accomplie. Kaori, qui descend d’une lignée de conteurs mais n’a pas connu le Ravissement, cet événement qui déclenche le don des conteurs. La mort de sa grand-mère, qui l’a élevée après la mort de ses parents dont Kaori ne conserve aucun souvenir, va marquer un tournant dans l’existence de la jeune femme. D’autant plus que la vieille dame lui a légué un mystérieux rouleau calligraphié. Or, dans le monde de Kaori régi par le Flux, toute écriture est interdite et passible de mort.

Quitter les monts d’Automne porte aussi fort bien son titre. La première moitié de l’ouvrage se déroule sur Tasai, planète où la population comme ses moeurs sont fortement imprégnés de la culture japonaise (l’autrice est née et a grandi au Japon, une immersion qui ressort dans l’ouvrage par la précision et le naturel avec lesquels coulent les descriptions, gestes et dialogues des personnages). Nous comprenons vite, malgré la présence congrue d’éléments technologiques, qu’il s’agit là d’une planète colonisée. Cette première partie démarre en douceur, avant de placer des obstacles et événements traumatisants sur la route de notre héroïne.

Au fil de sa quête de réponse – que ce soit autour du mystérieux rouleau ou de ses origines – Kaori est amenée à quitter Tasai. À travers ses yeux de provinciale ignorante des merveilles technologiques, nous découvrons tout un autre monde, aussi ébahis et étonnés qu’elle du fossé entre les habitants de Tasai et les voyageurs spatiaux.

Quitter les monts d’Automne est un roman superbe. Superbe par son histoire, au rythme très maîtrisé, avec un univers construit de façon cohérente et un personnage principal attachant, singulier. Superbe par son écriture, magnifique, poétique sans être inaccessible, un vrai plaisir pour les yeux et l’esprit ! Vraiment, j’ai adoré le style d’Émilie Querbalec, qui parvient à nous transporter dans son univers. Tous nos sens sont sollicités, grâce à ses mots, et nous pouvons sans peine avoir l’impression de flotter comme une présence désincarnée auprès de Kaori. Enfin, Quitter les monts d’Automne est aussi superbe par les thèmes qui le parcourent : la connaissance de son histoire et de l’Histoire, le savoir, la mémoire…

Un gros coup de coeur, un roman magnifique dans un écrin qui lui convient parfaitement ! La quatrième de couverture indique qu’Émilie Querbalec avait été primée pour son premier roman. Je n’en suis pas surprise, vu la qualité de sa plume, et je ne serai pas surprise que Quitter les monts d’Automne reçoive, à l’avenir, un prix. Ce serait amplement mérité !

Trigger warning : scène de viol

Éditions Albin Michel Imaginaire, 2020, 441 pages

Cette lecture s’inscrit dans le challenge Summer Star Wars : Episode IX du blog RSF Blog
et dans le Défi Cortex organisé par Lune (liste Terre à Terre : Asie)

7 réflexions sur « Quitter les monts d’Automne, Émilie Querbalec »

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