La fille dans la tour, Katherine Arden

Quatrième de couverture

La cour du grand-prince, à Moscou, est gangrenée par les luttes de pouvoir. Pendant ce temps, dans les campagnes, d’invisibles bandits incendient les villages, tuent les paysans et kidnappent les fillettes. Le prince Dimitri Ivanovitch n’a donc d’autre choix que de partir à leur recherche s’il ne veut pas que son peuple finisse par se rebeller. En chemin, sa troupe croise un mystérieux jeune homme chevauchant un cheval digne d’un noble seigneur. Le seul à reconnaître le garçon est un moine, Sacha. Et il ne peut révéler ce qu’il sait : le cavalier n’est autre que sa plus jeune soeur, qu’il a quittée des années alors qu’elle n’était encore qu’une fillette, Vassia.

Mon avis

Après avoir adoré L’ours et le rossignol, qui figurait parmi mes coups de coeur de l’année 2022, j’ai enfin lu sa suite, La fille dans la tour. Et il s’agit là de mon premier coup de coeur pour cette année 2023 !

L’intrigue se déroule peu après la fin du précédent opus, mais elle s’ouvre d’abord sur Olga, la soeur de Vassia désormais recluse à Moscou, comme il sied à toutes les épouses de grand-princes, puis Sacha, le frère de Vassia devenu moine. Nous retrouvons Vassia plus tardivement, mais le fait que l’intrigue démarre d’abord par les autres membres de sa fratrie a toute son importance, puisqu’elle les retrouvera rapidement et restera auprès d’eux durant le reste de ses aventures.

Si le premier opus était situé au coeur des forêts hivernales, ici, la majeure partie de l’intrigue se déroule à Moscou, en hiver toujours, mais dans les rues, dans la foule et la fête religieuse qui marque la fin de l’hiver et l’arrivée prochaine du printemps. Moscou, où se tissent de nombreuses intrigues – entrevues lors du trajet de Vassia, confrontée à de mystérieux brigands qui pillent et incendient les villages.

Katherine Arden poursuit sa revisite du folklore féerique et des contes russes pour notre plus grand régal ! J’ai ainsi été ravie de retrouver un personnage connu des contes russes (je l’avais déjà croisé dans un autre roman, lu il y a très longtemps, et cela m’a donné envie de m’y replonger !), ce qui a tout de suite effacé mon regret d’avoir rapidement deviné la duplicité d’un personnage (je ne m’attendais pas à ce que ce soit ce personnage de conte !).

L’autrice creuse davantage l’un des thèmes qui étaient abordés dans le premier opus, à savoir la place de la femme dans la société russe de l’époque. Les femmes n’avaient alors que peu de choix : se marier ou rentrer au couvent. Ce qui revenait peu ou prou au même, puisqu’Olga, devenue l’épouse d’un grand-prince et mère, doit vivre recluse au terem. Vassia, qui reste la même jeune fille éprise de liberté et de grandes chevauchées (j’aime beaucoup son lien avec Soloveï, cet étalon hors norme), refuse l’un comme l’autre, ce qui la classe d’emblée comme sorcière. Pas seulement à cause de son don, qui lui permet de voir les nombreuses créatures vivant auprès des humains (lutins de maison, d’écurie, Dame de Minuit, oiseaux du destin…), mais simplement pour ne pas rentrer dans les cases étriquées. Rien que le fait de voyager seule la met au ban de la société ! Raison pour laquelle il lui faut se faire passer pour un garçon.

L’histoire se déroulant en grande partie en ville, nous avons également un bel aperçu des intrigues de cour, de l’Histoire mouvante de la Russie, alors à peine émergente. Des intrigues bien humaines auxquelles font écho un autre conflit, celui-ci surnaturel, et dans lequel va bien entendu se retrouver notre héroïne.

Mais elle peut compter sur sa soeur et son frère, malgré leurs différences. Et c’est là un autre aspect que j’ai beaucoup aimé, que ce beau portrait de fratrie qui se serre les coudes. Même si Sacha et Olga désapprouvent les choix de Vassia, ils restent de fidèles soutiens.

Autant j’aurais mis un an entre les deux tomes – dans le même temps, l’hiver est la saison idéale pour de telles lectures ! – autant je ne traînerai pas à lire le tome final de la trilogie, tant je me suis régalée !

Pour résumer, un superbe roman qui revisite le folklore féerique et les contes russes, agrémenté d’une belle touche féministe, d’une héroïne inoubliable et de personnages attachants.

Cette lecture s’inscrit dans le cadre du Cold Winter Challenge, menu Magie de Noël, catégorie Un chant de Noël.

Retrouvez aussi les avis de Zoé prend la plume, Maven Litterae, Moonlight Symphony, Les histoires de Solène, Les blablas de Tachan et Kiriiti’s Blog

Éditions FolioSF, 2022, 509 pages

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8 commentaires sur « La fille dans la tour, Katherine Arden »

  1. Cette trilogie est vraiment un coup de cœur pour moi aussi.
    Hâte de lire ton avis sur le tome 3. 😉

  2. Cette série est tellement bien! Si j’ai un peu moins aimé le tome 2 que les deux autres, j’en garde pourtant un excellent souvenir. Tu vas adorer la conclusion!

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